Face à la crise : le coronavirus vecteur de changement dans le BTP (3/3)
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27 AVRIL
LA TRIBUNE - Le métier de consultant dans le BTP va-t-il changer ?
ROLAND LE ROUX -
Je ne sais pas s'il va changer, mais tout dépendra de la nature de la crise. Si elle est en "V", cela redémarrera. Si elle est en "U", nous resterons longtemps en bas, comme après la crise des subprimes de l'automne 2008. Soit elle est en "W" et nous aurons de nombreuses alternances.A plus long-terme, il nous faudra une commande publique qui relance la dynamique, d'autant que les modes de vie et les usages, dans la relation au chez-soi, vont changer le BTP. L'industrie logistique et de la rénovation vont rebondir plus vite et ne pas connaître de trous d'air, alors que les établissements recevant du public - bureaux, hôtels - vont devoir s'adapter. Va-t-on, en effet, avoir besoin d'autant de mètres carrés de bureaux ou, au contraire, de davantage de télétravail, et donc adapter les logements et les accès au coworking ?
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29 AVRIL
A Londres, New York, en Pologne, en Scandinavie ou bien à Singapour où toutes les salles de bain doivent être réalisées en modulaire, les investissements se multiplient dans la construction hors-site, une méthode qui consiste à produire en usine ou en atelier avant d'acheminer des blocs sur site.
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30 AVRIL
LA TRIBUNE - Depuis le début du confinement, les salariés ne vont plus au bureau, mais se disent prêts à y retourner si les espaces de travail changent. Est-ce quelque chose que vous entendez aussi ?
NICOLAS MANGON -
Certains de nos clients nous demandent en effet de les aider à réagencer leurs espaces de travail, tant pour faciliter les déplacements que pour respecter la fameuse distanciation sociale. Je note d'ailleurs que l'on parle de distance sociale alors que l'on devrait parler de distanciation physique, étant donné que nous aurons toujours besoin d'interactions sociales.19 MAI
Il est de prime abord important de relancer la machine économique tout en garantissant la sécurité sanitaire des salariés de la chaîne de valeur. Le confinement a en effet stoppé l'activité économique totalement ou partiellement. Si l'année 2020 partait sous de bons auspices, elle s'est interrompue brutalement. Nos clients se sont eux aussi arrêtés. L'activité du béton prêt à l'emploi était en première ligne, tombant à moins de 10% d'activité.
Dans les métiers des granulats, nous avons pu maintenir des outils de production tout en assurant la sécurité de nos équipes. Depuis le déconfinement, nous continuons à les accompagner. Le fil rouge c'est en effet le maintien de la relation avec les salariés en télétravail, en congés ou en arrêt.
Les sites en secteurs ruraux ont ainsi redémarré plus facilement que les métropoles régionales comme le Grand Paris ou Aix-Marseille. Nous sommes montés à 58% d'activité et même plus pour les granulats. Notre objectif collectif est d'ouvrir 80% des sites d'ici à la fin du mois de mai. Cela ne signifiera pas retrouver un niveau de 80% de ventes, mais permettra d'accompagner la reprise sur le plan économique.
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