Spin-off : General Electric (GE) se scinde en trois entités cotées et ravit (enfin) la Bourse

Pour réduire sa dette, retrouver une "flexibilité stratégique" et renouer avec "une croissance de long-terme" selon les mots de son Pdg Lawrence Culp, le conglomérat américain a annoncé mardi qu'il allait se scinder en trois entreprises très spécialisées dans la santé, l'énergie et l'aviation, et toutes trois cotées en Bourse. Le nom de "General Electric" sera conservé pour désigner cette troisième entité spécialisée dans l'aéronautique. Le calendrier du spin-off sera étalé sur plusieurs années.

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(Photo d'illustration : sur le site de GE Aviation Peebles, à Peebles dans l'Ohio, un employé de General Electric règle un moteur GE90 avant une série de tests de fonctionnement, le 15 novembre 2013.)
(Photo d'illustration : sur le site de GE Aviation Peebles, à Peebles dans l'Ohio, un employé de General Electric règle un moteur GE90 avant une série de tests de fonctionnement, le 15 novembre 2013.) (Crédits : Reuters)

C'est une entreprise historique, créée à la fin du XIXe siècle par l'emblématique Thomas Edison, un fleuron de l'industrie américaine, qui disparaît... pour mieux renaître de ses cendres. Après avoir agrégé au fil du temps des activités aussi diverses que le transport d'électricité, la finance, les médias ou l'informatique, General Electric (GE) a pris en effet, ce mardi, l'ambitieuse décision de mettre fin à son conglomérat et de scinder ses activités en trois entreprises distinctes, toutes cotées en Bourse et qui seront respectivement spécialisées dans l'aviation, les soins de santé et l'énergie.

À la Bourse de New York, l'action de GE, cotée au NYSE, s'envolait de plus de 7%, à 116,17 dollars, dans les échanges électroniques précédant l'ouverture de Wall Street. La preuve d'un regain auprès des investisseurs après tant d'années de scepticisme affiché de leur part depuis la crise financière de 2008 quant à sa capacité à remonter la pente et à réduire sa dette.

"Avec la création de trois entreprises internationales cotées, chacune pourra bénéficier d'un plus grande spécialisation, d'une allocation des ressources bien adaptée et d'une flexibilité stratégique permettant d'obtenir de la croissance de long terme et de la valeur pour les consommateurs, les investisseurs et les employés", a déclaré Lawrence Culp, le PDG de GE, cité dans un communiqué.

Un spin-off étalé sur plusieurs années

Le calendrier du spin-off sera étalé sur plusieurs années. Début 2023, GE créera une nouvelle entité à partir de sa division santé GE Healthcare au sein de laquelle elle conservera une participation de 19,9%. Peter Arduini en sera le patron.

Début 2024, ce sera le tour des activités liées aux énergies renouvelables et aux turbines éoliennes, à gaz et à vapeur, qui seront toutes regroupées au sein d'une société unique, qui sera dirigée par Scott Strazik.

Ensuite, sera créée la troisième entreprise qui sera spécialisée dans l'aéronautique: à l'issue de toutes ces transactions, c'est cette dernière qui conservera à son bénéfice du nom de "General Electric".

Quand il aura achevé la scission de la division énergie, Lawrence Culp quittera son rôle de patron de GE pour assurer un rôle de direction au sein de l'entité spécialisée dans l'aviation (qui sera seule alors à s'appeler General Electric). Il occupera également la fonction de président non exécutif de GE Healthcare.

Le début espéré d'une renaissance

Le conglomérat américain, basé à Boston dans le Massachusetts, est, depuis la crise financière de 2008 qui l'a durement touché, miné par une dette colossale qui l'a obligé à enchaîner cures d'amaigrissement et restructurations. Affaibli durablement en Bourse, il avait été contraint, en 2018, de sortir de l'indice Dow Jones Industrial Average, indice de référence à Wall Street, dont il faisait partie depuis 111 ans, c'est-à-dire depuis sa création en 1896. Cette sortie sanctionnait la chute continue d'un cours de Bourse passé de 60 dollars à la mi-2000 à moins de 13 dollars en 2018, avec une valeur boursière réduite à l'époque à 112 milliards de dollars, à comparer avec les presque 1.000 milliards d'Apple.

Fin octobre, GE a annoncé des résultats trimestriels plutôt satisfaisants, profitant notamment de la forte croissance de ses revenus issus de l'aviation.

Une activité ancienne et bien installée en France

GE est présent en France depuis très longtemps, pas moins de 100 ans. L'entreprise américaine se déploie sur une quinzaine de sites industriels, avec 13 000 collaborateurs, au travers d'activités multiples qui, jusqu'à l'annonce du spin-off, étaient réparties en quatre grands pôles.

GE Renewable Energy, et ses trois divisions GE Hydro, GE Grid Solutions et GE Offshore Wind, opère sur six principaux sites industriels. À noter, la nouvelle usine de pales d'éoliennes, ouverte en 2019 à Cherbourg, là où GE construit l'Haliade-X, "l'éolienne offshore la plus puissante au monde, dont les pales de 107 mètres sont les plus longues jamais construites dans l'industrie", selon le commentaire du constructeur.

GE Power compte aussi trois subdivisions en France: GE Gas Power, GE Steam Power et GE Power Conversion, leaders sur leurs marchés. Sur le site de Belfort, racheté à Alstom en 2015, sont fabriquées les turbines renommées comme les plus puissantes et les plus efficaces au monde : la turbine vapeur Arabelle et la turbine à gaz 9HA.

GE Healthcare, créée en 1987, dont le site principal de Buc est reconnu comme un centre d'excellence mondial de production et de R&D pour la mammographie, l'imagerie interventionnelle et le développement d'applications avancées en imagerie médicale, ainsi qu'un centre de formation. La production française de GE Healthcare alimente principalement le marché mondial ; 95% du CA est réalisé à l'export.

Enfin, GE Aviation travaille en France en lien étroit avec son partenaire historique Safran au travers de leur société commune CFM International, laquelle est devenue en cinquante ans le premier motoriste mondial grâce au succès historique du CFM56, le moteur d'avion le plus vendu dans le monde. Aujourd'hui, ce best-seller a un successeur: le moteur Leap, qui équipe les avions monocouloirs de nouvelle génération de Boeing, Airbus et de l'avionneur chinois Comac.

(avec AFP et Reuters)

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