Les mini-véhicules pas chers font la réussite de Suzuki

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En pleine scène de ménage avec son allié Volkswagen, Suzuki affiche des profits honorables, malgré le séisme au Japon. Les petits véhicules pas chers, spécialité du constructeur nippon, ont la cote.

Suzuki, vous connaissez ? Le groupe japonais n'est pas uniquement un "grand" de la moto. C'est aussi un spécialiste mondial des mini-véhicules pas (trop) chers. Bien avant Renault et sa filiale Dacia, Suzuki avait développé des voitures à bas coût. Pas forcément glamour, mais efficace. Car ça marche. Malgré le séisme dans l'archipel en mars dernier, le groupe automobile familial japonais a dégagé un petit profit net de 40,62 milliards de yens (400 millions d'euros environ) sur les neuf premiers mois de son exercice fiscal (avril-décembre), à peine en retrait sur les 42,6 milliards un an plus tôt. Il est vrai qu'un gain exceptionnel résultant de la cession de titres financiers a permis d'éponger la catastrophe au Japon et les effets de change.

Le profit d'exploitation a régressé de 5,1 % à peine sur un an à 87,7 milliards de yens (870 millions d'euros), grâce à des mesures de réduction des coûts, précise le communiqué. Toutes les régions du monde sont bénéficiaires, même l'Amérique du nord, qui est sortie du rouge. Le chiffre d'affaires a décru de 6,7 % seulement à 1.798 milliards (18 milliards d'euros). Le seul secteur automobile a vu son chiffre d'affaires fléchir de 7,8 % l'an dernier et son résultat d'exploitation de 9,1 %, à 85,8 milliards (850 millions d'euros). L'activité  deux roues a quant à elle enregistré des ventes en progression de 1,3 % mais est restée dans le rouge.

Suzuki a maintenu ses prévisions de bénéfices sur l'ensemble de l'année fiscale qui s'achèvera le 31 mars prochain. Il Il vise un profit net de 50 milliards de yens (500 millions d'euros) en hausse de 10,7 % et table sur un bénéfice d'exploitation en hausse de 2,9 % à 110 milliards (110 millions d'euros).

Le neuvième constructeur auto mondial

Producteur de deux roues depuis 1952 et de véhicules à quatre roues depuis 1955, Suzuki a produit 2,73 millions de motocycles et 2,88 millions de véhicules  sur le dernier exercice fiscal complet (1er avril 2010-31 mars 2011). Suzuki était donc au neuvième rang des constructeur mondiaux, juste derrière... PSA.

Suzuki a très tot investi le marché automobile indien. Il y détient bon an mal an la moitié du marché grâce à sa co-entreprise Suzuki Maruti, qui fabrique des petits modèles pas chers, clé de son succès. Le constructeur, qui s'est longtemps spécialisé dans les "midgets" (mini-voitures fiscalement favorisés au Japon) produit aussi des véhicules en Chine à travers deux co-entreprises, en Thaïlande, Indonésie, Malaisie... Il est aussi traditionnellement implanté en Amérique du nord et en Europe. Il dispose ainsi d'une usine en Hongrie, qui fabrique notamment la petite Swift et le 4x4 SX4, qu'il produit aussi pour Fiat (sous le nom de Sedici).

Suzuki réalise des modèles de petites dimensions, à prix mesurés, traditionnellement réputés pour leur rusticité et leur fiabilité. La gamme Suzuki s'étend en Europe de la petite Alto "made in India" à moins de 8.000 euros au 4x4 compact Grand Vitara (31.200 euros), en passant par  le minispace Splash ( à partir de 10.390 euros) ou le tout-terrain de poche Jimny, l'un des plus minuscules 4x4 du marché mondial (dès 13.590 euros). Dans l'Union européenne, Suzuki a écoulé (sur l'année calendaire 2011) 166.535 unités (- 9,8 %). Soit plus que son compatriote Honda.

Crise avec son allié Volkswagen

C'est d'ailleurs le futur petit 4x4 fabriqué en Hongrie, lequel remplacera le SX4 en 2013, qui a mis une le feu aux poudres avec... Volkswagen. Suzuki a en effet décidé de s'adresser à Fiat pour utiliser ses diesels, comme il le fait depuis longtemps sur ses modèles destinés à l'Europe. Et ce, alors même que ce modèle devait concrétiser le nouveau partenariat nippo-germanique. La firme allemande, qui détient 19,9% du japonais, l'a très mal pris. Il est vrai que le feu couvait depuis longtemps.  Suzuki reproche à Volkswagen son "iimpérialisme" et l'allemand sa mauvaise volonté au japonais. Suzuki a toujoiurs été extrêment jaloux de son indépendance, qu'il avait réussi à maintenir du temps où GM détenait 20% de son capital. Suzuki a très clairement appelé récemment à une rupture de l'alliance avec le consortium de Wolfsburg.

 

 

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