Paris et Berlin en passe de débloquer le programme MGCS (char du futur)

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Le programme MGCS a été pris en otage par le groupe allemand Rheinmetall.
Le programme MGCS a été pris en otage par le groupe allemand Rheinmetall. (Crédits : DR)
Le blocage du Bundestag sur le programme franco-allemand est en passe d'être levé avec l'accord trouvé entre les trois industriels concernés (Krauss-Maffei Wegmann, Nexter et Rheinmetall), selon des sources concordantes.

La marche en avant est à nouveau réenclenché sur le programme MGCS (Main Ground Combat System), le char européen du futur. Très clairement, le blocage du Bundestag sur le programme franco-allemand est en passe d'être levé avec l'accord trouvé entre les trois industriels concernés (Krauss-Maffei Wegmann, Nexter et Rheinmetall), selon des sources concordantes. Un accord qui reste encore à affiner. Mais l'étude d'architecture système du programme MGCS, qui était encore attendue cet été après bien des retards, pourrait être notifiée très rapidement. Et pourquoi pas dès le 16 octobre lors du prochain conseil des ministres franco-allemands... C'est l'objectif en tout cas.

Cette signature interviendrait un an après que la France et l'Allemagne aient signé en 2018 une lettre d'intention, ainsi que le document de besoin opérationnel conjoint, pour avoir une base initiale de coopération. Cette guérilla allemande en augure d'autres à l'avenir, Rheinmetall n'étant pas probablement prêt de désarmer pour prendre le contrôle du programme MGCS et du groupe KNDS, une société commune entre Nexter Systems et Krauss-Maffei Wegmann (KMW).

Neuf lots divisés en trois

L'accord en passe d'être conclu entre les trois industriels est un subtil compromis entre les exigences de tous les acteurs concernés. Si la France devrait garder 50% de la charge de travail sur le MGCS - Paris est resté ferme sur cette condition -, les trois industriels vont se partager à parts égales les responsabilités du char du futur, explique-t-on à La Tribune. Ainsi, le contrat sur l'étude d'architecture va être découpé en neuf lots, qui seront attribués à parts égales entre Krauss-Maffei les trois industriels, selon des sources concordantes. A ces derniers de parvenir à organiser la charge de travail à hauteur de 50/50 entre la France et l'Allemagne et de proposer rapidement aux ministères des Armées français et de Défense allemand.

Initialement, les autorités franco-allemandes avaient transmis avant l'été aux trois industriels concernés (Nexter, Krauss-Maffei Wegmann et Rheinmetall) un document proposant un partage des tâches : 50% pour Nexter, 25% pour Krauss-Maffei et 25% Rheinmetall. Mais c'était trop peu pour le patron du groupe de Dusseldorf, Armin Papperger, qui veut également le leadership de KNDS. Au total, Armin Papperger a fait perdre au programme MGCS un an environ.

Le SCAF pris en otage

Dès lors, Rheinmetall n'a eu de cesse de faire dérailler cet accord, en agitant tous azimuts tout cet été ses réseaux, dont notamment le parlementaire Henning Otte (CDU), réputé proche du groupe. Avec succès puisque le Bundestag, et plus précisément, la commission du budget, qui a la possibilité d'autoriser ou non tout projet s'élevant à 25 millions d'euros, a bloqué le programme MGCS et, cerise sur le gâteau, a pris en otage le programme du SCAF (Système de combat aérien du futur) d'Airbus et de Dassault Aviation. Un programme qui a également d'autres difficultés à surmonter, MTU jouant un  jeu trouble. Une initiative parlementaire téléguidée en grande partie par les groupes d'armement allemands avec à l'esprit la défense des intérêts industriels, notamment ceux de Rheinmetall.

Le Bundestag avait envoyé une lettre, datée du 14 juin dernier, à la ministre de la Défense d'alors, Ursula von der Leyen. "Le résultat de la discussion sur le système MGCS s'est conclu sur un désaccord entre les deux industriels de l'armement terrestre, KMW et Rheinmetall, concernant leur rôle respectif", avait alors expliqué le Bundestag. Résultat, les parlementaires ont lié les avancées du MGCS au SCAF. Pour débloquer les financements de ces programmes, ils demandaient une consolidation de l'industrie de l'armement terrestre allemand ou, à défaut, la désignation d'un groupe allemand pour exercer le leadership dans le projet MGCS. Ce qui est aujourd'hui le cas (deux tiers du programme MGCS est sous leadership allemand). Et la lettre se terminait ainsi : "Tant que l'une des deux solutions n'aura pas été trouvée, aucun progrès ne pourra être enregistré sur le SCAF au Bundestag". L'épreuve de force des Allemands a payé... en partie.

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Commentaires
a écrit le 17/10/2019 à 2:01 :
On ne peut pas reppocher aux Allemands de défendre bec et ongle leurs intérêts militaro-industriels et de chercher à exister et être crédibles car ils partent de très loin et c'est bien normal face à la compétence et à l'expérience acquise de leurs homologues français.
Au lendemain de la capitulation de 45, il leur a été interdit de s'équiper de forces stratégiques militaires, gros pourvoyeur de haute technologie ds la détection, le guidage, la conduite de tir, la conduite des opérations, l'avionique, les télécoms et le renseignement, la science des matériaux, des combustibles et des explosifs et ttes les technologies et innovations top secret qui vont avec...etc.
Ts leurs scientifiques ds ce domaine ont du reste été raflé par les américains qui avaient gd besoin de leur compétence pour rattraper leur retard spatial face aux Russes à la fin des années 50 et mettre sur pied leur programme stratégique Polaris ds le contexte de la guerre froide.
Par ailleurs, la France membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU avait tte latitude de déclencher des opex pour défendre ses intérêts : guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, plus récemment interventions anti terroristes en Libye, Mali, Syrie ou aider des pays alliés par l'export d'armes sophistiquées comme Israël à l'époque de la guerre des 6 jours en 67.
Et ds tt ça, elle a mis à l'épreuve pdt des décennies son outil militaro-industriels, ce qui pèse maintenant certainement très fort ds le choix du leadership de ces nx systèmes d'armes.
a écrit le 03/10/2019 à 21:44 :
Donc la France a 3 briques technos sur 9.
Vu les points forts du Leclerc, ce serait peut-être :

Conduite de tir
Architecture tourelle /chargement auto
Réseau Scorpion (Thalès !!)

Reste aux allemands

Blindage
Protection active(R) et furtivité
Canon (R)
Propulsion ( hybride,..)
Munitions ( uranium, Bonus...)
Architecture globale

Le dcl et les ebg seront peut être français pour faire le volume d'heures.
a écrit le 03/10/2019 à 21:44 :
Pour répondre à certain commentaires,
Én çar dè guerre total contre un ennemie de haute technologie, personne de devrais avoir la supériorité aérienne, le ciel n'appartiendra a personne, sauf au mords ...
Pour le reste, seul le char de bataille permet d'avancer sous le feu ... D'apporter le feu én tout points et dè cree une defence élastique ( capable d'attaquer et se replier en maintenant le contact ) .
Le char à donc un avenir certain .... Même si certain souhaitént le supprimer des inventaires militaire pour faire des economie...
Réponse de le 18/10/2019 à 11:47 :
Sur la supériorité aérienne, vous aurez tjrs des vecteurs qui passeront entre les mailles du filet ex probable : le drone furtif neuron expérimenté par Dassault ou les hélico rapides basse altitude surarmes qui peuvent decoller de n'importe où.Et là, c'est l'hécatombe assurée des vecteurs au sol.
Tout dépend des choix stratégiques des pays.
La France est davantage positionnée sur les opex cpte tenu des vecteurs qu'elle possède comme le porte avion ,les navires logistiques et de commandement comme le Mistral, et les satellites militaires. Elle est dc bien qualifiée pour prendre le leadership du SCAF.
Pour le MCAS, c'est l'Allemagne qui à mon sens est plus légitime sur le plan stratégique, car en cas d'invasion venue de l'Est, elle est en 1ere ligne.
Dc pour simplifier, le MCAS couvre et envahit le terrain, appuyé par le SCAF qui lui assure la protection par la supériorité aérienne et les attaques au sol ( comme les rafales en Lybie qui ont permis aux forces au sol "légitimes" de reconquérir le terrain).
a écrit le 03/10/2019 à 14:57 :
ca ne serait pas un char, je dirai qu'il est beau, on dirai une ferrari.
a écrit le 03/10/2019 à 8:26 :
La RFA a eu l’énorme avantage d’être 100% NATO et d’avoir lancé ses programmes Léopard bien avant la chute du mur de Berlin, inondant alors les marchés OTAN de ces chars neufs puis, après la chute du mur, finissant de saturer le marché avec ses chars d’occasions, modernisés à titre payant évidemment, dont elle n’avait plus besoin. Quoi de plus naturel pour NEXTER, qui grâce au génie français a sorti son Leclerc après la chute du mur, que de tenter de s’insérer dans cette mouvance, malgré les réticences compréhensibles de ces excellents bien qu’énervants « boutiquiers » allemands. Quant à l’inutilité du char, n’attendons peut être pas trop l’arrivée de nos « pacifiques » amis chinois...
a écrit le 02/10/2019 à 11:07 :
Bon sang il ressemble vachement au dernier coupé BMW non ?
Réponse de le 02/10/2019 à 22:59 :
La tourelle plate et triangulaire, l'absence de masque de canon et les tourillons très avancés font plutôt penser à un Merkava israélien.
Réponse de le 03/10/2019 à 8:58 :
Le canon est en option sur toutes les bagnoles allemandes au cas où... nostalgie quand tu nous tiens ! :-)
a écrit le 02/10/2019 à 10:46 :
Vous avez aimé l’A400M, vous adorerez MGCS!
a écrit le 02/10/2019 à 7:25 :
Mais pourquoi cet entêtement français à vouloir 50 % de la charge de travail sur un programme non essentiel ! En effet, ca fait longtemps que l'on ne gagne plus de guerre avec les chars et que la technologie de pointe s'est en grande partie concentré sur l'aviation et les différents sous système. La France avait obtenu un excellent deal avec la prise du contrôle du programme SCAF or c'est ce programme le plus important ! C'est ce programme qui va coûter 10 fois plus chère que celui des chars ! Enfin bref, espérons que cette fois-ci, les allemands nous laisseront tranquille... à moins que cette stratégie française était volontaire : faire semblant de vouloir tenir 50 % d'un programme non essentiel pour pouvoir y lâcher du lest afin de continuer garder la main et la direction sur le programme majeur : le SCAF ! :).
Réponse de le 02/10/2019 à 12:28 :
Bonjour,

la réponse est dans la fin de votre commentaire : la méthode allemande repose globalement sur un principe simple : quand ils sont les meilleurs, ils doivent avoir le contrôle au nom de la compétence, et quand ce sont les français, il doit y avoir un partage équitable au nom de l'égalité. Ici il y a en plus le problème qu'ils ont deux industriels, et rheinmetal défend ses ses intérêts (ce qui est de bonne guerre).

Céder sur le char, ça veut dire que les allemands auront 66% du char, mais ils voudront aussi avoir 50 % du SCAF. Ils ne faut donc surtout pas lacher sur les partage obtenus.

L'autre point concerne les exportations : des compromis sont en cours pour que l'Allemagne ne puisse pas empêcher les exportations. Si les industriels allemands ont le control total du char, ça devient difficile de ne pas leur donner la main sur le control à l'export.

Le dernier point concerne la partie opérationnelle : "les guerres se gagnent avec les avions". C'est une vue trop courte : les avions peuvent détruire l'adversaire, mais il faut aussi occuper le terrain, et cela seule les forces au sol peuvent le faire.
a écrit le 02/10/2019 à 4:15 :
Vus les brillants résultats de nos génies politiques depuis cinquante ans, ne serait-il pas préférable de consulter nos généraux? Le sujet ne serait-il pas du ressort de Notre Parlement Européen? Sinon, à quoi sert-il?3
a écrit le 02/10/2019 à 3:25 :
Pourquoi fabriquer un tank ? Ce genre d'equipement est aujourd'hui d'une fragilite extreme face a la kyrielle de missiles existants ?
Il n'y a qu'a visionner les videos de guerres actuelles pour s'en rendre compte.
a écrit le 01/10/2019 à 22:32 :
Bien á la lecture de cette article nous n'avons pas ou peux de renseignement sur cette future bête dû champs de bataille...
Armement principal , canon de 120 , ou plus (135 ou 155 ...) , chargement automatique ? ( carousel de tourelle type Leclerc, ou Barnier type T72 , voir les deux á la fois ) , moteur poly carburants à turbine hyperbare ? , moteurs à l'avant ou á l'arrière ... Quel sont les systeme dè protection envisager ( mitrailleuses de toit , coaxial , télé opérer, mortier de tourelle , DREB , lance grenade )
Poids envisager , mobilité attendu , et type de protection...
Beaucoups dè question sans reponce ...
Ensuites pour répondre à mes camarade , la françe á develloper le derniere char moderne en Europe ( le Leclerc) , donc nous avons une forte expérience sur le sujet , alors que l'Allemagne bricole ses léopards 2 pour les maintenir à niveau ...
Donc côté innovation nous avons un temps d'avance ...
Le principale défauts est sa complexité, un bon blindée doit être rustique , capable de fonctionné sans une maintenance importànte...
Réponse de le 02/10/2019 à 0:12 :
Peut importe, la seule arme importante c'est l'aérien, si vous maitrisez l'espace aérien vous dominez facilement tous les mud movers...
Réponse de le 02/10/2019 à 6:32 :
Nexter n'est pas commpétitif dans les systèmes blindés terrestres. Et c'est surtout du à la technologie, car par rapport aux prix les allemands sont un peu plus chers.
La Tribune ne rapporte rien sur le char Lynx KF41 où Rheinmetall est en passe de gagner un contrat en Australie de env. 10 milliards d'EUR. La nouvelle date du 19 Sep. Selective News. Ok.
a écrit le 01/10/2019 à 20:03 :
Le MGCS peut se faire complétement avec Rheinmetall et KMW. Pas besoin de Nexter. S'il faut faire la distribution par rapport aux capabilités - et dans l'aéronautique c'est bien les français qui clament d'être les seuls capables - alors dans l'armement terrestre c'est clairement l'inverse. Les députés concernés ont juste montré le miroir aux industriels français. Sans plus.
Réponse de le 18/10/2019 à 12:16 :
Fred, ne soyons pas si catégorique car l'enjeu ppal est bien d'amorcer une collaboration européenne en matière de défense et se prémunir des défaillances futures du parapluie US .De plus, exister enfin à jeu égal avec les mastodontes US sur les marchés exports pour tenter d'amortir ces dépenses élevées que nous payons et qui ne st pas directement profitables ds l'économie civile.
Utilisons au mieux les compétences de chaque partenaire avec pragmatisme, objectivité et ss état d'âme en privilégiant au maxi le meilleur de chacun.
Le meilleur exemple réussi est bien sûr Airbus mais ça ne s'est pas fait ss heurt.
a écrit le 01/10/2019 à 19:54 :
En Allemagne l’industrie défend ses intérêts, sans états d'âmes en effet, en France elle les confie aux hommes politiques avec le succès que l’on sait.
a écrit le 01/10/2019 à 18:18 :
Il ne faut pas avoir un boule de cristal pour savoir que les allemands veulent le leadership dans tous les projets. Pour le char ils ont réussi. Pour le SCAF ils y travaillent.
Réponse de le 01/10/2019 à 19:59 :
Oui, les allemands gagnent toujours avec les français, se considerent largement superieurs et finiront par nous reduire à des sous-traitants de deuxieme ordre.
Macron devrait comprendre que sans plus d'investissements et d'autonomie la France perdra tout. Si la France veut exister elle doit en payer le prix en baissant les dèpenses courantes.

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