Affaire Bettencourt : tensions et procès

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le juge des tutelles refuse la mise sous protection judiciaire de Liliane Bettencourt, la grande actionnaire du groupe L'Oréal, demandée par sa fille. Le procès sur ses dons qui atteindraient un milliard d'euros à l'artiste François-Marie Banier doit se tenir ce vendredi.

Pas de tutelle pour la grande actionnaire de L'Oréal, la femme la plus riche de France. Le juge des tutelles de Neuilly-sur-Seine a refusé d'ouvrir une procédure de protection judiciaire visant la milliardaire français Liliane Bettencourt, comme le lui demandait sa fille, selon l'avocat de cette dernière, Me Olivier Metzner, qui confirme une information du Point.fr.

Par ailleurs, le photographe François-Marie Banier, visé par une plainte pour "abus de faiblesse" sur  Liliane Bettencourt , se dit victime de rumeurs et assure qu'il ira serein à son procès vendredi. Visé par une citation directe de la fille de la principale actionnaire du géant des cosmétiques L'Oréal, cet homme de 62 ans explique, dans un entretien publié par Le Monde, daté de jeudi, que c'est en toute régularité qu'il a reçu depuis 2002 des dons évalués par la police à un milliard d'euros.
 

"Ce qui s'est vraiment passé sera démontré devant un tribunal. S'il y a procès, je suis très serein", déclare François-Marie Banier, figure mondaine de Paris."C'est dommage qu'on en arrive à ça mais tout ce bruit ne m'ébranle pas, il y a toujours eu du vacarme derrière moi", ajoute-t-il avant l'ouverture de son procès devant le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine). Ces dons, qu'il dit avoir "longtemps refusés", viennent d'une "femme totalement lucide", dit l'artiste. La fille de Liliane Bettencourt affirme qu'il a profité de sa faiblesse pour obtenir ces largesses.
 

"Je ne suis pas le seul à en avoir bénéficié, loin de là. De nombreuses personnes dont l'ex PDG de l'Oréal, le gallois Lindsay Owen-Jones qui a considérabelment développé le groupe, en aurait lui aussi bénéficié à hauteur de 160 millions d'euros. "C'est cela qui dérange: qu'une femme de cette caste brise les convenances" assure François-Marie Banier.
 

"Tout ce qu'elle m'a donné n'est rien par rapport à ce qu'elle m'a appris (...) On verra qui était sous l'emprise de l'autre, elle ou moi", dit François-Marie Banier évoquant une relation "immensément respectueuse" avec l'héritière de L'Oréal. Il nie avoir voulu se faire adopter, une éventualité qu'il qualifie de "rumeur minable".
 

"UNE FEMME LIBRE"
 

François-Marie Banier, selon le dossier, a bénéficié depuis 2002 de dons sous la forme d'oeuvres d'art, d'assurances-vie, de chèques et d'espèces de Liliane Bettencourt , 87 ans, la femme la plus riche de France selon plusieurs classements internationaux.  Il encourra au procès jusqu'à trois ans de prison et 375.000 euros d'amende. Le parquet a toutefois renoncé à soutenir l'accusation au terme de l'enquête commandée en 2007, où il n'a pu être procédé à un examen médical indépendant de Liliane Bettencourt , faute d'accord de sa part.
 

Sa fille a déposé plainte en 2007 pour abus de faiblesse en considérant que le photographe avait tiré profit de l'état psychologique de sa mère, devenue veuve et qui souffrirait d'absences psychologiques par intermittence. Elle s'appuie sur divers témoignages. François-Marie Banier réfute ce diagnostic. "On veut la faire passer pour gâteuse alors qu'elle est une femme libre (...) Ce scandale fait beaucoup de mal à une femme brillante. Lui faire ça au soir de sa vie, c'est inhumain", dit-il. En complément de l'action pénale, la fille de la richissime femme d'affaires avait demandé la semaine dernière le placement sous protection judiciaire de sa mère.
 

Dans sa seule interview sur l'affaire, en 2008 au Journal du Dimanche, Liliane Bettencourt a expliqué qu'elle allait bien et que sa fille avait un problème avec son mode de vie.  "Il faudrait tout de même que ma fille se rende compte que je suis une femme libre", disait-elle.

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