Chris Viehbacher arrive à la tête de Sanofi-Aventis, la Bourse applaudit

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Le nouveau directeur général du groupe pharmaceutique prend ses fonctions ce lundi. Modèle de patron "à l'anglo-saxonne", Chris Viehbacher aura pour objectif de redynamiser le géant français du secteur. Le titre a gagné plus de 1,5% en séance, avant de finir en légère baisse dans un marché déprimé.

Sanofi-Aventis change de patron. Le nouveau directeur général du groupe pharmaceutique, Chris Viehbacher, prend ses fonctions ce lundi. Souvent décrit comme un "pur manager à l'anglo-saxonne", le nouveau dirigeant, 48 ans, jusqu'alors patron de la filiale nord-américaine du laboratoire britannique GSK, va remplacer Gérard Le Fur, 58 ans, qui sera finalement resté moins de deux ans au poste de directeur général de Sanofi. (Retrouvez le communiqué de Sanofi-Aventis sur cette nomination).

La Bourse salue cette arrivée ce lundi : Sanofi-Aventis a été pendant la séance la seule hausse du CAC 40, gagnant plus de 1,5%. Mais dans un marché en très forte baisse, le titre est finalement repassé dans le rouge pour clôturer en repli de 0,89% à 43,07 euros

Diplômé de la Queens University d'Ottawa au Canada, Chris Viehbacher est expert comptable de formation, avec une première expérience au sein du cabinet américain PriceWaterhouseCoopers. Mais il rejoint rapidement l'industrie pharmaceutique. En 1988, il entre chez le britannique GSK, GlaxoSmithkline, comme directeur financier de la filiale allemande. Il occupe ensuite des responsabilités au Canada et en Grande-Bretagne, avant de prendre la tête de la filiale française en 1995.  Chris Viehbacher conserve des neuf années passées en France "un attachement" au pays, qui lui a d'ailleurs remis la Légion d'Honneur en 2003.

L'arrivée du germano-canadien, parlant français, anglais et allemand, est très bien perçue par les analystes qui le juge comme l'homme de la situation. Sanofi-Aventis doit en effet faire face à un contexte de plus en plus difficile avec la concurrence des génériques, mais aussi des baisses de prix et des autorités sanitaires de plus en plus exigeantes sur l'innocuité des médicaments. Le groupe a par ailleurs subi un lourd revers avec l'arrêt de la commercialisation de son médicament anti-obésité Acomplia, censé devenir un blockbuster (médicament qui affiche un chiffre d'affaires annuel de plus d'un milliard de dollars).

L'objectif pour Chris Viehbacher, du haut de ses 20 ans d'expérience dans la pharmacie, sera donc de redynamiser ce géant mondial du secteur, faisant craindre aux salariés une vague de restructurations. Beaucoup  le surnomme déjà "smilling killer" ("tueur souriant") au regard de son profil invariablement souriant sur les photos.

En France, le groupe a déjà annoncé la suppression de 927 postes de visiteurs médicaux sur 3.432. Depuis janvier 2006, il a aussi réduit de 4.000 le nombre de salariés travaillant dans la production de médicaments en Amérique du Nord et en Europe. Dans le même temps, les effectifs augmentaient dans le reste du monde, pour atteindre plus de 24.000 personnes.

Dans un premier message aux salariés, Chris Viehbacher a donné les premières pistes de la stratégie qu'il compte mettre en place. Il mise en particulier sur des acquisitions et une intensification des partenariats scellés avec d'autres groupes pour redynamiser le laboratoire français. Le numéro quatre mondial de la pharmacie a aussi "particulièrement besoin de réfléchir à l'organisation et à la direction de (ses) équipes de R&D (recherche et développement, ndlr), aussi bien en pharmacie que dans les vaccins", estime le nouveau directeur général, selon la retranscription d'une vidéo mise en ligne lundi sur l'intranet du groupe.

Ces deux sujets font partie d'une liste de cinq points sur lesquels Chris  Viehbacher dit vouloir "insister" lorsqu'il rencontrera les salariés du groupe à partir de "début janvier". "Dans les prochaines années, nous lancerons des initiatives majeures pour assurer à Sanofi-Aventis une croissance soutenue à court et long termes", affirme-t-il.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Comment définir objectivement ce qu'est " un modèle de patron à l'anglo-saxonne" ??
N'est-ce pas un peu quelque part grâce à des "modèles" comme ceux-là que nous sommes complètement dans la m......?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Guignol nos sociétés et ses patrons!

Des véritables techniciens bas de gamme!!

Comment faire pour redresser une boite ? Mettre des gens dehors!!!

Il nous faut de nouveaux entrepreneurs intelligents et sociaux !

Quelle intelligence y a t il quand 5 milliards d'être humains sont pauvre et les autres dans les pays riches s?accroche péniblement à leur sécurité sociale ?

Utopique peut être mais il nous faut des vrais hommes d'affaires sociaux qui ont une vision de l'humanité et du travail !

Des vrais entrepreneurs sociaux !! Dehors les PDG comptables !!

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