Les (bonnes) recettes de Seb pour produire en France
Nathalie Jourdan
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Rachetée en 2001, la marque Moulinex est devenue l'un des joyaux du groupe Seb
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Rachetée en 2001, la marque Moulinex est devenue l'un des joyaux du groupe Seb
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Dans la Manche, ce jeudi, il y a le made in France qui pleure, celui de Naval Group à Cherbourg torpillé en Australie par les Etats-Unis. Et le made in France qui rit : celui de l'usine Seb de Saint Lô qui fête son cinquantième anniversaire avec tambours et trompettes. Construite en 1971 par Moulinex, elle a pourtant senti passer le vent du boulet. En 2001, lorsque Seb reprend une partie des actifs de son rival, personne au sein du groupe ne donne très cher de la peau des installations manchoises.
L'établissement, alors spécialisé dans les composants électromécaniques et les condensateurs, doit son salut à l'insistance de Thierry de la Tour d'Artaise, arrivé aux commandes de Seb un an auparavant. A l'époque, les objets connectés relèvent du fantasme mais lui pressent que l'ère de la puce est arrivée. « J'étais convaincu que le groupe devait disposer en interne d'un centre de compétences en électronique », explique t-il a postériori sans fanfaronner. Bien vu.
Devenu l'unique centre de développement électronique du groupe, l'usine de Saint-Lô (100 salariés dont 15 ingénieurs) conçoit et fabrique aujourd'hui toutes les cartes électroniques qui équipent les produits les plus sophistiqués de la galaxie Seb. Depuis la fameuse friteuse sans huile, jusqu'à la cafetière automatique de Krups en passant par le robot-cuiseur connecté Companion, rival français du Thermomix allemand ou le vélo Angell imaginé par Marc Simoncini et assemblé par Seb en Bourgogne.
Le site incarne, sans doute mieux que d'autres, la stratégie industrielle de l'un des derniers fabricants européens de petit équipement domestique : « modèle d'un capitalisme familial et patient », salué par la ministre de l'industrie. A rebours de ses concurrents, Seb n'a jamais renoncé à produire dans son pays d'origine, bien qu'il n'y réalise plus qu'un dixième de son chiffre d'affaires. En connexion directe avec ses centres de recherche, ses onze usines françaises (sur 40 dans le monde) pèsent encore 30% de sa production mondiale. Un cas unique dans cette industrie : « la deuxième la plus délocalisée au monde après le textile » comme a coutume de le rappeler son PDG.
Nathalie Jourdan
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