Beurre : 30% de la demande non satisfaite en raison de la ruée dans les magasins

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(Crédits : Reuters)
Le spectre d'une pénurie à pousser les consommateurs à des achats de précaution sur le beurre, faisant monter la demande dans un contexte de tension sur le marché du lait, la matière première. Les producteurs de lait accusent les industriels et les distributeurs de ne pas vouloir payer un prix majoré.

Près d'un tiers (30%) de la demande de beurre n'a pas été satisfaite en grande surface en France entre le 16 et le 22 octobre, selon une étude publiée samedi par le cabinet Nielsen, un chiffre pouvant atteindre 46% dans certains magasins.

"Les risques de pénuries (évoqués) dans les médias ont entraîné une forte accélération des ventes, qui s'explique notamment par la volonté de stockage des consommateurs", assure le cabinet.

Selon l'étude, basée sur les ventes effectives des distributeurs, les supermarchés sont plus touchés que les hypermarchés mais globalement toutes les enseignes sont concernées et le taux de rupture a augmenté par rapport à la semaine précédente, durant laquelle il atteignait 21%.

Forte hausse de la demande

Ces ruptures de stocks sont avant tout dues à une forte hausse de la demande qui a atteint +19% en volume et même +37% en valeur par rapport à la même semaine de 2016, selon le cabinet, spécialisé dans l'étude du comportement des consommateurs.

Les manques sont différents en fonction des marques et des types de beurre: les références bio sont ainsi plus souvent en rupture alors qu'à l'inverse les marques distributeurs sont les moins concernées.

Conséquence directe de ce manque de beurre dans les rayons, les ventes de margarine, qui étaient en baisse sur l'ensemble de l'année, ont progressé de 15% en volume, et 12% en chiffre d'affaires, sur la même semaine.

Les prix des corps gras en forte hausse

Un bond de la demande qui se constate dans un contexte de hausse des prix pour l'ensemble des corps gras (beurre, margarine, crème fraîche, etc...), constate le cabinet, qui parle d'une hausse de 5,4% des prix en octobre 2017 par rapport à octobre 2016, sur fond pourtant de déflation pour les produits de grande consommation (-0,2% sur la même période).

La disparition partielle des plaquettes de beurre dans les rayons a suscité des tensions entre producteurs et distributeurs, ces derniers expliquant la situation par un manque de matière première.

Manque de matière première ou problèmes entre les acteurs de la filière?

Mardi sur Sud Radio, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert avait également expliqué en partie ces problèmes par "une baisse de la collecte (de lait, ndlr) sur la période d'été conjuguée à une demande très forte de pays étrangers (...) ce qui a fait monter les prix".

La Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL) a rétorqué vendredi que l'absence de beurre dans certains commerces était avant tout liée à "un problème de négociations commerciales entre industriels laitiers et distributeurs", ces derniers étant accusés de ne pas vouloir augmenter leur prix d'achat du lait aux producteurs.

Des agriculteurs ont mené des opérations dans des grandes surfaces durant la semaine, notamment dans la Sarthe et l'Ille-et-Vilaine afin de distribuer des tracts aux clients expliquant notamment que "si ce rayon est vide, c'est parce que ce magasin ne veut pas payer le beurre à son juste prix".

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 30/10/2017 à 8:51 :
Il fut arrêter de se moquer des gens.
On nous explique depuis 2 ans que les agriculteurs doivent crever et qu'on peut pas payer leur lait parce qu'il y a un cour mondial et aucune raison de payer plus.

Maintenant on nous dit qu'il n'y a plus assez de lait pour faire du beurre pour le marché français.

La réalité c'est que le lat français s'exporte super bien à n'importe quel prix.

Alors lactalis et les GMS peuvent crever la bouche ouverte ça nous importe peu.
Toujours plus d'argent dans la poche de quelques familles et rien pour ceux qui font le vrai travail qui permet à ces familles d'avoir une cuillère en argent dans la bouche.

La première chose est de permettre à nos producteurs de lait de pouvoir vivre correctement le reste est accessoire.
a écrit le 29/10/2017 à 17:47 :
préférer la vente directe et à défaut se passer de beurre , l'huile d'olive c'est bien aussi
Réponse de le 30/10/2017 à 9:44 :
J'adore les croissants à l'huile d'olive! Et malheureusement, l'huile d'olive va poser problème avec des maladies sur les oliviers en Italie, et dans d'autres pays...
a écrit le 29/10/2017 à 17:37 :
Notons que ce sont les beurres bio à disparaitre les premiers en magasin ce qui nous indique que ce sont d'abord des ménages qui ont plutôt de bons revenus qui stockent le beurre les premiers mais également que la demande en bio est en train e prendre le pas sur la traditionnelle.

Dommage que le gouvernement français casse la filière bio avec son arrêt d'une partie des aides envers cette filière et avec ce choc de l'abandon de la lutte contre le glyphosate puissant poison avec lequel nous infecte l'agro-industrie. On ne peut du coup que douter en effet de la volonté de ce puissant lobby de vouloir remettre totalement la main dessus.

Je conseille de lire l'édito de Guillebeau dans le sud ouest dimanche de ce 29 octobre. Tout le monde voit ce qu'il se passe, tout le monde le sait et le crime continue pourtant d'être laissé faire.
Réponse de le 30/10/2017 à 9:39 :
Bien entendu votre commentaire n'étant qu'un tissu de diffamation je le signale.
a écrit le 29/10/2017 à 9:36 :
Dans ma région les vaches ne sont pas abonnées au macronisme démobilisateur et donnent en plein, quoic'estiquisepasse ...?
a écrit le 29/10/2017 à 9:00 :
la crise du beurre est aujourd’hui ce qu était la crise du sucre en 1974 période ou on ne trouvait bizarrement plus de sucre
a écrit le 29/10/2017 à 5:37 :
Et Hop !! comme d'habitude , les gogos ont plongés dans les magouilles commerciales en se ruant sur les achats de beurre , organisées pour augmenter les marges pour faire plus de bénéfice !! le jour ou La France n'aura plus de beurre , les poules auront des dents !!!
a écrit le 28/10/2017 à 22:40 :
Moins de cholestérol, moins de depenses de la sécurité sociale...tout bénéfice au final...😁
a écrit le 28/10/2017 à 22:30 :
"ces derniers étant accusés de ne pas vouloir augmenter leur prix d'achat du lait aux producteurs" ce sont bien les laiteries qui font du beurre ou du fromage (pour ne pas avoir le lait en poudre sur les bras, faute de demande) qui ne veulent pas acheter le lait à son vrai prix (demandez à Lacta*** par ex, y a un prix mondial, pourquoi donner plus ?) ? Que le beurre soit cher ou pas sur le marché mondial (son prix a presque triplé pour les pâtissiers vs l'an passé, et encore certains grossistes ne livraient pas ce qui était prévu, trop de demande) ne jouera pas sur le lait, les transformateurs "rendent service" aux producteurs de lait en les débarrassant. Trop de demande mondiale, pas assez à fournir, hausse des prix (plus de spéculation sans doute).
Les laiteries qui n'exportent pas vendent au prix normal (j'ai du beurre normand comme d'hab), mais les autres ont des débouchés plus lucratifs, les GS ne voulant pas démultiplier le prix en rayon. Les chinois achètent le beurre à tout prix.
a écrit le 28/10/2017 à 20:12 :
Petite agglomération de Moselle, pas de rupture de beurre, y compris bio au supermarché local... faut croire que certains distributeurs ont de meilleures relations avec les producteurs que d'autres.
a écrit le 28/10/2017 à 20:11 :
Les distributeurs ont obligé les producteurs à vendre leur à perte depuis plusieurs années. Il ne faut pas être intelligent pour comprendre que les producteurs vont soit chercher à vendre ailleurs, soit arrêter de produire. Le beurre est le premier touché, mais bizarrement les pays voisins qui ont relevé leur prix au niveau des distributeurs n'ont pas de pénurie.
Réponse de le 30/10/2017 à 13:33 :
Les prix "négociés à l"année" ont aussi été largement demandés par les fournisseurs de la grande distribution, afin d'avoir une visibilité sur les marges. C'est parfois en faveur du producteur, parfois non...Et c'est là aussi que notre monde ouvert - les petits arrangements entre amis ne fonctionnent plus quand les règles européennes sont différentes.
a écrit le 28/10/2017 à 19:42 :
vive l'huile d'olive
Réponse de le 29/10/2017 à 8:45 :
Un filet d'huile d'olive sur une tartine, ça remplace très bien le beurre et c'est meilleur pour la santé donc aucun problème.
a écrit le 28/10/2017 à 18:48 :
Est ce que ca ne démontre pas ainsi que c 'est la distribution qui massacre nos agriculteurs. ?
a écrit le 28/10/2017 à 18:00 :
"à pousser" et coco faut pas pousser.

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