Polémique sur le vin rosé coupé

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Le vin rosé produit à partir d'un mélange de vin rouge et de vin blanc pourrait être autorisé par la Commission européenne d'ici à quelques semaines. Mais les représentants des producteurs de rosé français et européens notamment italien, espagnol et suisse s'y opposent.

La polémique se poursuit, à quelques semaines d'un vote d'experts des Etats membres qui pourrait autoriser le vin rosé coupé dans l'Union européenne. Alors que la France est le premier producteur mondial de rosé, ses producteurs ne sont pas les seuls à faire front pour faire fléchir la Commission européenne sur cette décision. Les viticulteurs dénoncent notamment le risque sur la production de qualité et sur les emplois.

En effet, la France, premier producteur mondial suivi de l'Italie et de l'Espagne, et les responsables du secteur font valoir qu'ils représentent pas moins de 15.000 emplois directs et 70.0000 emplois indirects dans l'Hexagone.

En France, "si la Commission entérinait sa décision, nous serions rayés de la carte en deux ans", a dit Jean-Jacques Breban, président du Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), en référence au nouveau règlement sur les pratiques oenologiques sur lequel les Etats membres doivent se prononcer le 19 ou le 26 juin.

D'ailleurs sur le site du CIVP, il est possible de signer une pétition intitulée "couper n'est pas rosé". Le site donne aussi toutes les informations concernant la chronologie des évènements sur le "simili" rosé comme l'appelle le Conseil interprofessionnel des vins.

Quant à la Commission européenne, elle explique vouloir mettre sur un pied d'égalité les producteurs du Vieux continent et leurs homologues d'Australie et d'Afrique du Sud, qui commercialisent déjà des vins coupés sur le marché européen.

Les producteurs qui le souhaitent pourront différencier leur vin en l'étiquetant "rosé traditionnel" ou "rosé véritable" selon la Commission. Elle précise aussi que le coupage est déjà autorisé pour les appellations d'origine contrôlé et très utilisé pour produire des vins mousseux tels que le cava espagnol ou le frizzante italien.

"il s'agit d'une pratique viticole acceptée par l'Organisation internationale de la vigne et du vin et nous devons donner à nos producteurs la même opportunité de fabriquer du vin selon cette pratique" a ajouté, le porte-parole de la commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer-Boel. Il a précisé aussi : "Nous parlons ici du vin de table et ce n'est donc pas un segment entrant en concurrence", dit-il encore.

Mais les viticulteurs réfutent ces arguments. Ils répondent notamment que la concurrence des vins rosés coupés du Nouveau monde représente une part infime du marché et que les coupages européens déjà autorisés soit répondent à des pratiques anciennes, soit interviennent avant pressurage. Leur principale crainte est un nivellement du marché par le bas. Selon eux, des producteurs et négociants pourraient être tentés de passer à cette pratique pour "gonfler" leurs marges.

Par ailleurs, ce projet de réforme intervient alors que le marché du rosé, à la différence du marché du rouge et du blanc, est en plein essor. La consommation des rosés est passée de 8% à 22% de la consommation totale des vins en France durant les quinze dernières années, selon le CIVP.

(Retrouvez le procédé de vinification du rosé donné par le site de Vins de Provence)

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