Macron veut frapper fort contre l'agriculture étrangère low-cost
Marine Godelier
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« Déléguer notre alimentation serait une faute », déclarait Emmanuel Macron en mars dernier, appelant à reconsidérer la souveraineté alimentaire de la France, après que la crise sanitaire a dévoilé des fragilités du système. Deux mois plus tard, à l'occasion d'un débat organisé le 18 mai sur le sujet, le chef de l'Etat a maintenu sa position, et promis de la « fermeté » en la matière.
Alors que fruits, légumes ou volailles tricolores ne cessent de perdre du terrain face à la concurrence des produits étrangers les moins chers, l'exécutif s'est ainsi montré prêt à agir pour permettre l'instauration de « clauses miroirs » dans les accords commerciaux de libre-échange. En ouverture du rendez-vous, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, a indiqué que la France pourrait profiter de sa présidence de l'Union européenne, au premier semestre 2022, pour avancer sur ce dossier.
L'objectif : que les normes des produits importés dans l'Hexagone soient conformes aux contraintes européennes - qui ont elles-mêmes vocation à s'étendre avec la stratégie « Farm to Fork » de la Commission, et son ambition de baisser de 46% des émissions de gaz à effet de serre de l'agriculture d'ici à 2050.
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D'abord en faisant obstacle à l'accord avec les pays du Mercosur, au sujet duquel Emmanuel Macron s'est dit « préoccupé » en ce qu'il « creuse[rait] la perte de souveraineté alimentaire ». En établissant une zone de libre-échange entre l'UE et l'Amérique du Sud, les agriculteurs de l'Hexagone craignent en effet qu'il ne les pénalise par l'importation à bas prix des produits aux standards sanitaires et environnementaux moins contraignants. « Je ne [le] ratifierai pas », a ainsi assuré le chef de l'Etat, promettant tenir « sur ce point avec force ».
Marine Godelier