Hydrogène : la France a toutes les cartes en main
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« Oui, mes amis, je crois que l'eau sera un jour employée comme combustible, que l'hydrogène et l'oxygène, qui la constituent, utilisés isolément ou simultanément, fourniront une source de chaleur et de lumière inépuisables et d'une intensité que la houille ne saurait avoir », écrivait Jules Verne, toujours visionnaire, dans son roman L'Île mystérieuse, en 1874. À quoi faisait-il allusion exactement ? Qu'est-ce que l'hydrogène ? Ou, plutôt, qu'est-ce que le dihydrogène, puisqu'en fait, ce sont deux atomes d'hydrogène (H2) qui structurent la molécule de dihydrogène, elle-même porteuse d'un fort potentiel énergétique. Quoi qu'il en soit, c'est le principal composant du soleil, et au cœur de notre astre bienveillant, la température, de 15 millions de degrés, permet des réactions de fusion au cours desquelles l'hydrogène est transformé en hélium, libérant de l'énergie. Bien que ce soit l'élément le plus abondant de l'Univers, l'hydrogène est très peu présent à l'état naturel sur notre planète. En fait, inodore, incolore, non toxique mais très inflammable, il est combiné avec d'autres atomes. On le trouve dans l'eau, le pétrole, le gaz naturel. Pour l'extraire, il faut donc appliquer des procédés chimiques - pyrolyse de la biomasse ou électrolyse de l'eau -, entre autres, qui vont le séparer des autres éléments auxquels il est associé.
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Et c'est là que les premiers enjeux, dans la lutte contre le dérèglement climatique, se font jour. Car tout dépend de l'origine du produit de base. S'il s'agit de produits fossiles - gaz naturel, méthane - comme c'est le plus souvent le cas actuellement, il est dit « gris » (car le CO2 émis est relâché dans l'atmosphère) et sert, à 80 %, de matière de base dans la chimie, pour la production d'ammoniac en vue de fabriquer des engrais et du méthanol, ainsi que comme réactif dans le cadre du raffinage de pétrole brut, pour désulfurer les carburants. Il sert aussi à la synthèse de matières plastiques, pour certains processus de l'industrie du verre ou la fabrication de circuits imprimés électroniques. Si le CO2 est capturé et séquestré de façon permanente, l'hydrogène est dit « bleu ». Mais l'objectif, aujourd'hui, est de l'obtenir grâce à l'électrolyse de l'eau, et mieux que cela, via des renouvelables en ce qui concerne les énergies nécessaires à ce processus. Dans ce cas, il est dit « vert ». Et c'est ce dernier type d'hydrogène qui concentre tous les espoirs. Il pourrait en effet apporter une contribution, partielle mais significative, à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre qui dérèglent le climat.