Le médicament Mediator a fait plus de 500 morts en France

Commercialisé depuis trente ans, l'antidiabètique Mediator, retiré du marché en 2009, est à l'origine de plus de 500 français. Ce médicament a également été prescrit pour des problèmes de surcharge pondérale. Pour ceux qui ont eu un traitement de plus de trois mois, il est conseillé de voir un médecin selon l'Afssaps.
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Le médicament anti-diabète Mediator, interdit depuis un an, a provoqué la mort de plus de 500 personnes en France, selon une étude de l'assurance-maladie révélée lundi par plusieurs médias. Ce chiffre confirme les résultats d'une étude universitaire publiée en juin, qui donnait une fourchette de 500 à 1.000 décès.

La nouvelle enquête de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a été présentée lundi devant l'Agence française de sécurité sanitaire des produits français (Afssaps), qui doit la rendre publique mardi. D'ailleurs cette agence demande à ceux qui ont eu un traitement de plus de trois mois de consulter un médecin selon l'Afssaps.

Selon la Cnam, entre 1976 et 2009, 500 personnes au minimum sont décédées mortes des suites d'atteintes cardiaques graves - des valvulopathies - après avoir pris du Mediator, fabriqué par les laboratoires Servier. Plus de 3.500 auraient également été hospitalisées pour des lésions cardiaques.

Devant ces estimations, l'Afssaps pourrait demander aux médecins de rappeler leurs patients ayant pris du Mediator pour les soumettre à un examen cardiaque.

Le Mediator, dont le principe actif est le benfluorex, a également été prescrit à des patients en surcharge pondérale pour ses facultés amaigrissantes, ce qui a donné lieu à plusieurs alertes de la part de l'Afssaps.

Il a été retiré du marché en novembre 2009 en raison des effets secondaires et n'était plus distribué qu'en France depuis 1996. L'Afssaps estime qu'entre 1,5 et 2 millions de patients ont été exposés à Mediator en France et que 20% des prescriptions étaient sans rapport avec la lutte contre le diabète.

Xavier Bertrant, nouveau ministre de la Santé a indiqué lund soir qu'il était "préoccupé par ce dossier" en précisant qu'il "a demandé à voir dans la matinée le patron de l'Afssaps". Il demande notamment à l'agence des produits de santé de "lui faire le point sur la situation".