Les Etats-Unis et le Canada accordent une aide de 20,7 milliards de dollars aux constructeurs automobiles

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GM et Chrysler vont se partager la manne étatique mais devront drastiquement revoir leur modèle économique
Après les Etats-Unis vendredi, c'est au tour du Canada de voler au secours de l'industrie automobile. General Motors et Chrysler acceptent l'aide, assortie de conditions très strictes. Ford déclare ne pas avoir besoin de crédit pour l'instant.

Après les Etats-Unis qui ont annoncé vendredi 19  décembre un plan d'aide de 17,4 milliards de dollars au secteur automobile, c'est le Canada qui embraye en ajoutant 4 milliards de dollars canadiens (3,3 milliards de dollars américains), samedi 20 décembre. General Motors devrait recevoir 3 milliards de dollars canadien et Chrysler un milliard. Ce plan comprend également une assurance pour les équipementiers automobiles et des facilités de crédit aux consommateurs pour l'achat de véhicules neufs.

Par ailleurs, le président Bush a défendu hier samedi son plan d'aide en précisant que les prêts aux constructeurs seraient retirés s'ils ne faisaient pas preuve de leur viabilité d'ici au 31 mars 2009. Les constrcuteurs devraient alors passer sous les fourches caudines d'une procédure de restructuration lourde prévue par la loi américaine sur les faillites. Un responsable de la Maison Blanche a précisé, également ce samedi, que General Motors recevrait 9,4 milliards de dollars  en décembre puis en janvier et quatre milliards en février. Chrysler bénéficiera de 4 milliards de dollars. Ford a indiqué qu'il n'avait pas besoin de crédit dans l'immédiat.

George Bush vient d'annoncer ce vendredi que son administration viendrait en aide au secteur automobile, justifiant sa décision par la place prépondérante qu'occupe ce secteur au sein de l'économie américaine. Il n'est pas envisageable de laisser les constructeurs faire faillite, a déclaré le président des Etats-Unis. Il a prévenu que cette aide serait subordonnée à l'adoption de décisions difficiles. "Le peuple américain souhaite que les groupes automobiles réussissent, et moi aussi", a-t-il indiqué.

Les constructeurs automobiles vont donc recevoir rapidement 13,4 milliards de dollars du fonds Paulson de soutien au système financier, en échange de conditions extrêmement strictes pour assurer leur retour à la rentabilité, vient de faire savoir la Maison Blanche. Ces sommes devraient bénéficier à General Motors et à Chrysler, a précisé un haut responsable de l'administration américaine. Une deuxième tranche de 4 milliards de dollars sera mise à disposition des constructeurs en février, sous réserve du déblocage de la deuxième partie des fonds du plan Paulson par le Congrès, a précisé la Maison Blanche.

Cette annonce a permis à General Motors de rebondir de 22,68% à 4,49 dollars ce vendredi à la Bourse de New York. Ford a gagné 3,87% à 2,95 dollars.

"Les compagnies doivent utiliser ces fonds pour devenir viables financièrement", selon l'exécutif américain. Si ces firmes ne sont pas devenues viables d'ici le 31 mars 2009, elle devront rembourser au Trésor l'ensemble des sommes qui leur ont été avancées. La Maison Blanche a souligné que les bénéficiaires seront considérés comme viables s'ils peuvent afficher une valeur nette d'actifs positive, en incluant l'ensemble de leurs coûts présents et futurs, et s'ils sont en mesure de rembourser complètement l'aide gouvernementale. Aucune aide spécifique n'est envisagée dans ce plan pour les compagnies de financement automobile, a précisé le responsable.

Les conditions posées au versement des aides incluent celles déjà envisagées lors des discussions au Congrès: attribution de warrants permettant à l'Etat américain d'obtenir des actions préférentielles, limitation des primes aux dirigeants et élimination de certains avantages en nature, comme l'utilisation de jets privés, pouvoir donné au gouvernement de bloquer les transactions supérieures à 100 millions de dollars, interdiction du versement des dividendes tant que les entreprises seront débitrices de l'Etat.

Mais le Trésor, qui gèrera ce programme, a ajouté des conditions supplémentaires: réduction des deux-tiers de l'endettement par une conversion de la dette en capital, financement du fonds de protection sociale des retraités sous forme d'actions, élimination de la disposition qui permet aux salariés en chômage technique de recevoir leur salaire, mise en place de conventions d'entreprises qui permettent aux constructeurs d'être compétitifs avec les usines américaines des constructeurs étrangers d'ici le 31 décembre 2009, alignement des salaires sur ceux pratiqués par les usines américaines des constructeurs étrangers d'ici le 31 décembre 2009.

La Maison Blanche souligne que ces conditions, d'une extrême rigueur, ne sont pas gravées dans le marbre: "les négociations pourront dévier de ces objectifs quantitatifs pour peu que l'entreprise explique les raisons de ces écarts et justifie qu'elle puisse atteindre une viabilité à long terme en dépit de cette déviation" par rapport aux conditions fixées.

Les bénéficiaires devront également signer de nouveaux accords avec leurs partenaires d'affaires, concessionnaires et équipementiers, d'ici le 31 mars.

Chrysler accepte les conditions

Chrysler a immédiatement annoncé qu'il acceptait les sévères conditions posées par l'Etat fédéral à l'octroi d'une aide financière d'urgence et qu'il avait signé une lettre d'engagement en ce sens. "Chrysler est déterminé à remplir les conditions posées", a souligné son PDG Robert Nardelli dans un communiqué. Après avoir remercié le gouvernement et le Trésor pour "leur confiance dans la compagnie", Robert Nardelli a assuré que son groupe resterait "concentré sur les défis" qu'il affronte. "Cette injection initiale en fonds de roulement devrait aider Chrysler à traverser la crise de liquidités que connaît cette industrie et à retrouver la rentabilité", a-t-il commenté.

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Une croissance infinie dans un monde fini est une aberration et un mensonge.
L?industrie automobile est un des plus gros parasite de la planète.
Courage aux ouvriers : ils doivent chercher un autre boulot !

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