Les tensions montent d’un cran sur les contours de la future PAC
Marine Godelier
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La France travaille sur son plan stratégique national (PSN), déclinaison de la future PAC qu'elle doit présenter en juin à la Commission européenne, à l'instar de ses voisins de l'UE.
Alors que, ce vendredi 30 avril, des associations ont protesté à Paris contre l’immobilisme de la prochaine mouture de la PAC en matière d'écologie, des centaines d’agriculteurs ont convergé à Strasbourg pour dénoncer le verdissement des aides européennes. Confrontés au déchirement du monde agricole, Bruxelles et Paris devront arbitrer dans les prochaines semaines.
Les actions se multiplient, signe que l'échéance approche. « Réforme de la PAC : à quand un virage agroécologique ? » affichait en fin de matinée une banderole déployée par la Confédération paysanne, la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) et Greenpeace, entre autres, devant le ministère de l'Agriculture, à Paris. Au même moment, à Strasbourg, près de 1.500 tracteurs convergeaient devant le Parlement européen, à l'appel de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) et des Jeunes agriculteurs (JA) du Grand Est. « Plus vert, c'est plus cher », pouvait-on lire sur les pancartes.
Quand les premiers, réunis dans le collectif « Pour une autre PAC », demandaient à « tourner la page d'un modèle agro-industriel à bout de souffle » - dénonçant le statu quo en matière d'écologie, les seconds, inquiets de voir des aides précieuses leur échapper, fustigeaient les éco-régimes - ces primes accordées aux agriculteurs participant à des programmes environnementaux plus exigeants, qui seront obligatoires dans la nouvelle PAC.
Des revendications différentes, pour un objectif commun : peser sur les négociations de la future Politique agricole commune (PAC) pour 2023-2027 et ses 386 milliards d'euros de budget, dont le cadre général est en cours de discussion à Bruxelles, et la déclinaison nationale discutée, en parallèle, rue de Varenne.
L'un des principaux points de tension réside dans les aides attribuées aux exploitations afin d'accompagner la transition écologique. Concrètement, avec ce dispositif, entre 20 et 30% des aides directes du premier pilier de la PAC (qui concerne celles allouées directement aux agriculteurs pour leur assurer un revenu minimum) - soit, pour la France seulement, au minimum 1,5 milliard d'euros sur les 8,8 milliards d'euros totaux allouées à l'Hexagone -, seraient conditionnées à la mise en place de certaines pratiques agricoles, comme le maintien des prairies, la réduction des pesticides, la diversification des cultures ou encore le soutien à la biodiversité et à l'agriculture biologique.
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