Pesticides dans les couches pour bébés : Paris somme les fabricants d'agir

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L'Anses a identifié quelque 60 substances chimiques à risque, singulièrement des pesticides interdits dans de nombreux pays dont la France (lindane, quintozène) et du glyphosate, l'herbicide controversé de Monsanto. Elle alerte également sur la présence problématique d'autres substances toxiques (dioxines, hydrocarbures aromatiques polycycliques...) dont certaines considérées comme cancérogènes ou perturbateurs endocriniens.
L'Anses a identifié quelque 60 substances chimiques à risque, singulièrement des pesticides interdits dans de nombreux pays dont la France (lindane, quintozène) et du glyphosate, l'herbicide controversé de Monsanto. Elle alerte également sur la présence problématique d'autres substances toxiques (dioxines, hydrocarbures aromatiques polycycliques...) dont certaines considérées comme cancérogènes ou perturbateurs endocriniens. (Crédits : David Mdzinarishvili)
Dans un rapport rendu public mercredi, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) alerte sur "la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l'urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés". Elle a détecté jusqu'à 60 substances chimiques à risque dont certains interdits en France.

Le gouvernement français a appelé mercredi les fabricants et distributeurs de couches jetables pour bébés à prendre des mesures sous 15 jours afin d'éliminer ou réduire les substances chimiques potentiellement dangereuses dans ces produits.

Dans un rapport rendu public mercredi, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) relève "la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l'urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés".

60 substances chimiques à risque dont certaines interdites

L'Anses a identifié une soixantaine de substances chimiques à risque, singulièrement des pesticides interdits dans de nombreux pays dont la France (lindane, quintozène) et du glyphosate, l'herbicide controversé de Monsanto.

Elle alerte également sur la présence problématique de substances parfumantes, comme le butylphényl, de dioxines ou d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), qui se caractérisent par une forte toxicité.

Des produits cancérogènes ou des perturbateurs endocriniens

Certaines des substances en cause sont considérées comme des produits cancérogènes ou des perturbateurs endocriniens.

L'agence conclut que, "à ce jour et en l'état actuel des connaissances, il n'est pas possible d'exclure un risque sanitaire".

Elle recommande en conséquence l'élimination ou la limitation autant que possible des substances préoccupantes identifiées, leur contrôle sur le marché et un cadre réglementaire plus strict.

"Pas de risque grave ou immédiat", assure Agnès Buzyn

Pour autant, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a tenu à "rassurer les parents" à l'issue d'une réunion à Bercy, mercredi matin, en présence de ses collègues de la Transition écologique et de l'Economie, François de Rugy et Bruno Le Maire, et des industriels.

"Aujourd'hui, l'Anses dit bien qui n'y a pas de risque immédiat pour la santé des enfants", a-t-elle dit à la presse.

Mais, a-t-elle également déclaré, "il est impératif, étant donnée la toxicicité de ces produits, de réduire dans les couches, au contact des bébés, la quantité de produits potentiellement toxiques retrouvés dans ces couches".

Les fabricants ont un délai de 15 jours

En conséquence, fabricants et distributeurs sont priés de présenter d'ici 15 jours des mesures permettant de mieux contrôler la qualité des matières premières utilisées et de modifier si nécessaire les procédés de fabrication susceptibles.

"L'inaction n'était pas une option", a jugé François de Rugy.

Le gouvernement prévoit également de définir des seuils de toxicité, à la fois au niveau national et européen.

23 références de couches jetables testées

L'Anses avait été saisie en janvier 2017 par la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) à la suite d'une enquête de l'association 60 millions de consommateurs.

Au total, 23 références de couches jetables ont été testées. La DGCCRF renforce dès à présent ses contrôles et dressera un bilan dans six mois, précisent les ministres.

L'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS), créée au moment d'un autre scandale sanitaire, a fait savoir dans un communiqué qu'elle étudiait la possibilité de saisir la justice.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 24/01/2019 à 9:30 :
C'est là que l'on regarde le matraqué "fumer tue" avec poésie...

Et s'il n'y avait que les couches.

"« Nous voulons des coquelicots ! » : l’appel qui demande l’interdiction de tous les pesticides" https://www.bastamag.net/Nous-voulons-des-coquelicots-l-appel-qui-demande-l-interdiction-de-tous-les

"En dépit de toutes les alertes scientifiques, Bruxelles s’apprête à autoriser les perturbateurs endocriniens" https://www.bastamag.net/Les-perturbateurs-endocriniens-sauves-par-la-Commission-europeenne

"Les Pharma Papers : tout ce que les labos pharmaceutiques voudraient vous cacher" https://www.bastamag.net/Les-Pharma-Papers-tout-ce-que-les-labos-pharmaceutiques-voudraient-vous-cacher

Oui Basta mag est militant mais la vérité est tellement avec eux qu'il leur est hyper facile de nous informer objectivement du coup, pas besoin d'en rajouter. C'est ça que je ne comprends pas, le bon journalisme est tellement facile au final, dire la vérité restera toujours plus simple que de se vautrer dans le mensonge et la désinformation tels que le font les médias de masse.

Mais bon l'argent a ses raisons que la raison ignore.

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