Empreinte carbone: à Evreux, GSK passe la Ventoline au vert
Nathalie Jourdan
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Le projet dit de "green ventoline" devrait diviser par dix l'impact carbone des inhalateurs.
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Le projet dit de "green ventoline" devrait diviser par dix l'impact carbone des inhalateurs.
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Qui ne connaît pas la Ventoline ? Quasiment devenu un nom générique depuis son lancement au début des années 1970, c'est LE médicament superstar de la big pharma britannique GSK. Il s'en pulvérise chaque minute 40.000 bouffées à travers la planète. La médaille a son revers. S'il est réputé souverain contre les crises d'asthme, l'aérosol est aussi un polluant important, responsable de l'émission de quelque neuf millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère chaque année. «Nous nous sommes aperçus qu'il représentait la moitié de l'empreinte carbone du groupe », détaille Carole Doré, directrice des affaires économiques de GSK France. Un passif incompatible avec la neutralité à laquelle le laboratoire prétend à horizon 2030.
En cause, la composition du gaz (du tetrafluoroéthane) qui envoie la molécule dans les poumons. GSK pensait pourtant avoir trouvé la martingale. Dans les années 1990, cet hydrocarbure avait déjà évincé le très toxique CFC, proscrit après que les scientifiques avaient démontré qu'il creusait irrémédiablement le « trou » dans la couche d'ozone. Trente ans plus tard, la multinationale se prépare donc à modifier à nouveau la composition de son gaz propulseur, voué à être remplacé par le difluoroéthane moins chargé en atomes de fluor mais surtout infiniment moins émetteur. « L'impact CO2 de chaque cartouche de gaz sera divisé par dix et l'empreinte du groupe réduite de moitié », assure Jérôme Lepage, chef de projet.
Le développement du futur inhalateur a été confié au site historique d'Evreux dans l'Eure (1100 salariés), l'un des berceaux industriels de la Ventoline dont il est le premier fabricant mondial avec plus de 100 millions d'unités produites par an (exportées dans 180 pays). Ses équipes ont mis au point une première ligne pilote qui préfigure l'industrialisation à grande échelle de la version « bas carbone » de l'aérosol attendue dans les pharmacies en 2025. « L'investissement global du groupe et de ses partenaires oscillera entre 300 et 400 millions d'euros », indique Philippe Doucet, directeur de l'usine. Mais cette grosse injection de capitaux bénéficiera t-elle à la France ? Difficile d'en être certain.
Nathalie Jourdan