Nouveau délai pour les candidats à la reprise de Petroplus Petit-Couronne

La remise des offres pour une reprise de Petroplus à Petit-Couronne a été repoussée au 30 avril. Cinq candidats ont confirmé un intérêt.

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La société PRPC (Petroplus Raffinage Petit-Couronne), en redressement judiciaire depuis le 25 janvier dernier, a indiqué jeudi dans un communiqué, que "les administrateurs judiciaires ont été saisis, dans les dernières semaines, de marques d'intérêt nouvelles de la part d'investisseurs potentiels". Ainsi, 14 sociétés ont consulté l'ensemble des informations mises à la disposition des candidats à la reprise et cinq d'entre elles, dont le groupe suisse Klesch, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté, ont confirmé leur intérêt pour cette raffinerie, qui emploie 550 personnes. Klesch, qui n'a pas fait évoluer son offre, prévoit de conserver 410 emplois et s'engage sur cinq ans afin de ramener la raffinerie normande à la rentabilité via des investissements de 160 millions d'euros.

Le délai imparti, fixé au 5 avril au soir, "n'ayant pas permis de retenir d'offre recevable et conforme aux exigences légales, et à la demande de certains candidats", il a été décidé de proroger au lundi 30 avril, la date limite pour la remise des offres. "Ceci afin de donner ses meilleures chances à la possibilité d'une reprise, sur la base d'un projet industriel pertinent, financé, et porteur de garanties en termes de préservation des emplois", a précisé le communiqué de Petroplus. La remise des offres avait déjà été repoussée, elle avait été initialement fixée au 15 mars.

Par ailleurs, "conformément aux engagements pris dans le contrat de processing avec la société Shell", les travaux de remise en service des unités de raffinage ont été lancés, devant permettre à la raffinerie de redémarrer dans le courant de la deuxième quinzaine de mai. Le géant pétrolier néerlando-britannique s'est engagé à fournir pendant six mois du brut à la raffinerie, en payer la transformation et en récupérer les produits finis. L'Etat et Shell ont débloqué 50 millions d'euros pour la remise en état de la raffinerie.

Un groupe en déconfiture

Après des semaines de déboires financiers, le groupe helvétique, confronté à une dette de 1,75 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros) avait annoncé le 24 janvier dernier qu'il se trouvait en défaut de paiement et se dirigeait vers la faillite, en raison de l'échec des négociations avec ses créanciers. Petroplus, dont la holding se trouve dans le canton de Zoug près de Zurich et qui employait 2.500 personnes en Europe, compte au total cinq raffineries en Europe, pour lesquelles courent des procédures d'insolvabilité séparées, sur fond de crise structurelle du raffinage européen.

Petroplus a obtenu fin mars du tribunal de Zoug, canton suisse où siège le groupe, plus de temps, soit un prolongement du sursis concordataire dont il bénéficiait depuis le début de l'année et qui expirait le 27 mars, pour offrir une perspective à la société. Les commissaires provisoires en charge de la société ont ainsi désormais jusqu'au 27 septembre prochain pour s'atteler à la tâche. En outre, L'exploitant de raffineries suisse Petroplus a demandé le retrait de la cote de ses actions et de ses obligations convertibles, le dernier jour de négoce étant prévu pour le 11 mai 2012.

Cinq raffineries à acheter

Outre celle de Petit-Couronne, Petroplus possédait des raffineries à Anvers (Belgique), Cressier (Suisse), Coryton (Grande-Bretagne) et Ingolstadt (Allemagne). La société de courtage d'hydrocarbures Gunvor, co-détenue par l'homme d'affaires russe Guennadi Timtchenko, avait annoncé début mars sa volonté de racheter celle d'Anvers. Début février, le fonds d'investissement Goldsmith Group, dirigé par l'Allemand Clemens Vedder, avait annoncé son intérêt pour ces cinq raffineries. Le groupe d'investissement suisse Klesch avait aussi exprimé son intérêt pour trois raffineries du groupe en France, en Angleterre et en Allemagne.

En suisse, les commissaires provisoires en charge de la raffinerie de Petroplus Cressier ont obtenu fin mars un sursis définitif de six mois, ce qui lui donne plus de temps pour offrir une perspective à la raffinerie et à ses employés.

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