L'Allemagne prête à venir au secours de son industrie automobile

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La chancelière allemande, Angela Merkel envisage d'aider l'ensemble de l'industrie automobile allemande après le SOS du constructeur Opel dont les besoins de financement s'élèveraient à au moins un milliard d'euros, rapporte la presse qui traite massivement du sujet ce dimanche.

La chancelière conservatrice Angela Merkel a convoqué pour demain lundi 17 novembre une réunion de crise avec les responsables d'Opel, filiale allemande de l'américain General Motors (GM), lui-même au bord du dépôt de bilan. Mais elle n'est pas la seule à envisager de répondre à l'appel à l'aide du secteur automobile, secteur clé de l'Allemagne. Ainsi, Frank-Walter Steinmeier, le ministre social-démocrate des Affaires étrangères et rival de la chancelière Merkel aux élections de septembre, a invité lundi à son ministère les dirigeants des comités d'entreprises des principaux constructeurs automobiles, ainsi que le chef du puissant syndicat IG-Metall, Berthold Huberon. Et Mardi, c'est  le ministre des Finances Peer Steinbrück, un social-démocrate, et le ministre de l'Economie, Michael Glos, un conservateur, qui ont prévu de rencontrer les responsables des quatre Etats où les usines Opel emploient plus de 25.000 personnes pour discuter de mesures d'aide.

Ces démarches interviennent après le SOS lancé vendredi par Opel. Ce dernier a en effet demandé à l'Etat fédéral allemand et aux gouvernements régionaux de Hesse, de Rhénanie du Nord-Westphalie, de Rhénanie-Palatinat et de Thuringe de se porter caution pour assurer son financement. Des garanties nécessaires, justifie Opel, "si la situation économique chez General Motors venait encore à se dégrader".

Or selon le magazine allemand Focus à paraître lundi, "il manque à Opel deux milliards d'euros, que [GM] ne peut pas lui verser". Pour l'hebdomadaire "Der Spiegel" à paraître lundi, GM "a des dettes envers Opel de plusieurs milliards d'euros, sous forme de reconnaissance de dettes". Et Roland Koch, ministre-président de Hesse, a estimé, dans une interview à la radio Deutschlandfunk, que les besoins d'Opel s'élevaient à "environ un milliard d'euros". Selon lui, le gouvernement fédéral pourrait se porter garant d'un peu moins des deux-tiers de cette somme, et les quatre Etats régionaux du reste.
Mais, a-t-il averti en faisant référence aux dettes de GM, "nous ne sommes pas prêts en Allemagne à avancer l'argent dont l'Amérique nous priverait par inaptitude". Des garanties publiques à Opel pourraient n'être qu'un "premier pas", a estimé pour sa part le ministre-président de la Rhénanie du Nord-Westphalie, Jürgen Rüttgers. Et d'ajouter au journal Bild am Sonntag: "nous devons aider l'industrie automobile allemande". Le ministre de l'environnement, le social-démocrate Sigmar Gabriel, a affirmé au journal Tagesspiegel que le gouvernement étudie "des mesures supplémentaires d'aide" pour l'ensemble de l'industrie automobile. Selon lui, figurent parmi les mesures envisagées, des crédits plus importants pour l'achat de voitures neuves, associés à des taux d'intérêt plus bas pour ces crédits, ainsi qu'une "prime à la casse" pour les vieilles voitures.

La semaine dernière, Berlin avait déjà décidé, dans le cadre de ses mesures de soutien à la conjoncture, que les automobilistes qui feraient immatriculer une nouvelle voiture début 2009 seraient exonérés, pendant un an ou deux, de la taxe annuelle sur les véhicules.


Opel a déjà mis des milliers de salariés au chômage technique, comme nombre de grands constructeurs allemands, mettant en péril des dizaines de milliers d'autres emplois dans les entreprises sous-traitantes. Selon l'universitaire et économiste Ferdinand Dudenhöffer, spécialiste de l'industrie automobile, "20.000 emplois vont disparaître chez les constructeurs et les sous-traitants allemands" d'ici à fin 2009, auxquels s'ajoutent "80.000 emplois à temps partiel". L'industrie automobile emploie quelque 750.000 personnes en Allemagne.

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