Opel doit-il suivre le modèle Peugeot pour monter en gamme ?
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On en sait davantage sur la transformation d'Opel. Quatre ans après son rachat par le groupe PSA (aujourd'hui Stellantis), la marque automobile allemande veut se repositionner sur le segment dit des généralistes premium. Il s'agit d'un segment de marché aujourd'hui incarné par Volkswagen, et sur lequel s'est positionné Peugeot au début des années 2000, non sans succès. Pour Opel, cette décision annoncée très discrètement en début d'année après la fusion officielle de PSA et Fiat Chrysler (Stellantis, permet de répondre à la lancinante question de sa place dans le paysage automobile européen.
En 2017 déjà, Carlos Tavares, à l'époque président du directoire de PSA, peinait à convaincre les raisons du rachat d'une marque dont les ventes et les parts de marché s'étaient effondrées, et qui avait fait perdre des milliards d'euros à son ancien actionnaire, l'américain General Motors. "Opel est une marque allemande, que vous le vouliez ou pas, cela a un sens", avait-il rétorqué à des journalistes dubitatifs. L'imaginaire collectif attribué à la "Deutsche Qualität" (qualité allemande) s'exporte extrêmement bien. D'ailleurs, sous l'impulsion de son nouvel actionnaire, Opel s'installe en Amérique Latine, au Maghreb, en Afrique du Sud et en Russie. Mais son origine germanique était un peu courte pour expliquer la marque. D'autant plus que des marques allemandes... Ce n'est pas ce qui manque sur le marché.
Le sujet a pris une autre dimension après la création de Stellantis. Fiat et Citroën occupent déjà le terrain des généralistes. Il est urgent d'exfiltrer Opel de ce statut pour l'emmener vers le haut du segment, à l'image du travail opéré avec Peugeot.
Chez Opel France, on tente d'évangéliser les esprits. "Opel c'est l'excellence allemande, mais c'est aussi un design épuré et excitant à la fois", explique Igor Dumas, directeur général d'Opel France. La promesse est de créer un Opel nouveau qui "n'a plus rien à voir avec l'Opel d'hier". Sauf que d'allemand, Opel n'en aura que le nom puisque la marque va développer une gamme de produits sur des outils quasiment tous français : la plateforme EMP2, les moteurs PureTechs ou HDI... Tous développés sous l'ère PSA. En outre, plusieurs modèles Opel sont produits dans des usines françaises comme le Mokka (le GrandLand X n'est plus produit en France depuis quelques mois). Inversement, la DS4 (un modèle d'une marque française), elle, est produite à Russelsheim, dans l'usine historique d'Opel. La marque allemande ne dispose même plus de centre R&D qui a été cédé à une société extérieure. Seul, le design est encore situé à Russelsheim.