Le gouvernement koweïtien renonce à sa coentreprise avec Dow Chemical

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Face à la fronde de ses députés, le gouvernement du Koweït a décidé d'annuler un projet de coentreprise de 7,5 milliards de dollars avec le groupe chimique américain. Un coup dur pour Dow Chemical, qui comptait sur le montant de cette alliance pour financer le rachat de son rival Rohm & Haas.

Coup dur pour Dow Chemical au Moyent-Orient. Le gouvernement koweïtien a en effet annulé dimanche un contrat d'association de 7,5 milliards de dollars avec le groupe chimique américain. L'accord, annoncé le 13 décembre 2007, devait donner naissance à une coentreprise K-Dow Petrochemicals, détenue à part égale entre l'entreprise publique koweïtienne Petrochemicals Industries (PIC) et Dow Chemical.

Cette coentreprise devait reprendre les activités de pétrochimie du groupe américain, soit 14 sites et un chiffre d'affaires total de 14 milliards de dollars. La contribution de Dow Chemical devait se faire sous la forme d'avoirs, d'usines et de centres de recherche dans de nombreux pays. Mais sur fond de crise financière internationale, les élus koweïtiens ont vite estimé que leur pays aurait été lésé, l'action du groupe américain ayant perdu plus de la moitié de sa valeur en un an.

Plusieurs députés ont ainsi menacé d'interpeller le gouvernement en séance si le contrat n'était pas annulé d'ici au 1er janvier, date de son entrée en vigueur. Au delà, le Koweit risquait de devoir payer jusqu'à 2,5 milliards de dollars de pénalités. L'affaire risquait même de plonger le pays dans une nouvelle crise politique, le Premier ministre cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad Al-Sabah ayant démissionné à la suite d'une menace similaire le mois dernier avant d'être chargé par l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, de former un nouveau gouvernement.

De son côté, Dow Chemical a réagi par voie de communiqué se disant "extrêmement déçu par cette décision du gouvernement du Koweit" et précisant être "engagé dans l'évaluation de ses options conformément à l'accord de formation d'une co-entreprise". "Même si nous sommes déçus par cette issue, Dow reste fidèle à sa stratégie au Moyen-Orient", a ajouté le groupe.

Il n'en reste pas moins que l'annulation de ce contrat pose de sérieuses difficultés au géant de la chimie, déjà engagé dans un vaste plan de restructuration. Dow Chemical comptait en effet sur le montant de la transaction pour financer le rachat de son rival Rohm & Haas, annoncé en juillet dernier et évalué à 15,3 milliards de dollars.

Dans un communiqué séparé, Rohm & Haas a néanmoins fait savoir que l'annulation du contrat avec le Koweït n'était pas une condition pour mettre fin au rachat par Dow Chemical. Le groupe chimique assure continuer à travailler pour finaliser l'opération en 2009.

A la Bourse de New York, les deux titres ont été sanctionnés par les investisseurs. Dow Chemical a plongé de 17,19% à 15,32 dollars et Rohm & Haas a chuté de 16,08% à 53,34 dollars.

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