L'essai auto du week-end : Skoda Superb Combi 4x4, prestations VW, prix tchèque

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Elle a l'air robuste comme une Volkswagen et les tarifs sont ceux d'une... Skoda. En prime, c'est pratiquement le plus grand break du marché. Dommage que le confort soit rude et le comportement routier pataud.

Pour son haut de gamme, la marque tchèque du groupe Volkswagen s'est surpassée. Voici un concentré intelligent de technologie... utilise, pas futile. Comme disait naguère une publicité. Affirmons-le d'emblée : cette auto est hautement recommandable... Mais pas forcément dans la version que nous avons essayée ! Balayons d'emblée le pire défaut de ce modèle, à savoir un blason peu valorisant ! Il y a toujours, en effet, des gens qui n'y connaissent rien et croient que Skoda est encore une de ces improbables marques de l'Est, du genre Lada. Ceux-là vous regarderont évidemment avec commisération, quand vous évoquerez votre Skoda. Mais les consommateurs plus avertis savent, eux, que la firme appartient au groupe Volkswagen depuis vingt ans. Et ils trouveront votre achat plutôt intelligent.

Habitabilité record

Si l'on n'est pas trop snob sur le logo, la nouvelle Skoda Superb Combi TDI 4x4 DSG a tout pour séduire. A priori. Cet énorme break, sans doute le plus spacieux du marché avec la Mercedes E beaucoup plus onéreuse, offre une habitabilité et une accessibilité exceptionnelles. A l'arrière, la place pour les jambes est digne d'une limousine. Et le coffre, haut, géométrique, accueillera sans problèmes tout ce que vous voudrez y engouffrer. Dommage, juste, que la banquette arrière ne soit pas coulissante, afin de pouvoir encore agrandir ledit coffre, en cas de besoin. Dommage aussi, pendant qu'on y est, que seuls les dossiers des sièges arrière se replient, ne dégageant pas une surface totalement plane. Mais, bon, avec la place qu'il y a, ne pinaillons pas ! Sur la base d'une Volkswagen Passat, cette familiale donne des leçons à toutes ses concurrentes.

Bonne finition

En plus, sa ligne est assez réussie, classique, bien dessinée, très... Volkswagen. La voiture en impose, mais sans aucun clinquant. Elle fait grosse voiture, sans ostentation, mais avec bon goût. Un peu à la manière d'une Audi Avant d'il y a quelques années. A l'intérieur, les matériaux ne sont pas ceux d'une Audi, certes. Loin de là, même. Mais, les plastiques semblent costauds et bien assemblés. Du solide. Les formes très classiques de la planche de bord sont avenantes. Tout est à sa place, clair, bien repérable. Pas besoin de lire le manuel pour se servir des différentes fonctions. Ouf. Les grands cadrans sont lisibles. Apprécions aussi des idées intéressantes et pratiques comme la vitesse qui s'affiche en gros - et en chiffres - devant les yeux du conducteur, en plus de celle déjà affichée sur le compteur traditionnel. L'accoudoir central coulissant et réglable par crans en hauteur est judicieusement placé. La porte arrière gauche dissimule un... parapluie. Dans le coffre, le cache-bagages s'efface sur simple pression sur la tablette.

Austérité

L'impression d'espace est réelle, grâce certes aux cotes généreuses mais aussi aux grandes surfaces vitrées dont a malheureusement perdu l'habitude. Ici, pas de console saillante, de formes rebondies qui entravent la place à bord. Subjectivement, l'impression d'espace peut être encore améliorée par le grand toit ouvrant panoramique (en option à 1.240 euros). Sur notre version Elégance, les sièges sont en cuir et faux daim. Pas mal, même si le cuir n'est pas du tout flatteur. Là, ça sent les grosses économies. L'austérité de "notre" Superb, uniformément noire à l'intérieur, gâchait aussi quelque peu la vie à bord. Lugubre. Mais le client a le choix de coloris plus clairs s'il opte pour la finition supérieure Praha (3.000 euros plus chère). La position de conduite, typiquement Volkswagen, ne nous convainc toujours pas. Mais les réglages électriques nombreux de la version Elégance permettent de trouver ses aises. Ce qui n'est pas le cas avec les niveaux de finition inférieurs. Notons quand même des sièges assez durs, comme d'habitude chez Volkswagen ou Audi.

Ensemble moteur-transmission agréable

Le moteur TDi 140 est une vieille connaissance. Vif, souple, il répond présent dans toutes les circonstances. Notre version était équipée de la formidable boîte à double embrayage DSG, spécifique au groupe Volkswagen. Un régal. En position "S", cette boîte automatique réagit très intelligemment. Elle rétrograde à bon escient. Mention bien, même si elle réagit parfois assez brutalement, en position "S". Cette DSG a aussi l'avantage de gommer le caractère rugueux du TDI. Elle remplace en outre avantageusement le levier de vitesses trop ferme de la version à boîte manuelle.

Comportement ultra-sécurisant

Notre version était aussi dotée d'une transmission intégrale aux quatre roues, dont on ne dira jamais à quel point elle améliore la motricité et la sécurité sur route mouillée, grasse et a fortiori enneigée. Le fin du fin de la technologie. Mais, le mieux est parfois l'ennemi du bien. Et là, il faut reconnaître que le surcroît de poids (76 kilos) entrave les performances, qui restent correctes. Mais on perd néanmoins le bel allant noté il y a quelques semaines sur une Passat dotée de la même motorisation. Le comportement routier est plus sécurisant que sur la version à simple traction avant, déjà très sûre. Une excellente routière tous temps, comme l'Audi A4 Allroad essayée récemment, mais à 25.000 euros de moins ! Ceci dit, le gabarit mais aussi le poids supplémentaire rendent le véhicule très peu agile. C'est archi-pataud. Le plaisir de conduite sur route sinueuse est nettement inférieur à celui procuré par une Passat.

Confort ferme

Le confort, typique du groupe Volkswagen, fait d'habitude dans la fermeté. Mais ici, la monte pneumatique prétendument sportive avec des grandes jantes (17 pouces) et des pneus larges à flancs bas est encore une fois fatale. Ces pneus, réservés aux finitions de pointe Elégance et Praha, sont incongrus sur une brave familiale. Ils se marient très mal avec des suspensions plutôt souples. Résultat : la voiture rebondit sèchement sur les moindres inégalités de la chaussée, générant des trépidations désagréables et troublant même le comportement sur mauvaise route. Les secousses sont telles qu'elles finissent par faire grincer et craquer le mobilier intérieur. Alors, un conseil : commandez en option gratuite une monte pneumatique de base (16 pouces), comme la plupart des chauffeurs de taxi ! C'est possible.  Le "look" sera peut-être moins agressif, mais le confort s'améliorera fortement et le coût du remplacement baissera d'autant. Nous jugeons d'autant plus sévèrement notre modèle d'essai qu'une Superb essayée l'an dernier avec une monte pneumatique de base nous avait paru bien plus douce.

Sobriété

Malgré la transmission automatique et les quatre roues motrices, le TDi a conservé sa sobriété légendaire. Nous avons consommé 6,4 litres seulement sur parcours routier et autoroutier. Ca grimpe forcément en ville, mais reste raisonnable. Pour une voiture aussi longue et lourde, c'est un très bon point..

Prix compétitif

La Superb Combi TDI 4x4 DSG est un break familial idéal... sous réserve des défauts constatés précédemment, à un tarif compétitif, vu son espace intérieur nettement supérieur à celui d'une Volkswagen Passat, et évidemment beaucoup plus généreux que celui d'une Audi A4. Evidemment, les tarifs sont très loin de ceux d'une Dacia ! On est quand même à des niveaux de gamme élevés. Mais, les rares concurrentes sont nettement plus chères. La Superb est à cheval entre le créneau des familiales moyennes supérieures et le haut de gamme. Autre avantage des Skoda : les nouvelles technologies du groupe sont d'abord étrennées par Audi, dont les clients essuient les plâtres, puis passent chez Volkswagen... avant de terminer sur les véhicules tchèques... Du coup, lorsqu'elles arrivent chez Skoda, elles ont été largement fiabilisées. Un sacré avantage, non ? En revanche, gare au coût d'entretien et des pièces, proche de celui d'une Volkswagen et donc nullement "discount". Ceci dit, si vous ne circulez pas sur route enneigée, passez-vous donc de la transmission 4x4. Vous économiserez 1.500 euros et aurez de meilleures performances pour une moindre consommation. Une finition inférieure Confort vous permet aussi de gagner 1.600 euros. Quitte, du coup, à vous payer une option sièges cuir à 1.480 euros.

Prix du modèle essayé : Skoda Superb Combi TDi 140 4x4 DSG Elégance: 33.990 euros (+malus de 750 euros)
Puissance du moteur : 140 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,83 mètres (long) x 1,81 (large) x 1,46 (haut)
Qualités : ligne élégante, habitabilité exceptionnelle, finition solide, commandes pratiques, comportement routier sûr, agrément moteur-transmission DSG, basse consommation, rapport prestations-prix
Défauts : présentation triste, marque peu valorisante, monte pneumatique (17 pouces) inconfortable, comportement très pataud, performances dégradées par le surpoids
Concurrentes : Opel Insignia Sports Tourer CDTi 160 4x4 bva Cosmo Pack : 37.100 euros ; VW Passat SW TDi 140 4 Motion DSG Carat : 38.050 euros

Note : 13,5 sur 20

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Commentaires
a écrit le 20/04/2012 à 13:53 :
une note de 13,5/20 seulement ! pourtant avec vos commentaires élogieux elle aurait méritée mieux ! peut-être ne faites vous pas partie de ces consommateurs avisés qui regardent plus loin que le bout du blason !! pour vous mieux vaut rouler dans une renault peu fiable, sous-équipée et chère plutôt que dans une "tchèque" bien conçue et à un prix abordable !!
a écrit le 09/05/2011 à 14:54 :
Parler de finition solide et de mobilier intérieur qui craque et grince, c'est plutôt comique!!! D'autre part les productions VW ont en Europe une réputation de robustesse dont profite la marque SKODA alors que, aux Etats Unis, VW est plutôt le symbole d'une piètre qualité selon toutes les études de satisfaction réalisées. Bizarre, vous avez dit bizarre... Pour ma part, utilisant régulièrement une Superb de l'ancienne génération, mon apréciation est: Bon rapport qualité/prix mais finition très très moyenne. Le mobilier grince même avec des petites roues et certains accessoires son assez fragiles.
a écrit le 09/05/2011 à 10:36 :
Que la CGT de Renault en soit "remerciée", grâce à ses conseils les Tchèques choisirent il y a 20 ans VAG plutôt que Renault (dont la production à 75% se fait aujourd'hui hors de France)

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