En Normandie, Hervé Morin repêche les naufragés du plan de relance

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Le fabricant des cahiers Oxford a bénéficié du mécanisme de rattrapage proposé par la Région.
Le fabricant des cahiers Oxford a bénéficié du mécanisme de rattrapage proposé par la Région. (Crédits : Hamelin)
Sorties par la porte, elles reviennent par la fenêtre. Le président de la Région Normandie a décidé de voler au secours des entreprises recalées par Bercy à l’issue de l’appel à projets ciblant les territoires d’industrie.

Il n'y a pas qu'au bac que les candidats ont droit à une session de rattrapage. La Région Normandie, qui se revendique « industry friendly », a décidé d'offrir une seconde chance aux PME et ETI du secteur manufacturier déboutées du plan de Relance. Sont concernées toutes celles dont la demande de soutien au titre du « fonds d'accélération des investissements industriels dans les territoires » n'a pas trouvé grâce aux yeux du ministère de l'économie.

Le dispositif imaginé par la Région est un peu moins généreux que celui mis en place par  l'Etat au profit des territoires d'industrie. Comme ce dernier, il pourra financer jusqu'à 30% des investissements productifs, mais seule la moitié sera attribuée sous la forme d'une subvention; le reste l'étant par l'intermédiaire d'un prêt à taux zéro remboursable en sept ans. Objectif : ne pas laisser les entreprises sans solution.

« Dans la première région industrielle de France (21% du PIB ndlr), nous avons besoin que les PME et les ETI continuent de se moderniser, d'où ce mécanisme complémentaire aux appels à projets nationaux » justifie Hervé Morin. Ledit mécanisme a d'ailleurs été accueilli très favorablement par les principaux intéressés. « Il a fait l'unanimité auprès des trente-cinq recalés le soir où le président nous a réunis », raconte l'un d'eux. Les entreprises ayant déjà soumis leur dossier au comité de suivi du plan de relance, l'instruction n'a pas traîné.

"Une très bonne surprise"

Un premier train d'une petite trentaine d'entreprises est déjà assuré de bénéficier de ce nouveau dispositif. Parmi elles, le papetier caennais Hamelin, fabricant des cahiers Oxford et leader européen des fournitures scolaires et de bureau. Le groupe multiséculaire a obtenu un co-financement pour l'acquisition d'une presse offset de grande dimension qui permettra de rapatrier en Normandie l'impression et le découpage des couvertures de cahiers aujourd'hui sous-traités hors de France.

« C'est un projet d'un montant de cinq millions d'euros que nous mûrissions depuis plusieurs années. Sans ce coup de pouce, nous l'aurions certainement encore repoussé de deux ou trois ans du fait de la crise » se félicite Eric Joan, son PDG.

Même tonalité chez S2M, filiale du leader mondial des paliers magnétiques SKF, installée dans la banlieue de Vernon, elle aussi candidate malheureuse à l'appel à projet de l'Etat. « J'ai présenté un dossier solide qui n'a malheureusement pas été retenu pour une raison que j'ignore. Après la déception, cette possibilité de rattrapage a donc été une très bonne surprise » commente Frédéric Ponson, son directeur général, qui se prépare à investir 3,5 millions d'euros pour moderniser et digitaliser son outil de production. « Même si la contribution de la Région est un peu moindre, c'est le même projet avec la même enveloppe que celle soumise dans le cadre du plan de relance » précise t-il.

De son côté, Hervé Morin assure que cette solution de repêchage sera reconduite au profit des recalés du second appel d'offres « Territoires d'industrie » auquel prétend une cinquantaine d'entreprises normandes et dont les résultats sont attendus dans les tous prochains jours. De quoi rassurer les candidats dans la dernière ligne droite.

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