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Quand le patron de Bulgari jurait que son entreprise n'était pas à vendre

latribune.fr

Publié le 07 mars 2011 à 09:24 - Mis à jour le 07 mars 2011 à 09:52

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En septembre 2007, le patron de Bulgari, Francesco Trapani, recevait La Tribune pour un entretien et jurait que l'entreprise familiale n'était pas à vendre...

Entretien avec Francesco Trapani administrateur délégué de Bulgari

Bulgari pourrait-il, un jour, passer dans le giron d'un grand groupe du secteur, comme de nombreuses maisons italiennes ?


En ce qui nous concerne, l'entreprise n'est pas à vendre, elle ne l'a jamais été et nous ne prévoyons pas de vendre dans un avenir proche.


Bulgari s'appuie essentiellement sur sa marque éponyme alors que les géants du luxe comme LVMHou PPR ont développé une stratégie multimarque.

La croissance externe ne vous intéresse pas ?


Nous n'avons pas ce dogme. Selon moi, il ne faut acquérir d'autres marques - ce que nous ferions volontiers - que si on est sûr de ne pas le faire au détriment de la marque initiale. Tout dépend qui gère le « multi brand » : cela va très bien si les moyens financiers et managériaux sont réunis pour gérer simultanément plusieurs marques ensemble. Nous procéderons à une acquisition seulement si nous
sommes raisonnablement certains de pouvoir développer la marque acquise sans ôter de l'essence au moteur Bulgari.


Face à des concurrents comme Cartier et Tiffany, votre taille n'est-elle pas un handicap ?


Jusqu'à aujourd'hui, Bulgari a été en mesure d'investir de façon agressive pour lancer de nouveaux produits, pénétrer de nouveaux marchés et ouvrir de nouveaux magasins. Nous réussissons à lutter à armes plus ou moins égales avec des concurrents pour la première place mondiale.


Vous aviez envisagé d'ouvrir, à Paris, un troisième hôtel sous votre marque, après ceux de Milan et Bali. Où en êtes-vous ?
À Paris, nous ne sommes pas parvenus à trouver un site nous permettant de réaliser quelque chose de splendide, dans des conditions économiques raisonnables. Au vu du coût de l'immobilier à Paris, il est plus rentable pour les propriétaires d'en faire des bureaux.Mais, nous sommes en négociations pour implanter un hôtel à Londres, à Shanghai et un « resort » en Italie.


Depuis que vous êtes administrateur délégué, vous avez diversifié Bulgari vers des activités d'accessoires, de parfums, d'hôtels et bientôt de cosmétiques. Comptez-vous aller plus loin encore ?
Avec la joaillerie, l'horlogerie, les parfums et les accessoires, nous estimons avoir un portefeuille de produits assez équilibré et donc, durant les cinq prochaines années, nous mettrons l'accent non pas sur la poursuite de la diversification mais sur la consolidation de notre position dans nos produits actuels. Le « skin care » (cosmétique), qui arrive maintenant, est en fait plutôt un complément de notre division parfums. Et les hôtels constituent pour nous plus une forme de relations publiques qu'un véritable produit.

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Êtes-vous satisfait de la répartition géographique de votre chiffre d'affaires ? Le Japon, qui représente un quart de vos ventes, vous fait souffrir en ce moment...
Pour rester une marque mondiale, il faut avoir une présence importante sur tous les marchés. Le Japon est le plus grand marché du luxe au monde. Il est donc normal pour toutes les grandes firmes mondiales d'en être dépendant. Qui a eu un développement sérieux ces dix dernières années ne peut qu'avoir un poids important au Japon. C'est vrai que ce marché connaît des difficultés et, selon nos
prévisions, cette situation ne va pas changer du jour au lendemain. Mais Bulgari estime pouvoir s'améliorer dans ce pays. C'est pourquoi nous ouvrirons, entre autres, deux très grands magasins à Tokyo. Cela aura aussi une valeur d'image pour tous les Japonais.

Bulgari est une des rares firmes familiales italiennes à avoir réussi à passer de l'artisanat au niveau industriel mondial. Le capitalisme familial italien a-t-il atteint ses limites ?
Durant les trente premières années de l'après-guerre, l'Italie a réussi à développer un tissu industriel très fort quand les marchés étaient encore réduits à l'Italie et quelques pays européens. Nous avons été excellents pour créer de petites entreprises performantes.Mais depuis trente ans, le monde a changé. Les marchés de référence sont mondiaux. Jusqu'ici, les Italiens n'ont pas été à la hauteur de ce changement et peinent à créer de grands groupes internationaux.

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Propos recueillis à Rome par Frank Paul  Weber (La Tribune du 11 septembre 2007)

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