Venu à la fabrication de gel hydroalcoolique au début de la crise sanitaire, le fabricant d’e-liquide pour les cigarettes électroniques, Lips France, a transformé cet élan en une ambitieuse diversification vers les marchés de l’hygiène et des cosmétiques.« Notre métier, c'est la réduction des risques... », conceptualise Cedric Merino-Riocher, co-fondateur du laboratoire Lips France, entré dans l'univers des biocides (produits chimiques destinés à lutter contre les organismes nuisibles à l'homme) au début de la pandémie. Deux ans plus tard, la jeune entreprise nantaise (7 millions d'euros de chiffres d'affaires), spécialisée dans la fabrication de e-liquides, s'ouvre les portes du marché de l'hygiène et de la cosmétique. Elle projette d'investir, d'ici à deux ans, 5 à 6 millions d'euros dans une unité de fabrication et un centre de R&D de 8000 m².
« Il y a deux ans, nous avons fortement ralenti la production de e-liquides pour nous consacrer à la production de gel hydroalcoolique et répondre à la demande urgente de la population et de centres hospitaliers, où comme à Saint-Nazaire, on ne disposait que de quatre heures de stocks. Finalement, pour nous, à l'exception des approvisionnements compliqués de matières premières, il s'agissait de mettre du liquide dans des bouteilles !», rappelle Cedric Merino-Riocher.
Les experts en chimie de l'entreprise ont été mis à contribution pour finaliser les formulations. Plus d'un million de flacons de gel ont ainsi été produits. L'entreprise, basée à Saint-Julien de Concelles, près de Nantes, qui s'était jusque-là focalisée sur la vape ou, dit-elle, « la réduction des risques pour les fumeurs » va saisir la balle au bond.
Un investissement de deux millions d'euros
« Notre objectif demeure toujours de convertir des fumeurs en vapoteurs et d'accompagner les vapoteurs à devenir des non-vapoteurs... », assure-t-il. « Chaque année 75.000 fumeurs meurt du tabac, c'est moitié moins que les morts de la Covid, mais on en parle très peu. Le développement de produits virucides, bactéricides et fongicides s'inscrivait dans notre ADN de réduction des risques pour les personnes », argumente le dirigeant de Lips France.