La nouvelle ère de l’espace : un rôle essentiel dans la société

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L’infrastructure spatiale se répand aujourd’hui dans toutes les sphères de la vie quotidienne, tandis que les nouvelles technologies, approches, modèles économiques et acteurs internationaux dans le domaine émergent. C’est ce qui ressort d’une table ronde organisée dans le cadre de la troisième édition de Paris Air Forum, qui s’est déroulée le 21 juin à la Maison de la Chimie.

Imaginez que l'on arrête toute activité spatiale pendant 48 heures. À quoi ressemblerait notre quotidien ?

« Un chaos gigantesque. Plus de systèmes de navigation, plus de systèmes de logistique, bancaires, plus de télécommunications, plus d'Euro 2016 ! », s'est exclamé Philippe Cothier, président d'honneur du Centre d'études et de prospective stratégique (CEPS), lors de la conférence « Comment l'espace transforme-t-il notre quotidien ? », organisée dans le cadre de Paris Air Forum par La Tribune.

Un scénario qui illustre à lui tout seul l'omniprésence et la place essentielle occupée aujourd'hui dans notre société par l'infrastructure spatiale.

Des exemples de leur présence sont légion.

« Les constellations de télécommunications qui sont en train d'apparaître vont encore découpler cette capacité d'atteindre le plus de gens possible en moins de temps possible et de la manière la plus étendue possible », détaille Philippe Cothier.

En matière d'observation, « une centaine d'applications existent à ce jour », de la défense jusqu'à l'agriculture et la pêche. Sans oublier la navigation et le GPS, devenu indispensable dans la vie de tous les jours.

Surtout, dans l'inconscient de la nouvelle génération d'ingénieurs et de décideurs, « l'espace est redevenu quelque chose de terriblement attractif ».

À l'ère des Elon Musk et Jeff Bezos, respectivement patrons de SpaceX et de Blue Origin, qui signent l'évolution des modèles économiques du secteur, nombre de venture capitalists financent le domaine spatial dans lequel se créent également de multiples startups.

« Dans la Silicon Valley, c'est mieux d'investir dans une startup spatiale que dans une startup informatique », avance-t-il.

Autre développement notable, celui de liens entre les agences spatiales et les universités.

L'essor de l'Inde

Pour Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d'études spatiales (CNES), « le secteur spatial est à nouveau à la pointe des technologies ». Le nouvel espace se caractérise en effet par la rencontre de nouvelles technologies, de nouvelles approches... et de l'international. Preuve à l'appui, la montée en puissance dans le domaine des pays comme l'Inde ou la Chine. De fait, le programme spatial indien développe depuis un certain nombre d'années de multiples applications impactant directement la qualité de la vie des habitants du sous-continent, comme le souligne Kumar As Kiran, président de l'Indian Space Research Organisation (Isro) : météorologie, gestion de catastrophes liées aux cyclones, aux inondations, aux glissements de terrain, télémédecine, téléenseignement ou encore la télédétection et l'observation de la terre... pour n'en citer que quelques-unes.

Reste la question de savoir si cette façon d'utiliser l'espace à outrance ne constitue pas une potentielle fragilité. Parmi des éléments problématiques évoqués par les panélistes : des débris spatiaux d'une certaine taille ou encore le sujet des satellites en fin de durée de vie sur lequel planchent les professionnels du secteur. En attendant les nouveaux horizons de l'aventure spatiale, celui d'une mission sur Mars approche. Comme l'indique Jean-Yves Le Gall, on parle désormais de 2025 ou 2030. « Cela devient la réalité ».

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