EDF: Le Maire a déjà eu de « longues discussions » avec la Commission européenne
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GONZALO FUENTES
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C'est l'annonce économico-politique de la semaine: la renationalisation d'EDF. Lors de son discours de politique générale le 6 juillet, la Première ministre a confirmé « l'intention de l'Etat de détenir 100% du capital d'EDF ».
L'objectif du gouvernement est clair: pouvoir entamer plus sereinement les discussions avec la Commission européenne, qui sera intransigeante sur le respect des règles de la concurrence, et donc très à cheval sur la régulation du nucléaire. Lors des Rencontres économiques d'Aix 2022, le ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle a rapporté, à quelques journalistes, avoir « eu de longues discussions avec (la commissaire à la Concurrence) Margrethe Vestager sur ce sujet, donc nous reprendrons nos très longues discussions ».
La nationalisation de l'énergéticien doit permettre d'agir plus vite face à une crise énergétique qui va être un « problème considérable », la coupure des approvisionnements de gaz russe étant « l'option la plus probable », a ajouté Bruno Le Maire cité par l'AFP.
La montée au capital de 84 à 100% « change beaucoup de choses parce qu'il y a beaucoup de projets qui peuvent prendre parfois quelques semaines ou quelques mois de plus, parce qu'il y a des débats qui sont légitimes à partir du moment où il y a une part d'actionnaires qui ne sont pas des actionnaires de l'Etat », a encore dit le locataire de Bercy.

L'Etat devrait donc lancer une offre publique d'achat suivie d'un retrait obligatoire pour acquérir les quelque 16% du capital qu'il ne détient pas dans EDF. Pour cela, il va mandater une, voire plusieurs, banques d'affaires qui réaliseront une due diligence afin de déterminer le prix de l'offre. Il lui faut alors convaincre suffisamment d'actionnaires de vendre leurs titres pour détenir 90% du capital. A partir de ce seuil, l'actionnaire a alors la possibilité de retirer la société de la Bourse, car les titres restants aux mains du public sont obligatoirement apportés à une offre publique de retrait obligatoire (OPRO), même si les actionnaires restants ne sont pas d'accord sur le prix proposé.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

A plus court terme, le gouvernement prépare pour l'hiver prochain une série de mesures pour prioriser les ménages et certaines industries en cas de production insuffisante d'électricité. « Il faut nous mettre en ordre de bataille maintenant sur l'organisation, le délestage, la sobriété, la réduction de consommation... C'est maintenant que nous devons prendre les décisions » a-t-il enchaîné, non sans ajouter que le sujet relevait de la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher.
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EDF vient en effet d'être contrainte de mettre à l'arrêt de manière imprévue 12 réacteurs, sur les 56 que compte le parc français, pour des problèmes de corrosion. Néanmoins, la disponibilité des réacteurs sera normalement plus élevée cet hiver, continue-t-on d'assurer chez EDF.
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