La voiture autonome : une révolution automobile et urbanistique majeure

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La voiture autonome pourrait rebattre les cartes du secteur automobile de manière drastique.
La voiture autonome pourrait rebattre les cartes du secteur automobile de manière drastique. (Crédits : © Stephen Lam / Reuters)
D'après un rapport du Boston Consulting Group, l'avénement de la voiture autonome pourrait faire définitivement disparaître la congestion automobile en ville, et libérer jusqu'à 54% des places de stationnement. La pollution serait également réduite de... 80%. Un défi majeur et historique pour les constructeurs automobiles...

La voiture autonome sera-t-elle le Graal qui sauvera l'industrie automobile des démons qui la menacent ? Une étude du Boston Consulting Group (BCG), en partenariat avec le Forum économique mondial, montre que la voiture autonome pourrait en tout cas révolutionner de fond en comble ce secteur, avec des résultats étonnants qui refaçonnerait non seulement le monde de l'automobile, mais également toute la configuration des grandes agglomérations.

D'après ce rapport intitulé Self-Driving Vehicles, Robo-Taxis and the Urban Mobility Revolution, les deux cabinets passent au crible toutes les conséquences d'une généralisation de la voiture autonome. Ils émettent quatre scénarios. Dans le premier cas de figure, la voiture autonome resterait une offre premium ce qui provoquerait une baisse de 1% du parc automobile. Dans un deuxième scénario, la voiture autonome se généralise au point de se substituer aux voitures traditionnelles, mais le car-sharing (partage de voiture) se développe peu. Le parc automobile baisse de 8%, mais  le nombre d'accidents baisse de 55% (20% dans le premier scénario).

Des villes débarrassées de la congestion automobile ?

Les deux autres scénarios dessinent un impact pas seulement sur la typologie de voitures sur le marché, mais également dans les comportements. Ainsi, le BCG et le forum économique mondial jugent possible l'avènement d'une société où régneraient des "robotaxis". Les consommateurs abandonneraient alors le modèle de la propriété automobile au profit de cette mobilité alternative constituée par les robotaxis. La conséquence serait une baisse de 50% du parc automobile, une baisse de 90% des accidents, et de 40% de l'espace de stationnement.

Le rapport imagine dans un quatrième cas de figure, une version plus poussée de la précédente où le covoiturage deviendrait la norme. Le taux d'occupation des robotaxis serait de 2 passagers en moyenne contre 1,2, et l'espace de stationnement serait libéré de 54%. Dans ces deux derniers schémas, la généralisation de la voiture autonome pourrait totalement reconfigurer l'espace urbain. L'impact serait énorme pour les assurances, mais également pour les constructeurs automobiles puisque le marché serait largement amputé.

Mais, que les constructeurs se rassurent, les consommateurs ne sont pas encore prêts à faire confiance à d'autres acteurs pour rouler en voiture, aussi autonome soit-elle. Parmi les 5.500 consommateurs sondés dans dix pays différents, il ressort que 58% d'entre eux sont disposés à essayer des véhicules électriques (63% des moins de 29 ans). Ils sont 50% à continuer à faire confiance aux constructeurs traditionnels pour proposer une telle offre. Cette confiance est plus forte en France, en Allemagne et au Japon, trois pays traditionnellement très attachés à leurs champions nationaux.

"Cette enquête est une nouvelle rassurante pour les groupes automobiles traditionnels", explique Hadi Zablit, directeur associé du BCG et spécialiste du secteur automobile. "Nos conclusions indiquent que les consommateurs attendent que les constructeurs automobiles jouent un rôle de premier plan dans le développement des véhicules autonomes, les acteurs de la technologie comme Apple ou Google apportant, en sus, leurs expertises", a-t-il développé.

Le cauchemar de la pollution enfin résorbé ?

Autre démon qui hante les couloirs de tous les constructeurs du monde, celui de la pollution automobile. D'après ce rapport, là aussi, la voiture autonome pourrait résoudre le problème de manière drastique, puisque l'avènement de la voiture autonome pourrait faire baisser de 80% les émissions gaz polluants. Ce chiffre serait obtenu dans le scénario 3 où règneraient les robotaxis. Les robotaxis représenteraient 49% des distances parcourues en ville, et comme ils seront électriques, ils n'émettront aucun gaz polluants. Il faut ajouter à cela la forte diminution du parc automobile, puisque seulement 1% des véhicules en circulation seront des voitures individuelles.

Sur le modèle économique, le rapport explique, pour les scénarios un et deux où le consommateur est encore dominant, que les sondés sont prêts à payer un peu plus chers pour bénéficier des technologies d'autonomie. Pour les scénarios trois et quatre, Hadi Zablit juge que le modèle est rentable : "comme l'usage des robotaxis sera intensif, l'amortissement des motorisations électriques et hybrides est économique viable, voire plus compétitif qu'un taxi normal où il faut rémunérer un chauffeur".

Et le jour d'avant ?

La voiture autonome pourrait ainsi résoudre le problème de la circulation, de la propriété onéreuse de la voiture, de la pollution qui étouffe les grandes métropoles, et de l'accidentologie. Cependant, pour les constructeurs automobiles, c'est une révolution majeure qu'ils doivent préparer : des volumes de ventes largement amputés, une nouvelle clientèle à la recherche d'un nouveau modèle automobile... L'étude s'est intéressée au jour d'après... Mais, ce qui préoccupe les constructeurs, ce sont les jours qui précéderont l'avènement de la voiture autonome. Tout l'enjeu est là !

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a écrit le 24/07/2016 à 14:46 :
C'est une des solutions efficaces aux problèmes urbains, d'efficacité et de pollutions mais il faut aussi coupler le solaire à la motorisation ou à la recharge comme l'a compris Elon Musk en associant Tesla et SolarCity ou Total dans l'éolien sur le modèle SolarCity. La recharge solaire pour les petites distances est très positive et les véhicules électro-solaires pour les grandes distances (800 km dont 500 km la nuit à plus de 106 km/h constants homologués) sont les plus optimaux en terme de meilleure utilisation de l'énergie et des ressources (10 fois moins de batterie à transporter et efficacité la meilleure qui soit). Très peu d'énergie et de matières premières sont consommées : excellent aérodynamisme, coef de traînée, coef de roulement et gestion de l'énergie optimaux. Plus besoin de bornes de recharges coûteuses, pas de pollution etc. L'australien EXV Ventures lance le premier modèle commercial Immortus, le chinois Hanergy lance 4 modèles solaires (Harnergy solar S,O,L et R, de multiples universités de pointe ont lancé des modèles pré-industriels à transférer à l'industrie qui ont fait le tour du monde: eVe Sunswift, Sunriser Solar (ThyssenKrupp/Bochum), Stella Solar Lux etc Le solaire est très efficace également sous forme hybride dans le bâtiment et c'est complémentaire à la mobilité pour la recharge (électricité + chauffage + ventilation + pompe à chaleur etc : panneaux Dualsun, tuiles hybrides Nelskamp etc) (il est également utile pour les petits avions électro-solaires comme pour de nombreux dirigeables et en partie grand avions en assistance etc. De même pour des véhicules urbains (Mellowcabs, Elf d'Organic Transit, Mö d'Evovelo, Veemo de VeloMetro Schaeffler Bio-Hybrid, etc). Bref ce sont des applications immédiates et considérables en impacts favorables. Exemple : Sunriser Solar de ThyssenKrupp et Bochum Univ : http://bosolarcar.de/thyssenkrupp-sunriser/
a écrit le 24/07/2016 à 8:22 :
Des scénarios transitoires, il me semble. L'avènement de l'auto-mobile est inéluctable et ne se fera pas en un jour.
Ce jour là, la voiture comme moyen de transport individuel et marque du statut social aura presque disparu pour un service collectif au service des besoins individuels de transport.
L'outil se sera effacé au profit du service, l'équation impossible résolue. Comment, je n'en sais rien.
Que deviendront les constructeurs et leurs clients, mystère. Je suis convaincu qu'un jour pour aller de chez moi au travail ou à l'autre bout de la planète, je ferai appel au service de transport avec la même facilité qu'il aujourd'hui je téléphone de mon portable.
L'automobile d'hier sera morte avant même que nous ayons pu la maitriser sous tous ses aspects.
Vive l'automobile de demain dont nous ignorons encore tout mais à laquelle nous sommes déjà prêts à nous adapter.
a écrit le 23/07/2016 à 22:32 :
La fin des embouteillages, Vraiment???
Sauf que les parkings ne sont pas gratuit, il sera donc plus rentable pour quiconque de renvoyer sa voiture autonome à la Maison, en attendant le cirque inverse le soir tombé.
Ou si on veux payer le parking, mais que les places manquent, et bien va pour les tours de quartier à vide, le temps de ramasser le pain, ramasser les gamins ou faire des petites courses.
Bref; voiture autonome = x2 kilomètres parcouru par tête.
a écrit le 23/07/2016 à 20:12 :
Et demain on rase gratis ? Les premiers retours sur l'usage du véhicule électrique révèlent que son coût kilométrique est du même ordre de grandeur qu'un véhicule thermique. Les accidents et morts (cf Tesla récemment) des véhicules autonomes indiquent un nombre de morts par millions de kms voisin. La pollution : au prochain Fukushima made in France ou quand on se penchera sur le cycle des batteries, on en reparlera. Quant à accepter de monter dans un véhicule piratable qui, meme en situation "normale" pourra décider de se cracher et ses occupants avec pour sauver un plus grand nombre de piétons... Hum, hum ! Enfin, pas sur, par les temps qui courent, que les transports en commun, sur lesquels le passager n'a aucune maîtrise, remportent tous les suffrages. J'ai donc bien peur qu'on remplace des inconvénients par d'autres, tout aussi sérieux...
a écrit le 23/07/2016 à 14:42 :
Une voiture normale est au repos 95% du temps: le premier constructeur qui met à disposition une flotte de véhicules autonome remplacera vingt véhicules pour chaque voiture mise sur le marché en auto partage ou en location à l'acte
Si Tesla est capable de le faire avant tout le monde même avec une faible production il va mettre les autres constructeur dans une impasse: les gens utiliseront les voitures en partage et hésiteront à acheter une nouvelle voiture en attendant. En plus la rentabilité de ces véhicules même plus chers sera sans commune mesure avec celle d'un taxi ou d'une voiture particulière : des gens achèteront cette voiture pour la louer eux même à d'autres
Réponse de le 23/07/2016 à 20:25 :
Ça va pas faire plaisir aux constructeurs, votre calcul. Et comme j'imagine pas que ceux-ci accepteront de diviser leurs chiffre d'affaire et profit par 20, la conséquence est évidente : la vente et l'utilisation de tels véhicules coûteront in fine très cher. On l'a bien vu pour le vélib, qui coûte à Paris, donc au contribuable, 2000 à 3000 euros par an et par vélo !! Soit par an dix fois le prix d'un vélo !! Enfin je vois mal un particulier l'acheter pour le mettre à disposition d'autrui. Les municipalités où groupes industriels s'arrangeront pour conserver cette prérogative. Voir à ce sujet les ennui créés par les pouvoirs publics à l'attention des uberpop et autres Airbnb. Le véhicule autonome présente un intérêt pour le pouvoir, celui de mieux contrôler les déplacements de ses citoyens. Il ne présente aucun intérêt pour le particulier, sauf occasionnellement, comme par ex permettre à quelqu'un sans permis ou trop vieux de continuer à se déplacer...
Réponse de le 23/07/2016 à 22:39 :
Les ventes ne seront pas diviser par 20 !!
A moins de croire que nos voitures feront 6.000.000 kms !!!
Les voitures iront toujours à la casse passé les 300.000 kms, il faut donc voir le kilométrage parcouru. L'auto partage ne changera rien icin au contraire.
Ce qui cessera d'exister, ce sont les voitures de 20 ans avec un faible kilométrage, un non sens écologique et économique.
a écrit le 23/07/2016 à 11:10 :
il y a aussi une autre conséquence dans le cas du scénario où les robotaxis sont largement électriques et le covoiturage devient habituel.
La demande en pétrole chute du coup en grande proportion !
Moins de voitures en circulation, moins de voiture à moteur thermique, meilleur taux d'occupation tout celà mène à une réduction de la demande en pétrole.
Partant de là, d'un point de vue politique, les pays producteurs auront beaucoup moins d'influence, la stratégie géopolitique des pays traditionnellement très demandeurs en pétrole en sera changée aussi.

Peut-être quand dans 50ans on regardera l'ère du tout-bagnole comme une aberration sociale, économique et écologique.
a écrit le 23/07/2016 à 10:57 :
Quand je vois la twizy sur route je me dis que c'est l'avenir, un petit véhicule non polluant et peu coûteux mais quand je vois le prix de la location au mois je me dis que définitivement on ne peut pas compter sur les constructeurs pour faire reculer la pollution et le trafic routier qu'on sera obligé de passer par d'autres acteurs. L'argent est le principal frein au progrès et à l'épanouissement humain, à chaque fois cela se vérifie.
a écrit le 23/07/2016 à 10:21 :
ON NE PEUT ARRETEZ L EVOLUTION DE L HOMME.SURTOUT QUAND ELLE ET POSITIVE. LE PROGRES VAS REVOLUTIONNE LES MENTALITES? ET PERMETRE D EVOLUEZ VERS PLUS D ECONOMIES ET MOINS DE POLUTIONS? CA VAS DANS LE BON SENS???

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