Lytess, le "cosmétotextile" qui rend svelte

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Le pantacourt Lytess intègre dans ses fibres des microcapsules de caféine, de petit houx... aux vertus drainantes. / DR
Après avoir failli disparaître, le leader international des cosmétotextiles renaît grâce à de multiples innovations et à un partenariat avec L'Oréal, qui doivent conforter sa présence mondiale.

Dans la région de Tours, Lytess a tout d'une belle histoire, celle d'une start-up créée en 2003 par un touche-à-tout pour concevoir des textiles « intelligents ». En dix ans, Lytess est devenue la première marque internationale de vêtements à base de textiles enrichis de microcapsules de produits actifs cosmétiques amincissants, hydratants ou raffermissants, qui se libèrent progressivement par simple frottement.

Ces collants, corsaires ou brassières « qui soignent et apportent du bien-être » ont connu un véritable succès auprès des femmes jeunes, actives et soucieuses de leur silhouette. Mais en 2012, la maladie du fondateur plonge l'entreprise dans le coma. Le chiffre d'affaires chute de 13 à 10 millions d'euros et les effectifs sont ramenés à une vingtaine de personnes. Finalement, l'actionnaire minoritaire, le fonds de capital développement Sofimac Partners, prend les commandes de l'entreprise à la faveur d'une augmentation de capital et place à sa tête Bruno de Lalande.

« Il a fallu tout réinventer pour reprendre notre leadership qui était menacé, explique le nouveau dirigeant, pour réinventer notre métier et sortir de nouvelles gammes. »

Reconnu dans le domaine de la minceur, Lytess veut faire une intrusion dans la beauté et la santé. De nouveaux produits vont apparaître d'ici à la fin de l'année : des masques antirides, des gants antitaches, des patchs ou des textiles pour le soin des cheveux.

« Nous voulons nous imposer dans la bobologie, insiste Bruno de Lalande, avec des textiles protecteurs, des collants veinotoniques, en attendant encore d'autres débouchés. »

Tous les produits sont conçus près de Tours par la cellule R&D et marketing, qui imagine les actifs à encapsuler dans des textiles tissés en Italie ou en Tunisie. Toute la gamme est ensuite produite à Monastir, en Tunisie, d'où partent les vêtements vers le monde entier. Cette organisation et ce savoir-faire ont été audités et validés par L'Oréal : depuis quelques mois, Lytess produit donc vêtements et sous-vêtements pour les marques de L'Oréal (Garnier, Mixa, Mennen, Biotherm).

« C'est un sésame extraordinaire, se réjouit Bruno de Lalande, c'est un challenge qui élève notre niveau de professionnalisation. L'Oréal nous fait avancer, c'est un bon partenaire. »

Demain, des textiles bioactifs et connectés

De même, Lytess a signé un accord de distribution avec le groupe diététique Nutrition et Santé. Adossé à ces enseignes et au pôle de compétitivité Cosmetic Valley, Lytess, qui réalise près du quart de son activité à l'international, a engagé la course à la mondialisation via des partenariats locaux. Dans les prochains mois, de nouveaux pays devraient être couverts : Italie, États-Unis, Russie, mais aussi en Scandinavie et au Moyen-Orient, avant l'Asie. Bruno de Lalande réfléchit « bien sûr » à la Chine :

« Mais il faudra peut-être changer notre modèle pour y pénétrer, créer une coentreprise ou ouvrir une unité de production sur place. »

Par-delà ses canaux historiques de distribution en VPC ou pharmacies, Lytess lance également son site marchand tout en s'ouvrant à des sites généralistes (comme Amazon) ou spécialisés.

Bruno de Lalande veut pousser l'innovation encore plus loin :

« Il faut être radicalement innovant et pour cela s'entourer des meilleurs experts qui sont associés dans des groupes de projets. »

De nouveaux textiles intègrent désormais des microfibres céramiques qui réfléchissent les ondes du corps vers la peau, augmentent la température corporelle et facilitent la circulation sanguine. D'autres provoquent une microstimulation électrique pour renforcer l'effet des actifs cosmétiques.

« On est dans une révolution permanente, observe le PDG. Des actifs sont mis au point presque tous les jours pour des applications que l'on ne soupçonne pas encore. »

Demain, les « textiles intelligents » associeront principes bioactifs et connectivité, pour communiquer et apporter de nouvelles fonctionnalités. Porté par cette vague, Lytess veut doubler son chiffre d'affaires dans les trois, quatre ans, pour attendre 20 millions d'euros et renforcer son assise internationale. Dans une seconde vie, la PME se penchera sur le « cas » des hommes, qui de plus en plus frappent à la porte de l'univers santé-beauté. 

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