Virbac à l'affût de nouvelles acquisitions en 2011

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Après une croissance record des ventes en 2010, le laboratoire vétérinaire familial envisage de nouvelles emplettes dans les pays émergents, notamment en Chine. Il espère aussi mettre la main sur une partie des actifs que doit céder Merial à la suite de sa fusion avec Intervet/Schering-Plough.

Virbac se veut optimiste. Le laboratoire vétérinaire vise une croissance interne de 5 à 7 % de ses ventes cette année, après une hausse de 10,8 % en 2010, à 572,8 millions d'euros. La marge opérationnelle récurrente devrait augmenter de 0,5 point, après avoir atteint 13,6 % l'an dernier.

En données publiées, le chiffre d'affaires a même crû de près de 23 %, grâce à des taux de change favorables mais aussi à l'acquisition en Australie des 27 millions d'euros du portefeuille de produits de Fort Dodge, la division vétérinaire de Wyeth, après son rachat par Pfizer en 2009. "Cette opération n'était pas stratégique à l'échelle du groupe mais nous a permis de doubler de taille en Australie" indique Eric Marée, président du directoire du huitième laboratoire vétérinaire mondial.

Cette année, Virbac, détenu à 48 % par la famille du navigateur Jean-Pierre Dick, entend continuer sur sa lancée. Le labo compte notamment se renforcer dans les produits pour animaux de production dans les pays émergents. Après une petite acquisition en Colombie le mois dernier (5 milions d'euros de ventes), le groupe étudie deux projets de coentreprise en Chine, un pays où le marché est encore très fragmenté. "Les laboratoires occidentaux ne totalisent que 170 millions d'euros de chiffre d'affaires dans un marché chinois estimé à un milliard" indique Eric Marée.

Mais la grosse emplette du groupe pourrait provenir des désinvestissements demandés à Merial/Intervet par les autorités de la concurrence. Après la fusion des divisions vétérinaires de Sanofi-Aventis et de Merck/Schering-Plough, quelque 500 millions de dollars devraient être cédés par le nouvel ensemble. "Il s'agit à 90% de vaccins, un domaine qui nous intéresse particulièrement" précise Eric marée. Pour l'heure, plusieurs grands labos sont sur les rangs (Novartis, Bayer, Boehringer Ingelheim, Lilly) mais l'opération a été reportée au troisième trimestre 2011, a indiqué récemment Merck. "Les autorités de la concurrence n'étaient apparemment pas satisfaites des lots. Elles souhaitent vérifier que ni le vendeur, ni l'acheteur ne se retrouvera en position de force une fois l'opération réalisée" détaille le dirigeant.

Dans ce cadre, Virbac se verrait bien mettre la main sur des activités de vaccins aux Etats-Unis, un segment où il n'est pas encore présent, ainsi que sur des produits pharmaceutiques des deux côtés de l'Atlantique. Pour cela, il dispose d'une ligne de crédit de 250 millions d'euros, d'autant plus "extensible" que son endettement net est passé de 33,8 millions d'euros en 2009 à 3,1 millions l'an dernier.

Le groupe n'en oublie pas pour autant la croissance interne en 2011, avec un vaccin canin contre la leishmaniose et le développement aux Etats-Unis de sa marque Effipro, un antiparasitaire concurrent du blockbuster de Merial, le Frontline.

Le marché vétérinaire est de plus en plus convoité par les grands groupes pharmaceutiques en mal de relais de croissance, car il est moins soumis aux génériques et aux pressions règlementaires. Conséquence: les prix d'achat de sociétés s'envolent . "Ils peuvent atteindre jusqu'à trois fois les ventes" souligne Eric Marée. Le marché, qui ne représente que 2 % du marché pharmaceutique humain (19 milliards de dollars), n'en demeure pas moins attractif : il a crû de 4 à 4,5 % en 2010 contre 1 à 2 % seulement pour la pharmacie traditionnelle.

Audrey Tonnelier

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