L'essai auto du week-end : Chevrolet Orlando, un monospace coréen au goût américain

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Sous ses allures de gros costaud, c'est un concurrent du Renault Scénic ou du Citroën Picasso. Moins abouti, un peu rustaud, il est quand même plaisant, pratique et moins cher.

Avec sa silhouette carrée, massive, taillée à la serpe, l'Orlando passe pour un gros 4x4 américain. Pourtant, il ne s'agit que d'un monospace compact coréen ! Même s'il est sans conteste le plus grand du segment, à la limite de la catégorie supérieure des grands monospaces. Il est aussi long, en effet, qu'un Renault Espace ! Une allure originale et pas illégitime, puisqu'il est produit et commercialisé par Chevrolet, une marque purement « yankee ». Sa carrosserie, flatteuse, constitue même l'un de ses plus gros atouts. L'Orlando a l'air plus imposant qu'il ne l'est réellement.

Ambiance un peu lugubre

A l'intérieur, l'américano-asiatique du groupe GM est un peu moins séduisant. Le design, pas du tout désagréable, n'est nullement en cause, même si les arrondis de la planche de bord réduisent légèrement l'espace à l'avant. Mais les plastiques font bas de gamme - il faut bien faire des économies quelque part. L'ambiance noirâtre apparaît lugubre. Rien à voir avec la chaleur d'un Renault Scénic ou d'un Citroën Picasso. La position de conduite ne sera pas non plus appréciée par tout le monde. On est assis un peu trop en creux, avec les genoux relevés et des assises très longues. Les grands n'y verront peut-être pas d'inconvénient. Les autres, si. Etrange pour un modèle "made in Korea", pas destiné à être vendu aux Etats-Unis !

Certains petits détails agacent, comme le commutateur pour allumer les feux, à la préhension délicate, ou le compteur de vitesse, trop petit et enfoncé. Un inconvénient de plus en plus exaspérant, quand on doit constamment surveiller sa vitesse, au kilomètre près... En revanche, les assemblages font solide. L'habitabilité et l'accessibilité, favorisées par les formes géométriques de la carrosserie, sont très favorables. Evidemment, les deux places additionnelles sur une troisième rangée de sièges ne sont pas très accueillantes. Et, dans ce cas, le coffre est réduit. D'ailleurs, même repliée, la dernière banquette encombre ledit coffre. Mais c'est inévitable. L'engin est au final fonctionnel et pratique.

Moteur agréable

Le moteur diesel de 130 chevaux de notre modèle d'essai s'est montré fort plaisant. Il est très souple, reprend en douceur, tout en assurant de belles accélérations. Ce moteur, que l'on a naguère connu rugueux, a fait de sacrés progrès. Très bien. Malheureusement, cette mécanique de grosse cylindrée (2 litres) n'est pas très économique. Il est vrai que l'aérodynamisme n'est pas non plus très soigné, rançon des formes carrées. 9 litres aux 100 km en parcours mixte ville-route-autoroute, ce n'est pas très sobre. La boîte de vitesses manuelle est moins douce que le moteur, avec des verrouillages assez fermes. Et, surtout, l'embrayage, doté d'une course réduite, demande une certaine habitude. Il manque de progressivité. Parfois difficile à doser, il peut générer de légers à-coups au passage des rapports.

Suspensions bruyantes

L'Orlando est moins confortable qu'un Scénic ou un Picasso. Les suspensions tressautent en effet sur chaussée dégradée. Mais il n'y a là rien de rédhibitoire. Le gros problème, c'est que ces suspensions travaillent très bruyamment ! On ne perd rien des percussions des trains roulants sur les bosses et cahots. Ce qui donne subjectivement la sensation d'être secoués à chaque inégalité... On ressent donc une réelle impression d'inconfort. Claquements de suspensions et résonances de roulement constituent le plus grave défaut de l'engin. Chevrolet ne s'est pas ruiné en insonorisant. C'est exaspérant en ville, dès que la route se détériore ou sur les raccords d'autoroute. Le comportement routier, pour sa part, n'entraîne pas de plaisir particulier. L'Orlando rebondit un peu trop sur chaussée bosselée. Il n'est pas très précis. La direction est un peu floue. Mais, pour un monospace familial, il s'en sort honorablement. Et sans danger.

Prix attractifs

Moins raffiné et abouti que ses concurrents français, plus rustaud, l'Orlando doit être jugé, comme tous les produits de la marque, en fonction de son prix, attractif. Notre modèle en finition de base LT+ était tarifé 23.500 euros, avec un équipement suffisant - mais gare au malus de 750 euros ! Les options sont compétitives. Comptez 650 euros pour un toit ouvrant électrique, 775 pour un GPS ! Il faut tenir compte du fait que l'Orlando est plus spacieux que la plupart des rivaux, ce qui améliore encore sa compétitivité relative. Un Renault Grand Scénic à peu près équivalent coûte au moins 4.000 euros de plus. Dans cette optique, nos critiques sont évidemment à relativiser.

Prix du modèle essayé : Chevrolet Orlando 2,0 VCDi 130 LT+ : 23.500 euros (+750 euros de malus)
Puissance du moteur : 130 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,65 mètres (long) x 1,88 (large) x 1,63 (haut)
Qualités : formes massives et flatteuses, habitabilité et accessibilité à bord, prix attractif, moteur agréable, prestations générales correctes.
Défauts : suspensions trop bruyantes, embrayage peu progressif, boîte de vitesses ferme, position de conduite pas adaptée à tous.
Concurrents : Toyota Verso 126 D-4D Active 7 places : 25.100 euros ; Opel Zafira 1,7 CDTi Magnetic : 26.850 euros ; Renault Grand Scénic dCi 130 Expression 7 places : 27.500 euros

Note : 13 sur 20

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