La fusion entre PSA et Fiat-Chrysler (FCA), qui a donné naissance le 16 janvier au groupe Stellantis, dessine un nouvel avenir pour le site industriel du constructeur français à Charleville. Elle soulève aussi les questions des doublons dans son organisation et des concurrences internes nées du rapprochement. Spécialisée dans la fabrication de pièces brutes en aluminium ou en fonte pour les autres sites du groupe, la fonderie ardennaise destinait jusqu'à présent sa production à des clients internes répartis dans huit pays, jusqu'en Inde et en Russie. "Nous sommes habitués à la mise en concurrence. A chaque fois que le groupe lance un nouveau produit, on compare les performances de Charleville avec d'autre sites potentiels et avec des prestataires extérieurs. Que le meilleur gagne !" répond Patrice Peslier, qui dirige depuis juin 2019 cette usine de 1.600 salariés, renforcée actuellement par 300 intérimaires.
La fonderie ardennaise n'a pas attendu Stellantis pour entamer sa mutation. En 1974, au démarrage de sa production, elle fabriquait les culasses refroidies par air de la Citroën GS. En 2000, Charleville a lancé la production de vilebrequins. Dix ans plus tard, l'atelier de liaisons au sol en aluminium a complété son activité. En 2020, PSA a décidé d'investir 91 millions d'euros pour adapter ses culasses aux nouvelles normes européennes (Euro 7), moderniser le site en réduisant son impact sur l'environnement et améliorer sa compétitivité, en agissant notamment sur les flux. Charleville produit actuellement des pivots de roues avant et arrière, des traverses de train arrière, cornes de berceau et des culasses pour les moteurs thermiques 3 cylindres, dans leurs variantes atmosphérique et turbocompressée. Soit en moyenne 60.000 pièces par jour, destinées aux véhicules sur les plateformes CMP (Peugeot 208, Citroën C3, Opel Corsa) et EMP2 (Peugeot 508 et 5008, DS7). L'usine de moteurs de Tremery, en Moselle (150 kilomètres de Charleville), est son principal client.