Autopartage : PSA essuie un revers à Berlin avec la fin de Multicity

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Multicity a tenté d'infléchir son modèle fondé seulement sur des voitures électriques en incorporant à son parc des Citroën C1, des voitures essence.
Multicity a tenté d'infléchir son modèle fondé seulement sur des voitures électriques en incorporant à son parc des Citroën C1, des voitures essence. (Crédits : Reuters)
Le groupe automobile français qui se veut très offensif dans les nouvelles mobilités a annoncé la fin de Multicity à Berlin. Ce service d'autopartage se voulait 100% électrique, mais face à la concurrence, la rentabilité n'était pas au rendez-vous. Le groupe veut faire évoluer son offre de nouvelles mobilités, mais peine à fournir des services intégrés...

Mauvaise nouvelle pour PSA ! Le groupe automobile français qui a décidé de s'investir dans les nouvelles mobilités vient pourtant d'annoncer la fin de son service Multicity à Berlin. Ce service lancé en 2012 proposait de l'autopartage en C-Zéro, une voiture 100% électrique. Mais face à la concurrence d'autres systèmes d'autopartage, Multicity n'était plus adapté.

« C'est un repositionnement de notre stratégie », se défend-on chez Free2Move, la filiale nouvelles mobilités de PSA.

« Multicity était précurseur lors de son lancement, mais l'évolution de l'environnement concurrentiel dans l'agglomération berlinoise fait que ce marché est devenu trop saturé pour qu'il soit rentable (...) ceci étant, l'application Free2Move reste opérationnelle à Berlin », tente-t-on d'expliquer.

Un retour d'expérience pour Free2Move

Sur le site spécialisé Automotive News, Brigitte Courtehoux, vice-présidente de Free2Move a justifié sa décision : « cette expérience nous a appris que nous avons besoin de plus de voitures à mettre à disposition des clients, maintenant nous savons comment entrer dans une agglomération, et traiter notre relation client ».

En réalité, le modèle de Multicity était compliqué à partir du moment où le choix initial était de constituer un parc 100% électrique.

« Ce choix était un véritable atout différenciant pour notre clientèle, mais ce modèle imposait des problèmes logistiques et infrastructurels majeurs notamment en ce qui concerne la recharge des batteries », nous explique un porte-parole de FreetoMove.

D'autant que Multicity fonctionnait selon le système du « free floating », c'est-à-dire sans borne de stationnement et recharge, à l'image d'Autolib à Paris.

Le tout électrique est-il pertinent ?

En face, les concurrents ont plutôt fait le choix de voitures thermiques ou hybrides non rechargeables, soit des offres moins contraignantes en termes d'exploitation. Multicity a d'ailleurs tenté d'infléchir cette stratégie en incorporant des voitures thermiques, 100 Citroën C1 pour 230 C-Zéro.

Pour le groupe français, cet échec ne condamne pas pour autant l'autopartage 100% électrique. Et de citer l'exemple de Madrid où Emov remporte un gros succès. « Madrid a instauré un système très favorable aux voitures électriques et partagées. En ce moment d'ailleurs, la ville connait un grave épisode de pic de pollution et de fait, l'ensemble de la circulation des voitures thermique est fortement restreint », rappelle un porte-parole de Free2Move. De plus, le parc à Madrid est autrement plus conséquent avec près de 500 voitures disponibles.

PSA se dit toujours engagé dans les nouvelles mobilités y compris dans l'agglomération berlinoise. Mais de fait, le groupe français ne sera plus qu'un agrégateur de solutions et n'opérera plus, pour le moment, de services de mobilités en propre. La fin de Multicity ne serait qu'un retrait tactique à en croire Free2Move. Mais sans services intégrés, la marque de PSA doit encore prouver la pertinence de son modèle.

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a écrit le 21/11/2017 à 10:10 :
A l’ère du numérique et de la mondialisation tout se déroule très vite et les concurrents affluent, créant une concurrence acharnée et parfois une bulle spéculative. Ceux qui survivent sont soit innovants, soit disposent de moyens financiers importants. Combien de sociétés et de projets ont « brulé du cash » avant de devenir profitables ?
Paris vit actuellement le même problème de concurrence avec les vélos électriques et à un moment donné une forme de régulation est nécessaire. Pas trop tôt, pour ne pas casser la dynamique et faire fuir les investisseurs et pas trop tard pour ne pas laisser s’installer un monopole.
Côté véhicules électriques on va obligatoirement avancer par étapes, sauts technologiques et échecs successifs, mais toute tentative est profitable pour la suite. Puisque sur le long terme le modèle actuel n’est pas tenable, il faut bien rechercher d’autres solutions et cela passera par des expérimentations. Le problème dans un secteur aussi attaché au véhicule individuel à carburant fossile est que pour qu’il y ait disruption il faudrait qu’il y ait une forme de gratuité, comme ce fut le cas pour Internet.

La difficulté réside probablement dans les infrastructures, plus que dans les véhicules eux-mêmes, car il ne doit pas être facile de constituer un réseau de bornes de recharge.
Pour en amortir les coûts, une solution consisterait à utiliser les bornes à d’autres fins, et puisque nous sommes dans la convergence entre réseaux électriques et datas, pourquoi pas pour le déploiement de la 5G.
Autre souci, les énergéticiens étant aussi en phase de mutation, ils essayeront probablement de récupérer des marges sur les équipements et les recharges, or cela semble un peu prématuré sur un marché naissant. Cela ne risque t’il pas de freiner son développement ?
a écrit le 21/11/2017 à 9:14 :
une preuve du libre commerce vu par mme Merkel
qui protege son pays par tout les moyen illegale possible
Réponse de le 21/11/2017 à 9:30 :
Quel rapport avec la choucroute ?
Le probleme est pas Merkel ou la RFA mais que le systeme n etait pas rentable et que la techno electrique pas a la hauteur. Bollore c est plante avec autolib a paris. est ce un complot d Hidalgo ?

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