Les constructeurs auto se ruent sur l'Eldorado russe

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Les groupes automobiles cherchent à entrer ou à se renforcer en Russie, où les ventes de véhicules vont croître de 37 % en 2011. Les marques étrangères détiennent déjà 70 % des parts de ce marché, qui va devenir le premier en Europe devant l'Allemagne.

Le marché russe aiguise l'appétit des grands constructeurs automobiles. Il y a les groupes ? les plus nombreux à l'image de l'alliance Renault-Nissan ? qui y possèdent déjà des usines d'assemblage et augmentent d'année en année leurs capacités de production pour accompagner la croissance continue du marché russe. Les ventes de Renault, qui produit à Moscou, ont ainsi augmenté de 65 % à 140.000 unités sur onze mois et la Logan est la sixième voiture la plus vendue localement. Le coréen Hyundai, premier constructeur étranger, est aussi dans ce cas. D'autres, comme BMW et Mazda, font assembler leurs véhicules par des sociétés russes spécialisées (Avtodor, Sollers). Certains, tels Ford et GM, recourent aux deux méthodes.

Et puis il y a les autres, les retardataires comme Fiat et Fuji Heavy (Subaru), qui cherchent frénétiquement à produire localement. Le constructeur italien, qui tâtonne depuis longtemps en Russie alors qu'il avait jeté les fondements de l'industrie auto soviétique avec Avtovaz il y a quarante-cinq ans, va finalement se lancer tout seul. Le quotidien « Vedomosti » vient de révéler, selon une de ses sources officielles basée à Saint-Pétersbourg, que Fiat compte y construire une usine d'une capacité de 100.000 véhicules (marque Chrysler) par an dès le début de l'année prochaine. La firme italienne, qui refuse de commenter l'information, envisageait encore l'année dernière d'assembler entre 300 et 500.000 véhicules avec l'assembleur russe Sollers, mais ce dernier lui a préféré Ford. Le piémontais avait aussi naguère tenté vainement de fabriquer des véhicules avec le deuxième groupe automobile russe, GAZ. Le japonais Subaru, lui, a indiqué qu'il prendrait une décision en 2013-2014 sur des capacités de production en Russie. Le groupe a déjà mené des pourparlers avec l'assembleur russe Avtodor (BMW, GM, Jaguar), ainsi qu'avec la banque Sberbank, qui détient des parts dans plusieurs constructeurs russes. Fiat serait aussi en négociations avec la banque russe.

Faible taux d'équipement

De fait, la Russie va rapidement devenir le premier marché européen devant l'Allemagne. En effet, le taux d'équipement en voiture (240 pour mille habitants) reste encore loin derrière la moyenne européenne (550 pour mille habitants). En 2011, le marché affichera une croissance de 37 % par rapport à l'année précédente, selon l'Association of European Business. Le programme gouvernemental de reprise des véhicules anciens stimule les ventes. Mais surtout, la croissance du crédit automobile. En 2011, 43 % des voitures vendues en Russie l'ont été à crédit, contre 36 % l'année précédente. Toutefois, la conjoncture financière en nette dégradation depuis octobre rend l'obtention de crédits automobiles plus difficile pour les consommateurs russes. Pour pallier cette limitation, la plupart des constructeurs ont ouvert en Russie leurs propres banques.

Le marché évolue aussi au profit de modèles plus chers. Selon une experte du secteur, Elena Iouchkova, le prix moyen a augmenté de 12 % par rapport à l'an dernier. Les voitures étrangères (importées ou assemblées sur place) qui occupent 70 % du marché, continuent de croître au détriment des marques russes.

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