Le pétrolier vénézuélien PDVSA veut vendre sa filiale Citgo

L'une des plus importantes compagnies pétrolières au monde a lancé un appel à candidature pour le rachat de sa filiale américaine Citgo Petroleum. Les offres devront être présentées d'ici fin septembre. L'opération pourrait représenter jusqu'à 10 milliards de dollars (7,73 milliards d'euros).
Avec ses trois raffineries dans l'Illinois, la Louisiane et le Texas, d'une capacité totale de 749 000 barils par jour, la vente de la filiale américaine Citgo représenterait jusqu'à 10 milliards de dollars. (Reuters)
Avec ses trois raffineries dans l'Illinois, la Louisiane et le Texas, d'une capacité totale de 749 000 barils par jour, la vente de la filiale américaine Citgo représenterait jusqu'à 10 milliards de dollars. (Reuters) (Crédits : Reuters)

Le Venezuela se résoudrait-il à la privatisation pour renflouer ses caisses? Face à un déficit budgétaire qui se creuse, l'option ne serait plus tabou pour le président Nicolas Maduro, pourtant partisan de la vague de nationalisation de 2006 et 2007. Des analystes cités par le New York Times avancent également que le choix de cette cession serait appuyé par les dettes importantes accumulées envers Pékin.

Une filiale qui peut rapporter gros

Avec ses trois raffineries dans l'Illinois, la Louisiane et le Texas, d'une capacité totale de 749 000 barils par jour, la vente de la filiale américaine Citgo permettrait en effet de rapporter jusqu'à 10 milliards de dollars à l'Etat. Sans compter les milliers de stations essences que compte la marque sur le territoire américain.

Selon les sources proches du dossier citées par le New York Times, les actifs mis en vente dégageraient chaque année un Ebitda ("earnings before interest, taxes, depreciation and amortization") de 1,5 milliard de dollars (1,16 milliard d'euros).

Des propositions attendues avant septembre

Le processus est déjà enclenché. La banque d'investissement Lazard, qui dirige les cessions, a envoyé les documents pour le dépôt d'offres préliminaires aux candidats potentiels. Ils ont jusqu'à la fin septembre pour se manifester. Les enchérisseurs peuvent faire des propositions pour des actifs individuels comme les raffineries ou les entrepôts.

L'ancien ministre vénézuélien du pétrole Rafael Ramirez, passé aux Affaires étrangères, s'est employé à accélérer cette mise en vente, précisant que "le pays souhaitait se séparer de Citgo dès que des propositions servant nos intérêts seront connues".

Le ministre pourrait miser notamment sur des entreprises telles HollyFrontier Corp, Valero Energy Corp, Western Refining Inc, Tesoro Corp ou PBF Energy Inc pour formuler des propositions intéressantes.

Le risque d'une "entité privée surpuissante"

Mais la décision de mettre en vente Citgo ne fait pas l'unanimité au sein du pays, dont beaucoup d'habitants considèrent les entreprises publiques comme un patrimoine national. L'éditorialiste vénézuélien Teodoro Petkoff cité dans Courrier International, agite notamment le risque de voir émerger une entité "surpuissante" au main du privé, "un Etat dans l'Etat, qui pourrait compromettre jusqu'à la souveraineté nationale". Il appelle ainsi Nicolas Maduro à organiser un référendum sur la question, "l'intérêt national étant en jeu".

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Commentaires 4
à écrit le 11/09/2014 à 11:49
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Jean-Luc Mélenchon porte depuis des années dans son cœur le leader controversé du Venezuela. Pour lui, Hugo Chavez incarne l'espoir d'un nouveau socialisme. "Il admirait son mouvement politique, le caractère extrêmement subversif et efficace de la po...

à écrit le 11/09/2014 à 9:58
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Sur un autre point de l'article : "Le Venezuela se résoudrait-il à la privatisation pour renflouer ses caisses ?", la corruption est tellment énorme au Venezuela, que ce que craignent les Vénézueliens, ce n'est pas tant la vente d'un bien d'état, mai...

à écrit le 11/09/2014 à 9:51
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Il ne faut pas oublier que la justice américaine est en embuscade sur le sujet et attend que l'intention de vente se précise pour lancer des actions visant à récupérer les pertes de sociétés américaines dans les nationalisations sauvages au Venezuela...

à écrit le 11/09/2014 à 9:17
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ahahah! tres drole! ils mettent tt le monde dehors, nationalisent tout en rachetant a vil prix sous la contrainte, puis se retrouvent dans la panade et reviennent la bouche en coeur trouver des gogos qui ne manqueront pas de se faire nationaliser!!! ...

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