Bernard Arnault, un succès presque parfait

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Le patron de LVMH a présenté à nouveau des résultats impressionnants qui révèlent l'opportunité de ses investissements. Pourtant, le maître du luxe n'a pas toujours la main heureuse.

Bernard Arnault va pouvoir savourer pleinement sa coupe de Don Pérignon après une nouvelle démonstration de force. Son chiffre d'affaires de 10,3 milliards d'euros au premier semestre affiche une croissance de 15 %, (16 % au premier semestre 2010). Le résultat opérationnel courant est encore plus remarquable, en hausse de 22 % à 2,2 millards d'euros, grâce à des progressions exceptionnelles de 73 % dans le secteur des montres et de la joaillerie et de 63 % dans la distribution sélective. Les analystes, qui n'en demandaient pas tant, devraient, une fois de plus, célébrer la stratégie du maître du luxe et ses investissements. Hermès s'annonce comme une opération gagnante : soit il finit par mettre la main sur l'entreprise, soit il touche du cash facile. L'opération sur Bulgari, racheté juste avant le retournement du marché, semble prometteuse. Enfin, les prises de participation de sa holding personnelle dans les groupes du CAC 40, mais surtout dans l'immobilier, sont souvent très juteuses. « Il détient des galeries commerciales en Asie, qui lui rapporteront un jour un maximum », s'émerveille un analyste.

L'investisseur Bernard Arnault n'est malgré tout pas infaillible. C'est d'ailleurs son appétit pour les bons coups immobiliers qui l'a fait craquer pour Carrefour, avec les résultats malheureux que l'on connaît. En 2007, Bernard Arnault entre avec le fonds américain Colony Capital, à hauteur de 9,4 %, dans le distributeur. Ils en détiennent aujourd'hui 14 %. L'objectif est alors de doubler le résultat opérationnel en cinq ans et de vendre les murs de Carrefour Property. Échec sur toute la ligne. La marge opérationnelle de Carrefour, qui s'élevait à 4,2 % en 2006, n'est plus que de 3,3 % en 2010. Et la cession de Carrefour Property vient d'être repoussée. Entre-temps, le titre à perdu 50 % de sa valeur. « Ils étaient pressés de récupérer leur mise mais se rendent compte désormais qu'ils doivent investir sur le long terme », constate un analyste. « Bernard Arnault est furieux, même si cette perte représente peu par rapport au potentiel financier de LVMH », souffle un observateur.

Coups de coeur

Via sa holding familiale, Groupe Arnault, dirigée par son fidèle ami Nicolas Bazire, Bernard Arnault est par ailleurs actionnaire d'une multitude de sociétés très diverses comme SeLoger, Betfair (paris en ligne), GoVoyage, Paprec (recyclage) etc. Des investissements pas toujours réussis. Un temps engagé dans les ventes aux enchères (Tajan, Phillips), Bernard Arnault a finalement lâché les salles de ventes. Et il garde un souvenir plus que mitigé de ses coups de coeur pour quelques start-up du Net au début des années 2000. Princess Yacht, dans lequel il est entré en 2008, ne serait pas très rentable. Enfin, la presse reste une danseuse bien capricieuse. Le patron de LVMH s'est offert « Les Echos » en 2007 pour 240 millions d'euros et a même laissé 45 millions dans les caisses de « La Tribune » cédée alors à Alain Weill, patron du groupe Next Radio. Depuis, le premier quotidien économique français est en pertes et les rumeurs de vente se multiplient. Pas de quoi tout de même affoler l'homme de chiffres qui sait patienter. Le redressement de Sephora lui donne raison. Malgré des pertes colossales entre 1999 et 2001, Bernard Arnault n'a pas cédé à la pression de vendre. Bien joué. Cette boîte à cash du groupe a enregistré ce semestre une croissance à deux chiffres.

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Commentaires
a écrit le 27/07/2011 à 10:38 :
Sûrement pas actionnaire de SeLoger, qui appartient aux allemands d'Axel Springer depuis plus de 6 mois. Mais il l'a effectivement été; vos autres infos sont à jour ? ;-)
a écrit le 27/07/2011 à 9:41 :
on peut avoir du respect de ce Monsieur tant que sa ligne de mire reste le luxe qu'il asu extrèmement bien géré mais on ne opeut avoir de resoect pour un homme qui s'engage dans Carrefour pour simplement faire main basse sur l'immobilier de ce groupe au détriment du facteur huamin qui simplement le respect des personnes qui travillent pour vivre simplement.
Ce Monsieur n'aucune capcité à voir adns ces affaires ce que l'on nomme le respect des autres car faire de l'argent pour sans aucun regard pour l'Homme n'est pas digne de ce que l'on nomme par défaut de la vérité un grand patron.
Réponse de le 08/08/2011 à 8:24 :
vous avez raison samarinda !! faites vos courses chez de véritables distributeurs : LECLERC. SYSTEME U .AUCHAN !! et il faut abandonner les autres !
a écrit le 27/07/2011 à 9:19 :
Voilà le problème de la France: des milliardaires bénéficiant des largesses du pouvoir et des syndicats qui à force d'idées marxistes plombent le pays.
Retour donc sur la mystérieuse ascension de Bernard Arnaud et la cession du groupe Dior pour un euro symbolique...
Au milieu de ce jeu de dupes, des PME qui représentent 80% de l'emploi en France et qui s'écroulent à force d'impots, de procès aux Prud'hommes et de réglementations ingérables.
L'Europe s'écroule et met en relief ses mécanismes d'un autre temps: celui de la France-Afrique; de la proximité des politiciens et des hommes d'affaires du CAC40 et des secrétaires de Syndicats. Un cocktail explosif qui nous a envoyé à terre.

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