Dans les Pays de la Loire, les initiatives se multiplient pour accompagner la digitalisation du secteur du BTP, réputé pour être à la traîne. La crise sanitaire et les besoins initiés par la rénovation énergétique des bâtiments incitent petites et grandes entreprises à se faire accompagner pour se transformer et respecter les délais.Selon une étude de la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) Pays de la Loire, 63% des entreprises du bâtiment disposaient d'un site Internet en 2020 et 1 entreprise sur 2 d'une page google d'entreprise. Si l'équipement en smartphone a progressé, la digitalisation des entreprises du BTP est encore loin d'être entrée dans les mœurs. Signe plus inquiétant, le développement de sites Internet n'a quasiment pas bougé (+3 points) en cinq ans, alors que, selon une enquête OpinionWay, 77% des Français réservent en ligne dont 35% en dehors des heures d'ouverture.
Si un artisan sur deux estime le web indispensable pour être visible, l'autre moitié traîne les pieds. Cela peut-il être un frein à l'accélération de la rénovation énergétique des bâtiments ?
« Le constat, c'est que tout le monde est à la rue. Les filières ne sont pas prêtes. Les artisans sont crevés, leurs plannings sont bookés, ils commencent même à avoir des problèmes d'approvisionnement de matériaux, les clients sont de plus en plus exigeants.... Alors, il n'y aura pas d'accélération sans digitalisation. Mais, aujourd'hui, on leur demande d'accélérer alors qu'ils sont déjà à fond et qu'ils ne parviennent pas à recruter »,observe Yann Person, cofondateur de la startup EP, qui vient de lancer la plateforme Maxeem.
Un genre de super assistant pour les acteurs du BTP, qu'ils soient artisans, PME, courtiers ou industriels... Une énième plateforme, alors que, selon la Capeb, 75% déclarent ne pas avoir déployé d'outils numériques de travail pour leurs salariés et que 62% se disent non intéressés par l'outil de relation client déployé par la fédération nationale des artisans 360Travaux?
Maxeem veut devenir le Doctolib du BTP
« Lorsque qu'on leur dit qu'on va leur faire gagner du temps, les accompagner et leur faciliter la vie, ils nous écoutent et deviennent réceptifs. En France, on a de bons professionnels mais qui sont de piètres commerciaux. Par conséquent, le travail de Maxeem est de digitaliser le travail de ces gens-là, pour leur permettre de bien travailler et mieux. Le temps est un vrai frein à la digitalisation», précise le fondateur de Maxeem, qui ambitionne de devenir « le Doctolib du BTP ! ».
Pour cela, l'entreprise capitalise sur le savoir-faire d'EP dans la gestion des datas et le développement d'algorithmes qui lui avait notamment permis, en 2016, de créer le carnet de santé de la rénovation des bâtiments Izigloo, revendu depuis. Cette fois, EP vient d'investir cinq millions dans cette opération et dédie une équipe de vingt personnes pour accompagner, former et suivre les dossiers. L'algorithme réussira-t-il à convertir les réfractaires au digital?