Energie : pourquoi les deux prochaines années seront décisives pour EDF
Marine Godelier
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Après de nombreux déboires, l'horizon semble enfin s'éclaircir pour EDF. Et pour cause, les résultats 2021 du groupe, présentés ce vendredi 18 février, s'avèrent en forte hausse, avec un bénéfice net multiplié par huit. Surtout, par rapport à 2019, le résultat net courant a bondi de pas moins de 20%, grâce notamment à une bonne production nucléaire en France l'an dernier. De quoi redonner confiance en la capacité de l'opérateur historique à construire 6 réacteurs EPR 2, et peut-être même 14 dans les trente prochaines années, comme le lui a demandé Emmanuel Macron la semaine dernière à Belfort.
D'autant que, pour faire face à ce « tournant » voulu par le chef de l'Etat, EDF a dévoilé un projet d'augmentation de capital d'environ 2,5 milliards d'euros. Et l'Etat, actionnaire à presque 84%, y participera à hauteur de 2,1 milliards. Un coup de pouce qui doit « ouvrir une nouvelle page dans l'histoire d'EDF, restaurer ses comptes dans l'avenir et lui permettre de réaliser ses projets dans les meilleures conditions financières, économiques et technologiques possible », a souligné vendredi matin le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire.
Mais malgré ces bonnes intentions, les prochains mois promettent d'être très compliqués pour EDF, confronté à des pertes sèches de revenus. En témoigne la baisse de son titre aujourd'hui à la Bourse de Paris, malgré l'annonce de recapitalisation.
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Et pour cause, le contexte reste pour le moins douloureux. Car le groupe fait toujours face à plusieurs fermetures imprévues de réacteurs nucléaires, à la suite d'un défaut de corrosion identifié ces dernières semaines dans plusieurs installations. Résultat : cette « anomalie sérieuse », selon l'agence de sûreté nucléaire (ASN), a poussé l'opérateur historique à revoir à la baisse sa production d'électricité pour 2022, qui a chuté à 295 - 315 TWh seulement. Un niveau jamais atteint depuis le début des années 1990, alors qu'EDF produisait encore 360 TWh l'année dernière, et plus de 400 TWh en 2014.
Marine Godelier