BP : la recherche d'économies serait à l'origine de la marée noire
latribune.fr avec Reuters
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La compagnie pétrolière BP et ses partenaires ont pris des mesures d'économie qui ont débouché sur la marée noire survenue au printemps dans le golfe du Mexique, a déclaré mercredi soir la commission d'enquête formée par la Maison blanche.
Dans son rapport final sur les causes de cette marée noire, la pire jamais survenue aux Etats-Unis, la commission considère que BP et ses partenaires travaillant sur le puits Macondo ne disposaient pas des outils nécessaires pour garantir la sécurité de leurs opérations sur le site de forage, dont l'explosion le 20 avril a provoqué la fuite de pétrole.
"Que cela soit intentionnelle ou non, nombre des décisions prises par BP, Halliburton et Transocean ayant accru le risque d'explosion du Macondo ont à l'évidence permis à ces sociétés d'économiser beaucoup de temps (et d'argent)", est-il écrit dans le rapport.
Mise en place par le président Barack Obama en pleine catastrophe, la commission est le premier groupe validé par l'administration à remettre ses conclusions sur les causes de la marée noire.
La commission elle-même n'a pas l'autorité nécessaire pour poursuivre les compagnies impliquées dans le désastre, mais ses conclusions pourraient être utilisées dans des procédures judiciaires. Elles permettront également de définir l'avenir des forages en mer.
Le rapport contredit en partie un bilan à mi-étape diffusé en novembre, qui soulignait n'avoir aucun élément démontrant que le personnel travaillant sur le chantier du puits Macondo avait réduit les coûts. La commission, mise en cause à l'époque, avait alors noté que cela ne signifiait pas que les entreprises liées au projet n'ont jamais sacrifié la sécurité sur l'autel du profit financier.
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Un tableau reproduit dans le rapport recense les décisions prises pendant le forage qui ont permis de gagner du temps, et donc de l'argent.
Défaut de contrôle
La commission impute l'accident à une gestion défaillante et insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un incident isolé. "Les cause profondes sont systémiques et, à moins d'une réforme significative tant pour ce qui est des pratiques du secteur que des politiques gouvernementales, cela pourrait bien se reproduire", écrivent les membres de la commission.
Dans le détail, la compagnie pétrolière BP se voit reprocher l'"erreur fondamentale" de ne pas avoir vérifié la stabilité des travaux de cimenterie qui devait contenir le flot de pétrole et de gaz naturel dans le puits.
Dans un communiqué, la compagnie pétrolière réitère son soutien aux travaux de la commission pour déterminer les causes de l'accident. "BP travaille avec les instances de régulation et le secteur pour faire en sorte que les enseignements tirés de Macondo mènent à des améliorations des activités dans le forage en eau profonde", ajoute-t-elle.
La société de services pétroliers Halliburton est mise en cause elle pour les travaux de cimenterie. La compagnie a contesté ces accusations, affirmant qu'elle disposait de tests probants sur la stabilité du ciment avant de travailler sur le puits Macondo. La commission, ajoute-t-elle dans un communiqué, "a omis de manière sélective des informations que nous lui avions communiqué".
BP et Transocean, propriétaire et opérateur du puits Deepwater Horizon, ne disposaient pas de procédures internes pour interpréter les tests de pression dans le puits, que le personnel en place sur la plate-forme a mal lus.
En outre, Transocean n'a pas communiqué à ses équipes les enseignements tirés d'un incident similaire survenu quatre mois plus tôt sur une de ses plate-formes de forage en mer du Nord.
La société a réagi en affirmant que ses équipes étaient "bien formées" et comptaient parmi les meilleures de ce secteur d'activité. Elle ajoute que, conformément aux règles en vigueur, les procédures finales sur la plate-forme étaient dirigées par des ingénieurs de BP. "Sur la base des informations limitées qu'on leur avait communiqué, les équipes de Transocean ont mis en oeuvre des actions appropriées pour contrôler le puits", a dit un porte-parole de Transocean.
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La commission relève par ailleurs que les autorités publiques de régulation n'avaient ni les ressources, ni l'expertise ni l'autorité suffisantes pour empêcher les erreurs qui ont conduit à l'accident.
Depuis la marée noire, l'administration Obama a restructuré l'organisme fédéral de régulation des forages en mer et adopté une série de nouvelles règles visant à renforcer le contrôle public.
latribune.fr avec Reuters
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