Essai auto : Mitsubishi ASX, en attendant les Peugeot 4008 et Citroën C4 Aircross...

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Ce "tous chemins" japonais très civilisé sera repris en 2012 par les deux marques françaises avec une face avant redessinée et des moteurs diesel différents. Une heureuse perspective. Car l'ASX est bien conçu et fabriqué. Quelques imperfections sont à corriger . Mais le groupe PSA affirme que ce sera fait.

Mitsubishi est le fournisseur attitré de PSA en 4x4. Après l'Outlander, alias Peugeot 4007 et Citroën C Crosser, le japonais fournira son ASX aux deux marques françaises. Si l'on en juge par les qualités de ce nippon, Peugeot et Citroën font une bonne affaire avec leurs 4008 C4 Aircross respectifs. La face avant, le traitement des troisièmes vitres latérales et les feux arrière différeront, ainsi que... certains moteurs. Les modèles "français" seront fabriqués toutefois au Japon, sur les mêmes chaînes que l'ASX. Lancements prévus en mai 2012 (C4 Aircross) et juillet (4008). Toutefois, les clients pressés peuvent, en attendant les copies, acquérir la version... originale. Seul obstacle : un réseau Mitsubishi assez restreint dans l'Hexagone. Sinon, ils ne regretteront pas leur choix. Malgré des défauts.

Version raccourcie de l'Outlander

Sur la même plate-forme que le "gros" Outlander, l'ASX en est une version raccourcie à 4,29 mètres de long, en gros la taille d'une Mégane Renault. Rien à voir avec les mastodontes vilipendés par les anti-4x4 de tout poil. L'ASX circule donc discrètement en ville, sans problème. Cette nouvelle race de véhicules, arborant des traits de 4x4 mais reprenant les caractéristiques techniques d'une simple berline, représente une solution alternative aux monospaces type Renault Scénic ou Peugeot 3008. Avec des poids et des consommations proches mais une silhouette plus avenante - à notre goût.

Du joli travail

La carrosserie, reprise de l'Outlander sauf la calandre et la partie arrière tronquée, est carrée, bien dessinée, sans excès. Même si l'arrière raccourci déséquilibre un peu l'ensemble. Les versions Peugeot et surtout Citroën seront plus expressives. Chacun ses goûts. Le Mitsubishi a l'avantage de la discrétion. A l'intérieur, tout est très correctement conçu et réalisé. Certains plastiques ne sont pas aussi flatteurs que sur un Volkswagen Tiguan, mais ils se révèlent solides et assez bien assemblés, à la japonaise. L'ergonomie est claire, avec une position de conduite aisée à trouver. C'est simple et judicieux. Nous, on aime ! Notre version de pointe Instyle arborait du cuir de bonne facture sur les sièges, malheureusement uniformément noir. L'habitabilité, héritée de l'Outlander, est bonne, au détriment d'un coffre réduit. Accessibilité (à l'avant) et visibilité n'appellent pas de critique. C'est l'avantage de la simplicité des lignes. L'exact contraire d'un Ford Kuga ou d'un Hyundai iX 35.

Châssis bien étudié

Nous retrouvons le pertinent châssis de l'Outlander, neutre et sain. Pourtant, l'ASX est moins précis à conduire que le grand frère Outlander. Les suspensions, très souples, favorisent a priori le confort et encaissent convenablement les mauvais revêtements. Sauf sur des dénivellations brutales. Mais, le comportement se révèle trop flou pour générer du plaisir. La voiture donne l'impression de flotter sur les saignées de bitume à haute vitesse. Dans les virages, c'est encore pire. Rien de dangereux, mais le pilotage manque de finesse. Notons que des suspensions souples à l'américaine et des pneus à flancs hauts ne sont finalement pas toujours favorables au... confort. Car, ici, le manque d'amortissement fait que l'on est secoué en permanence sur chaussée en mauvais état. Certes, ce n'est jamais violent. Mais, ces dodelinements deviennent vite irritants. Le surcroît de poids dû à la transmission 4x4 nous a semblé accentuer le phénomène, par rapport à la version 4x2. Ces secousses font aussi trembler le mobilier intérieur, qui grince et crisse. Déplorons aussi les résonances générées par les pneus et amplifiées par les passages de roues ! Les japonais semblent méconnaître l'anti-gravillonnage.

Un 4x4 routier

Il y a un an et demi, nous avions essayé la version traction avant. Ici, nous sommes au volant du modèle 4x4, extérieurement identique. Certes, la garde au sol peu élevée limite la bonne volonté de l'ASX sur chemins non revêtus. Mais l'apport de la transmission intégrale, dont Mitsubishi est un spécialiste mondial, est un vrai "plus" pour la sécurité et la polyvalence. Même s'il faut compter 2.000 euros supplémentaires. Les quatre roues motrices seront les bienvenues dans les régions à climat rude ou pour ceux qui doivent emprunter des chemins de campagne. Mais, attention, même en 4x4, l'ASX est un tous chemins, et encore pour chemins assez secs, pas un tout-terrain. Les plus exigeants en la matière viseront plutôt les gros Pajero ou pick-ups L200, qui ont fait la réputation de la marque aux trois diamants.

Un diesel réussi

L'ASX inaugure un toute nouvelle mécanique diesel Mitsubishi, qui sera reprise en haut de gamme par les Peugeot et Citroën. Premier moteur à gazole moderne étudié par la marque japonaise pour ses voitures particulières, il affiche une douceur de fonctionnement remarquable. Assez silencieux, dépourvu de vibrations, linéaire, peu puissant à bas régime mais sans trou marqué, il s'impose comme une des références. Bien mieux que tant de véhicules à gazole essayés récemment, qui calent au démarrage ! Petite réserve : les amateurs de puissance trouveront les 150 chevaux vraiement peu démonstratifs. Les consommations sont contenues. Nous avons siroté 7 litres aux cents à peine sur route. Cette mécanique est dotée d'un "Stop and start" (arrêt et redémarrage automatiques au feu rouge) plutôt efficace. Dommage, la boîte de vitesses, fluide et agréable si l'on change les rapports en douceur, devient rêche et accrocheuse si l'on force le rythme. Dans ce cas, elle manifeste sa désapprobation par des à-coups. Nous n'avions pas relevé un tel défaut sur la version 4x2 essayée auparavant. Ou, plutôt, ce défaut était moins accusé. De toutes façons, on n'a pas le choix. Aucune boîte automatique n'est disponible.

Tarif concurrentiel

Bonne nouvelle : le tarif est assez concurrentiel, alors que l'ASX est plus puissant que ses concurrents les plus directs. Mais, la réévaluation du yen a entraîné une inflation des tarifs, aujourd'hui moins intéressants qu'au lancement. La gamme démarre avec les quatre roues motrices à 27.200 euros. La version la plus complète (avec cuir, système de navigation à écran tactile, toit vitré, caméra de recul, autoradio CD de qualité...) Instyle vaut 32 .200 euros. Aucun malus n'est applicable, ni en 4x2 ni... en 4x4. Remarquable. Mais, pas pour longtemps. L'an prochain, le durcissement du malus devrait faire passer la version 4x4 dans le rouge. Pardi, il faut bien que l'Etat pique le pognon quelque part !

Bonne proposition dans la catégorie

L'ASX de Mitsubishi est un bon véhicule, assez réussi, qui pêche juste par un manque de mise au point (insonorisation, amortissement, passage des vitesses). Le groupe PSA Peugeot Citroën affirme justement avoir travaillé tous ces aspects. On attend donc avec impatience le résultat.

 

Modèle d'essai : Mitsubishi ASX 4x4 Instyle : 32.200 euros
Puissance du moteur : 150 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,29 mètres (long) x 1,77 (large) x 1,62 (haut)
Qualités : moteur diesel doux, linéaire et sobre, châssis sain, fabrication rigoureuse, présentation satisfaisante, habitabilité, équipements, pas de malus (pour l'instant)
Défauts : coffre limité, mécanique peu démonstrative, bruits de roulement, amortissement mou, passage des vitesses rêche, réseau après-vente peu développé
Concurrents : Nissan Qashqai dCi 130 4x4 Tekna : 31.250 euros ; Kia Sportage 2,0 CRDi 4x4 Premium : 31.990 euros ; Toyota Rav4 D-4D 150 4WD Lounge : 35.400 euros ; VW Tiguan 2,0 TDi 140 4 Motion Carat : 36.260 euros

Note : 13,5 sur 20

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