Rebondissement dans l'affaire Christian Lacroix
Sophie Lécluse
Sophie Lécluse
Le sauveur de Christian Lacroix ne sera peut-être pas celui attendu. Selon les informations révélées ce lundi par La Tribune sur son site Internet, une nouvelle offre a été déposée ce lundi matin, dernier jour pour les dépôts de candidature, par le groupe Borletti auprès de l?administrateur judiciaire. Maurizio Borletti, actionnaire à 4 % du grand magasin italien Rinascente, a racheté, avec son partenaire Rreef, filiale immobilière de la Deutsche Bank le groupe Printemps (17 magasins) à PPR en 2006 pour 1,1 milliard d?euros.
Rappelé récemment par la banque Rothschild, qui conseillait alors PPR, Maurizio Boletti propose de s?associer à Christian Lacroix lui-même pour ensemble redresser la société. Le plan, qui comprendrait la reprise d?une petite moitié des 125 salariés de la maison de couture est jugé « sérieux » par un proche du dossier car « appuyé sur des moyens et une vraie stratégie ».
Emplois en jeu
Jusqu?à maintenant, tout le monde pariait sur une reprise par le groupe Bernard Krief Consulting dirigé par Louis Petiet, qui venait de sauver le groupe automobile Heuliez début juillet, après avoir repri le leader de la broderie DMC. Il s'est dit prêt ce lundi à améliorer son offre de reprise de Christian Lacroix, envisageant aussi la possibilité de s'allier à Borletti.
Finalement, le duel pour cette reprise opposera très certainement le groupe américain Falic, actionnaire actuel de la maison de couture, au groupe Boletti. Les frères Falic présentent un plan de redressement, qui prévoit la suppression de 112 des 125 emplois et un paiement des créances, notamment les 14 millions dus à des tiers, grâce aux profits dégagés par les licences Christian Lacroix. Mais le couturier ne ferait plus partie de la maison.
Ce sera désormais au tribunal de commerce de Paris de juger, en septembre, s?il opte pour ce pan de redressement, casseur d?emploi mais favorable aux créanciers, ou pour le plan de cession du groupe Borletti, moins favorable au créanciers mais plus porteur d?avenir pour la maison de couture. D?ici là, les pouvoirs publics pourraient encore s?en mêler.
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Sophie Lécluse
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