Nucléaire : le Japon se donne 30 ans pour arrêter ses centrales

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Centrale nucléaire d'Ohi, au Japon. Le Japon a annoncé jeudi un plan de sortie du nucléaire à l'horizon des années 2030, marquant un virage à 180° par rapport à la politique établie avant la catastrophe de Fukushima, provoquée par le séisme et le tsunami de mars 2011 - Copyright Reuters
Centrale nucléaire d'Ohi, au Japon. Le Japon a annoncé jeudi un plan de sortie du nucléaire à l'horizon des années 2030, marquant un virage à 180° par rapport à la politique établie avant la catastrophe de Fukushima, provoquée par le séisme et le tsunami de mars 2011 - Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Un an et demi après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement japonais a annoncé vendredi l'arrêt progressif de la production nucléaire d'ici à fin des années 2030. Le pays du Soleil levant rejoint ainsi l'Allemagne et la Suisse, qui ont eux aussi décidé de stopper leurs centrales.

La plus grosse catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl aura finalement poussé la troisième puissance mondiale à tirer un trait sur cette source d'énergie. Un an et demi après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement japonais a en effet annoncé vendredi l'arrêt progressif de sa production d'électricité issue du nucléaire sur 30 ans. Le Japon devient ainsi le troisième pays, après l'Allemagne et la Suisse, à faire part de son intention de stopper ses réacteurs depuis l'accident survenu le 11 mars 2011.

"Le gouvernement va instaurer toutes les mesures possibles pour amener la production nucléaire à zéro pendant les années 2030", a énoncé le gouvernement dans un document consacré au nouveau plan énergétique à établir pour tirer les conséquences de la catastrophe. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement s'est ainsi engagé à ne plus construire de centrale nucléaire et de respecter une limite de 40 ans de durée d'utilisation des réacteurs existants.

Virage à 180°

Le Japon opère donc un virage à 180° par rapport à la politique établie avant la catastrophe de Fukushima. La production nucléaire représentait alors 30% de la consommation d'électricité et les autorités envisageaient de porter cette part à plus de 50% d'ici à... 2030. Toutefois, le Japon a déjà considérablement réduit sa dépendance au nucléaire: seuls 2 de ses 50 réacteurs sont actuellement en activité. Les 48 autres sont arrêtés, soit à cause d'un séisme soit en raison des mesures de sécurité supplémentaires exigées par les autorités après l'accident.

Cependant, cette réduction massive de la production d'électricité issue du nucléaire n'est pas sans conséquence sur l'économie japonaise. Pour compenser le manque énergétique, les centrales thermiques tournent en effet à plein régime ce qui a entraîné une forte hausse des importations d'hydrocarbures. Résultat: une balance commerciale est dans le rouge. Au mois de juillet, les achats de gaz liquéfié ont ainsi grimpé de 25% sur un an.

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Commentaires
a écrit le 18/09/2012 à 0:43 :
En ce moment c'est la série des bonnes nouvelles pour le lobby nucléaire: bientôt 22 réacteurs fermés pour cause de fissures ? http://www.rtbf.be/video/v_l-etat-de-tihange-2-et-ses-consequences?id=1758885&category=info
a écrit le 17/09/2012 à 9:50 :
Je comprends l'opposition des anti-nucléaire à la recherche sur la fusion nucléaire. Néanmoins, sachant qu'1 m3 d'eau de mer peut potentiellement fournir autant d'énergie que la combustion de 700 tonnes de pétrole, je comprends que certaines nations investissent dans ce projet qui, comme la fission, sera maîtrisée à terme sans aucun doute.
a écrit le 14/09/2012 à 17:19 :
Il ne faut oublier que la fusion nucléaire sera probablement maîtrisée d'ici 40 ans. Comme beaucoup de grandes puissances, le Japon investit dans le réacteur de recherche ITER de Cadarache. Je suis persuadé que les japonais envisagent de se tourner eux aussi vers cette future source d'énergie.
Réponse de le 14/09/2012 à 18:42 :
Une bonne incantation y'a rien de tel pour garder espoir. Déjà y'a 30 ans on nous promettait l'avènement des sur-générateurs...maintenant faudrait qu'on patiente encore 40 ans pour voir l'achèvement de la chimère technologique ITER, arretez de prendre les gens pour des grenouilles !
Réponse de le 15/09/2012 à 9:43 :
Les surgénérateurs ? Mais ils fonctionnent ! Ne savez-vous pas que les indiens vont lancer leur parc de 4ième génération à l'horizon 2030 ?
Réponse de le 15/09/2012 à 13:54 :
Popop, vous nous donnez un bel exemple de ce qu'on appel "le temps réel nucléaire": quelque chose qui fonctionne sera en marche (peut être ) en 2030...et allez quand même allumer un cierge à Lourdes pour qu'ils respectent l'échéance !
Réponse de le 15/09/2012 à 18:39 :
Yan13, pas besoin d'allumer un cierge, 18 ans pour développer un parc nucléaire est déjà un temps extrêmement court. Allez sur le site de la DOE indienne, vous trouverez y toutes les informations. Idem pour le Japon : le JAEA a quelques projets Gen IV dans les tiroirs... Au fait, vous qui êtes un pro-solaire, vous critiquez un temps de 18 ans pour créer une filière nucléaire de 4ième génération, mais vous ne trouvez rien à redire au projet solaire européen dans le Sahara pour 2050 ? Deux poids, deux mesures ?
Réponse de le 18/09/2012 à 11:26 :
Le gros avantage des énergies renouvelables c'est qu'elles sont faciles à implanter, modulaires, décentralisées et surtout pacifiques donc exportables dans des pays peu démocratiques ou le développement du nucléaire poserai problème. Le projet Desertec en est une parfaite illustration, il a déjà commencé dans plusieurs pays: au Maroc: http://www.zegreenweb.com/sinformer/energie-solaire-les-travaux-du-projet-desertec-demarreront-lannee-prochaine-au-maroc,43718 en Tunisie: http://www.agenceecofin.com/solaire/2701-3106-desertec-soutiendra-un-gigantesque-projet-solaire-en-tunisie en Algérie: http://www.liberte-algerie.com/actualite/energies-renouvelables-un-projet-a-l-etude-en-algerie-desertec-180639
a écrit le 14/09/2012 à 17:10 :
juste une chose, je suis d'accord sur l'impact ecologique pas de soucis, mais le voltaique licencie à tour de bra, l'éolienne ne suffira pas à pallier les besoins fournis par le nucléaire, l'allemagne déjà très demandeuse le sera de plus en plus, sans compter l'augmentation du prix du gaz, du pétrole ...qui polluent tout autant que le nucléaire voir plus, sans compter que la demande en électricité va exploser avec les nouveaux produit hi-techs de plus en plus gourmand en énergie, les voitures électriques qui débarquent, les maisons qui se reconvertissent de plus en plus au chauffage électrique... Comment va t'on payer une facture 3 à 4 fois plus chères comme dans d'autres pays qui n'ont pas le nucléaire ? les écolo vous ne répondez pas à cette question.
a écrit le 14/09/2012 à 14:08 :
Le Japonais vont prouver au monde antier qu'on peut se passer du nucleaire ET reduire le petrole-gaz, tout n'est question que d'une decennie d'investissement : eolien en mer, a terre et photovoltaique vont permettre cette transition.
a écrit le 14/09/2012 à 13:38 :
Enfin des bonnes nouvelles dans ce monde drogué au pétrole, nucléaire et consumérisme ! Les modes d'emplois pour une Transition Energétique réussie sont ici:
www.negawatt.org
www.transitionfrance.fr
a écrit le 14/09/2012 à 12:01 :
Ok, il vont installer quoi a la place ? Quel sera l'impact ecologique des nouvelles installations?

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