Le groupe de prêt-à-porter Morgan en redressement judiciaire

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En grande difficulté, la marque de vêtements aux 130 enseignes en France a dû être placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre.

Pas de trêve de Noël pour le groupe de prêt-à-porter Morgan. La marque de vêtements, qui emploie mille personnes en Europe dont les trois quarts en France, a été placée en redressement judiciaire le 24 décembre par le tribunal de commerce de Nanterre. L'information révélée ce mardi dans le Figaro a été confirmée par un communiqué du groupe.

"Les sociétés françaises du groupe Morgan (...) ont sollicité et obtenu le 24 décembre 2008 du tribunal de commerce de Nanterre l'ouverture de trois procédures de redressement judiciaire assorties de période d'observation de six mois", indique ainsi le communiqué.

Plusieurs facteurs ont mis Morgan en difficulté. D'abord le contexte économique très difficile qui frappe de plein fouet le textile. Le chiffre d'affaires devrait baisser de 9% cette année. Le groupe est également plombé par son distributeur britannique qu'il a repris en 2006 après la faillite de ce dernier, sans succès.

Enfin début 2008, Morgan, détenu à 40% par le fonds Apax, s'est mis en vente mais les offres de reprise n'ont pu aboutir, faute d'accord de la part des créanciers bancaires. "La mise sous tutelle du tribunal de commerce devrait permettre soit d'imposer un étalement des créances sur dix ans, soit de parvenir plus facilement à un accord avec les créanciers", a expliqué un porte-parole du groupe.

Dans un communiqué, le groupe indique qu'à la suite de l'ouverture des procédures de redressement judiciaire assorties d'une période d'observation de six mois, "les négociations entre les repreneurs et les différentes parties prenantes vont désormais se poursuivre". "Eu égard aux atouts du groupe, le management reste confiant sur l'issue des procédures et la finalisation des dossiers de reprise", ajoute Morgan.

 

 

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ca fait trente ans que l'industrie du textile-habillement a ete abandonnée en France et pourtant elle pesait plus que l'automobile en termes d'emplois, de CA, d'IS, de taxe pro etc... Jusqu'à quand ? La France est bien plus reconnue à l'etranger par un feu Ted Lapidus et un Morgan qui participe largement à son image de marque que par une voiture! Ou sont passees les dentelles de Calais ? les soyeux de Lyon, les Roannais, les St Dizier, les Dim, les DMC, les Bouchara et tous les autres MM les Ministres? Dans le Tshirt et le jogging made in China au nom du pouvoir d'achat, on ne vous remercie pas.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
L'histoire de Morgan est celle d'une entreprise en Leverage Buy Out (LBO) qui a été vampirisée par les banques (du montage de rachat par le fonds APAX en locurrence) et n'a jamais suffisamment investi dans son réseau de boutiques, son développement, ses produits (contrôle qualité par exemple), son image (concept magasin inchangé en 8 ans) etc.. car ses échéances bancaires ne lui permettaient pas. Le 1er coupable est donc l'ingénierie financière (encore une fois!) qui permet à un fonds de prendre la majorité (51%) d'une entreprise (via une holding sur-endettée) et de faire payer la dette à la cible achetée (comme un particulier le fait avec un appartement mis en location dont les loyers perçus paye les annuités de l'emprunt d'achat).
Le problème de Morgan est que le LBO a duré 10 ans au lieu de 3 en moyenne : les effets pervers sont apparus au grand jour car toutes les décisions de gestion ont été prises à un horizon très court-termiste et jamais à moyen ou long terme!
A cela s'est ajouté des erreurs de gestion propre à l'entreprise bien connue dans la profession, notamment un "dépositionnement" évident de la marque.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
tout à fait d'accord avec cclair.....! la France ? ne s'apellera plus ainsi bientôt..... le liquidateur de l'hotel de madame de Pompadour s'en charge...-sic-
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
J'ai débuté dans le textile à 14 ans, et de 15 à + de 19 ans, j'allais aux cours du soir après mon travail pour évoluer dans la hiérarchie sociale. A l'époque le professeur disait déja : " dans vint ans il poussera de l'herbe entre les pavés de Roubaix et Tourcoing, car il n'y aura plus d'entreprises de textiles" C'était juste après la derniere guerre. Il voyais juste : prémonition ou don de vue sur le futur ? Heureusement voyant l'avenir limité, j'ai choisi une autre orientation.Il y aura toujours des choix à faire, mais ce ne sera jamais facile.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le Leverage Buy Out de Apax sur Morgan a généré un drainage des cash-flows vers la holding de rachat puis finalement les banques (à qui Morgan doit encore 30M? visiblement). Le principe du LBO « vampirise » par essence le cash des sociétés achetés : une holding comportant 80% de dettes (apportés par un pool de banques) et 20% de capital (apportés par un fonds) achète un société cible. Tout le cash de la cible remonte à la holding et sert à rembourser la dette. Une fois toute la dette remboursée en 3 à 5 ans le fonds se retrouve seul dans la holding désendettée ! Compte tenu de sa faible une mise initiale il obtient un rendement interne mirobolant même s?il revend la société au prix initial ! (mise de 20, vente de 100, profit de 80/20=400%). Si la société est vendu plus chère, le profit augmente d?autant plus ! Donc dans tous les cas le fonds gagne. Les banques elles prennent le risque de ne pas se faire rembourser donc elle facturent des taux d?intérêts très élevés qui viennent encore plus alourdir les frais financiers de la société cible ! Au total tout le cash est voué au remboursement de la dette et le strict minimum va a l?investissement et l?exploitation, pourtant vitale pour le long terme !
L?exemple triste de Morgan est la démonstration que l?ingénierie financière n?a qu?un horizon court termiste, intrinsèquement. L?horizon de gestion du fonds repreneur est calé sur celui du remboursement de la dette car une fois celle-ci remboursée il vend. Les montages LBO ne peuvent jamais permettre des décisions de gestion à plus long terme, qui ne placent pas systématiquement la génération de cash immédiate avant tout le reste. Ce LBO Morgan est ancien (8 ans) alors que les LBO ne dure jamais plus de 5 ans : d?habitude les problèmes que les sociétés rencontrent sous ce type de gestion passent plus inaperçus car les sociétés passent dans les mains d?un autre fonds qui injecte un minimum de cash à son tour et permet au business de vivoter encore. Le LBO Morgan a lui trop duré et toutes les carences d?investissement (image, magasins) font surface, et font des dégâts? Combien de chômeurs faut il en plus pour la finance reprennent sa place normale : au service du commerce et de l?industrie, et non l?inverse ?..

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Plus moche en modèles, en qualité, en style tu meurs !

On ne s'invente spécialiste en textile habillement comme en d'autres métiers.

La délocalisation à tout prix pour les chaînes de détail commence à faire ses premières victimes avec MORGAN...d'autres suivront.

Vouloir vendre du hors-cours au prix de la qualité a fait son temps. Les clients n'étant plus dupes...ils se bloquent et demandent bon rapport qualité prix et choix.

L'occasion arrive de créer des centaines de milliers d'emplois ici sous réserve de retrouver outils de fabrication, création et de donner leurs chances aux personnes compétentes et non technocrates ou financiers théoriciens qui nous font vivre une crise pour exemples.

Faisont vite avant que les derniers hommes et femmes de l'art n'est disparus avant d'avoir transmis.

Lucien David LANGMAN Expert Technico-Juridique
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Cela confirme qu'il faut réduire l'ultra libéralisme qui ne sert qu'à faire de l'argent pour l'argent sans se soucier du social , malheureusement on va continuer dans le mème sens sans se soucier qu'au
bout fatalement on tombera sur un panneau STOP.

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