L’arrêt de la centrale de Fessenheim menace la sécurité d'approvisionnement de la France

 |   |  616  mots
(Crédits : Emmanuel Foudrot)
Selon RTE, le gestionnaire du réseau électrique, l'approvisionnement en électricité "devrait être assuré" cet hiver. Mais la période 2022-2023 s'annonce plus problématique.

La sécurité d'approvisionnement électrique de la France doit faire l'objet d'une "vigilance" en 2022-2023, en raison notamment de l'arrêt programmé des centrales à charbon, a prévenu mercredi le gestionnaire du réseau à haute tension, préconisant un sursis pour celle de Cordemais (Loire-Atlantique).

Dans l'immédiat, pour l'hiver 2019-2020, l'approvisionnement en électricité "devrait être assuré", sur la base de températures de saison, sachant que les mois de janvier et février 2020 s'annoncent plus favorables du point de vue de l'approvisionnement que cette année, a précisé mercredi RTE dans ses prévisions.

En effet, la France bénéficie actuellement d'un stock hydraulique important, malgré des épisodes de sécheresse, et le parc nucléaire devrait être plus disponible cet hiver que le précédent.

Le risque de tension sur le système électrique est ainsi moindre "même en cas de vague de froid", a souligné RTE dans des documents révélés mercredi.

La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit fermer en 2020 tandis que le gouvernement a annoncé l'arrêt d'ici à 2022 des quatre dernières centrales à charbon pour des raisons environnementales. Cette promesse du président Emmanuel Macron a été reprise dans la récente loi énergie-climat.

D'ici à 2022, ces pertes doivent être compensées par le développement de nouveaux moyens de production, avec une future centrale à gaz à Landivisiau en Bretagne, l'essor des énergies renouvelables et de nouvelles interconnexions avec les pays voisins.

Point de "vigilance"

Toutefois, RTE identifie un point de "vigilance" en 2022-2023 au moment de l'arrêt des dernières centrales à charbon. Le parc nucléaire devrait aussi être moins disponible à cette période en raison de nombreuses visites de maintenance et de sûreté.

"Si le développement des énergies renouvelables se poursuit durant cette période, en l'absence de mise en service de l'EPR de Flamanville, il ne suffit pas à compenser les fermetures réalisées", met en garde RTE.

L'EPR en construction dans la Manche est en effet en retard à la suite de divers problèmes, dernièrement des difficultés avec des soudures qui doivent être reprises, et EDF ne pourra pas le démarrer avant fin 2022.

Pour faire face à cette difficulté, le gestionnaire du réseau prône la maîtrise de la consommation et "l'optimisation" des arrêts de réacteurs nucléaires pour maintenance.

RTE demande également "le maintien en disponibilité ou la conversion à la biomasse" (bois, végétaux, déchets agricoles) de la moitié de la centrale à charbon EDF de Cordemais (Loire-Atlantique) tant que l'EPR n'est pas mis en service.

Maintien d'une centrale à charbon

"Il y a bien une situation spécifique sur l'ouest", a souligné Thomas Veyrenc, directeur de la stratégie et prospective de RTE, lors d'une conférence de presse.

L'ouest de la France - plus spécifiquement la Bretagne - est en effet une région particulièrement fragile car elle représente géographiquement un "cul-de-sac" électrique et ne dispose d'aucune centrale nucléaire.

Le maintien au moins partiel de Cordemais au-delà du 1er janvier 2022, s'il apparaît en contradiction avec la volonté de l'exécutif, est compatible avec la loi, souligne RTE. Celle-ci prévoit en effet un plafond annuel d'émissions, ce qui permet à une centrale de fonctionner quelques centaines d'heures par an.

A l'horizon 2023-2025, la sécurité d'approvisionnement devrait ensuite "s'améliorer" avec la montée en puissance des renouvelables - notamment les parcs éoliens en mer - et la mise en service attendue de Flamanville, selon RTE.

"Il est à peu près certain que la situation s'améliorera même si l'EPR de Flamanville est repoussé de manière plus lointaine", assure d'ailleurs Thomas Veyrenc.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/11/2019 à 21:06 :
"A l'horizon 2023-2025, la sécurité d'approvisionnement devrait ensuite "s'améliorer" avec la montée en puissance des renouvelables" dit Brottes, le patron de RTE.
Cet ancien journaliste passé à la politique (PS) mais dépourvu de toute formation scientifique n'a toujours rien compris : les renouvelables intermittents (éolien et solaire) n'apportent aucune sécurité, dans la mesure où ils peuvent être en berne au moment où la consommation est à son maximum (généralement vers 19h en février). Déjà le solaire est à zéro, et les anticyclones de durée prolongée sont fréquent l'hiver.
M. Brottes est antinucléaire, il a même chapeauté la loi dite de transition énergétique qui force la baisse de 75 % à 50 % de cette énergie dans la production d'électricité.
Il devra répondre de ses décisions quand un blackout de plus en plus probable se produira lors d'un prochain hiver, de 2020 à 2023.
a écrit le 22/11/2019 à 21:05 :
"A l'horizon 2023-2025, la sécurité d'approvisionnement devrait ensuite "s'améliorer" avec la montée en puissance des renouvelables" dit Brottes, le patron de RTE.
Cet ancien journaliste passé à la politique (PS) mais dépourvu de toute formation scientifique n'a toujours rien compris : les renouvelables intermittents (éolien et solaire) n'apportent aucune sécurité, dans la mesure où ils peuvent être en berne au moment où la consommation est à son maximum (généralement vers 19h en février). Déjà le solaire est à zéro, et les anticyclones de durée prolongée sont fréquent l'hiver.
M. Brottes est antinucléaire, il a même chapeauté la loi dite de transition énergétique qui force la baisse de 75 % à 50 % de cette énergie dans la production d'électricité.
Il devra répondre de ses décisions quand un blackout de plus en plus probable se produira lors d'un prochain hiver, de 2020 à 2023.
a écrit le 22/11/2019 à 21:04 :
"A l'horizon 2023-2025, la sécurité d'approvisionnement devrait ensuite "s'améliorer" avec la montée en puissance des renouvelables" dit Brottes, le patron de RTE.
Cet ancien journaliste passé à la politique (PS) mais dépourvu de toute formation scientifique n'a toujours rien compris : les renouvelables intermittents (éolien et solaire) n'apportent aucune sécurité, dans la mesure où ils peuvent être en berne au moment où la consommation est à son maximum (généralement vers 19h en février). Déjà le solaire est à zéro, et les anticyclones de durée prolongée sont fréquent l'hiver.
M. Brottes est antinucléaire, il a même chapeauté la loi dite de transition énergétique qui force la baisse de 75 % à 50 % de cette énergie dans la production d'électricité.
Il devra répondre de ses décisions quand un blackout de plus en plus probable se produira dans un prochaine hiver, de 2020 à 2023.
a écrit le 22/11/2019 à 21:03 :
"A l'horizon 2023-2025, la sécurité d'approvisionnement devrait ensuite "s'améliorer" avec la montée en puissance des renouvelables" dit Brottes, le patron de RTE.
Cet ancien journaliste passé à la politique (PS) mais dépourvu de toute formation scientifique n'a toujours rien compris : les renouvelables intermittents (éolien et solaire) n'apportent aucune sécurité, dans la mesure où ils peuvent être en berne au moment où la consommation est à son maximum (généralement vers 19h en février). Déjà le solaire est à zéro, et les anticyclones de durée prolongée sont fréquent l'hiver.
M. Brottes est antinucléaire, il a même chapeauté la loi dite de transition énergétique qui force la baisse de 75 % à 50 % de cette énergie dans la production d'électricité.
Il devra répondre de ses décisions quand un blackout de plus en plus probable se produira dans un prochaine hiver, de 2020 à 2023.
a écrit le 21/11/2019 à 15:16 :
Ce n'est pas l'arrêt de fessenheim qui menace l'approvisionnement en électricité, c'est l'arrêt des centrales à charbon.

Il faut attendre la mise en circulation de la centrale à gaz de landivisiau en bretagne pour avoir un équilibre qui se fera ensuite.
a écrit le 21/11/2019 à 14:05 :
ah bon? y a une centrale a fessenheim?
pourtant segolene royal avait dit que ca allait vite devenir le centre europeen de production de tesla, non?
comment ca se fait que ca produit de l'electrique au lieu d'etre le concurrent de heuliez ' futur leader mondial de la voiture electrique' ( selon les propos de la meme dame)
a écrit le 21/11/2019 à 12:13 :
Il faut se souvenir d'une donnée fondamentale.

En France, dans le secteur résidentiel, 77% de l'énergie est utilisé pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire.
Dans le secteur tertiaire, 65% de l'énergie est utilisé pour le chauffage, l'eau chaude sanitaire et la climatisation.

Si, depuis 1973, la France avait investi beaucoup plus dans l'isolation, le chauffage solaire, la biomasse et la réfrigération par stockage de froid la nuit, la situation énergétique de la France serait bien meilleure.

Sachant que, dans 100 ans, dans 1000 ans, ces technologies fonctionnerons toujours.
a écrit le 21/11/2019 à 9:31 :
Suite à l'article, je propose que l'on ferme la moitié des centrales nuclaires comme le réclame les écologistes et ceci immédiatement. Lollll juste pour rire.
Ce n'est pas quelques éoliennes de plus qui vont fournir de l'électricité à l'usine de clore de Tavaux par exemple ou à la production d'aluminium à Saint Jean de Maurienne (chacun usine pompe un réacteur nucléaire). Le mieux sera d'importer le clore et l'aluminum produits avec des centrales à charbon en Inde, comme cela nous pourrions respecter nos accords sur les émissions à effet de serre ou supprimer la javel dans les écoles.
a écrit le 21/11/2019 à 9:30 :
Oui la fermeture definitive de la centrale de Fessenheim en Alsace en 2020 va générer un problème d'approvisionnement en electricité d'origine nucléaire sur le réseau RTE. Comment pallier à son remplacement avant la mise en marche du reacteur 3 de Flamanville en Normandie. La Bretagne à son problème de "cul de sac" et le manque de centrale d'approvisionnement d'electricité car aucune centrale nucléaire en Bretagne. La centrale à charbon/gaz de Cordemais en Loire Atlantique devrait fonctionner à la biomasse plus longtemps pour approvisionner la region Bretagne et Pays de la Loire. Oui tant que Flamanville 3 n'est pas en fonctionnement on va "manquer d'electricité sur le réseau". Donc problème non résolu en 2023 à 2025 : la fourniture electrique des reseaux renouvelables ( solaire,eolien, hydrolien ou biomasse ) n'est pas encore asez suffisant pour faire face au demande du réseau RTE. Oui la volonté politique d'un mix à 50% d''electricité d'origine nucléaire est battu en brèche et paraît plus difficile si le manque d'electricité est patent avec la fermeture definitive de la plus vieille centrale nucléaire française (1977) à Fessenheim. On ne peut pas se passer d'electricité d'origine nucléaire même si le gouvernement actuel a demandé à EDF une faisabilité d'une fourniture electrique en France totalement renouvelable (100% renouvelable) : il faudrait alors beaucoup , beaucoup et encore beaucoup plus de panneaux solaire à installer ! Cette demande paraît totalement ubuesque et fantaisiste. Donc reflechissons plus pragmatiquement et voyons l'existant ! Sortir du nucléaire, quasi impossible :adapter la fourniture du réseau plus probable !!!! Vive Fessenheim qui a fait son temps de 1977 à 2020 soit 43 ans de service à fabriquer de l'electricité pour EDF et le réseau français et européen !
a écrit le 21/11/2019 à 9:07 :
Si on ne peut pas éviter la fermeture d'une centrale nucléaire à risque c'est que franchement la situation est encore plus désastreuse que ce que je pensais...

Le déclin c'est long, surtout vers la fin.
Réponse de le 21/11/2019 à 14:04 :
Fessenheim n'est pas une centrale "à risque", c'est l'ASN (une autorité indépendante et, elle, compétente sur ce sujet) qui le dit.
a écrit le 21/11/2019 à 7:22 :
Aujourd'hui cette centrale met en danger les habitants au alentour.
a écrit le 20/11/2019 à 23:33 :
Bon on a compris que Fessenheim ne fermera pas, n'en jetez plus!
a écrit le 20/11/2019 à 23:07 :
J'ai toujours enseigné à mes enfants qu'il n'était nul besoin de faire toutes les c. de la terre, et qu'il suffisait de regarder autour de soi pour constater leurs effets,, et donc s'en détourner.. Mais visiblement, en France, beaucoup, jusqu'au plus haut niveau, continuent de croire au miracle des énergies renouvelables (qui ont évidemment leurs places mais il ne faut pas rêver), et ont des oeil!ères sur les "succès" allemands.. A retarder pour, principalement, de viles visées électoralistes, le remplacement de nos centrales, les non-décideurs font peser une menace certaine sur notre pays, son économie, et donc le mode de vie de nos concitoyens: chronique d'une mort annoncée. Sans compter que le scandale de la mauvaise utilisation des fonds publics et européens, voire leurs détournements, est déjà écrit: les liens entre leaders écologistes et sociétés exploitantes de l'éolien est une bombe à retardement. Comment croire dans l'affaire Nethys qu'Elicio n'a pas été touchée par les cadres dirigeants et leurs conseils d'ailleurs..
a écrit le 20/11/2019 à 22:00 :
Ce n'est le le debut, la production électrique c'est une inertie de l’ordre de la décennie.
A ca s'ajoute une perte quasi irréversible du savoir faire en nucleaire , on va vers des années difficiles .
A coté de ça , le renouvelable est vu comme le saint gral par la bien-pensance avec ses medias . Tant pis si c'est de l’intermittent , que ca produit quand ca veut en dehors des besoins , on en arrive même à promouvoir le solaire alors qu'il ne fonctionne au mieux que 50% du temps vu que la nuit c'est le black-out .

L'exemple allemand est pourtant edifiant , ils ont installé, construit plus de puissance installé en eolienne/solaire que tout le parc nucléaire français réuni et ne produise meme pas 30% de ce que fourni ce parc nucleaire français : 70% de perte . Un prix de l'electricité aux consommateurs quasi le plus cher d'Europe mais ca n'empeche pas encore certains idiots de penser que l'Allemagne est l'exemple à suivre ..........
a écrit le 20/11/2019 à 19:38 :
Il suffit d'un petit coup de froid pendant les deux hivers sous tension pour provoquer quelques dizaines de morts de froid.
Vive le progrès!
Qui peut-on designer comme coupables puisque c'est un évènement très probables.
a écrit le 20/11/2019 à 19:19 :
30 % d'augmentation d'ici 3 ans . Couver vous avec un gilet jaune, sic !
a écrit le 20/11/2019 à 19:17 :
Ha ... enfin, on dit la vérité sur le parc nucléaire en France. Les TGV ne marcheront pas avec les éoliennes, qui ne marchent pas quant il fait froid , Juste des moulins à vent des temps modernes. Giscard, Chirac,Sarkozy, Hollande, Macron, que des nuls.
a écrit le 20/11/2019 à 18:03 :
Pas grave!
Il suffit d'acheter de l'électricité allemande,de la bonne électricité issue du charbon et de la lignite.
a écrit le 20/11/2019 à 17:53 :
Encore un gros mensonge qui arrange tout le monde.
Quant aux Bretons qui n'ont jamais voulu de centrale nucléaire, qu'ils fassent leur électricité avec le lisier des cochons, les fientes de poules et poulets, les algues vertes et ce qui leur reste de tomates industrielles non conformes ! Il pourraient d'ailleurs toutes les jeter vu qu'elles n'ont aucun goût !
Ça en ferait de l'électricité tout ça !
a écrit le 20/11/2019 à 17:18 :
Si ca coince avec une seule fermeture, qu'est ce que ce sera dans un futur proche.
En plus on pousse à électrifier les transports puisque le but est d'empêcher toute vente de véhicule à moteur thermique après 2040.
Après Fessenheim il y aura encore une grosse cinquantaine de réacteurs à fermer d'ici 20 ans.

Et je ne vois pas fleurir les champs d'éoliennes, les étendues de photovoltaiques et autres sources d'énergie de remplacement.
a écrit le 20/11/2019 à 16:07 :
Et là nos écolos ne disent plus rien ! L'hiver c'est précisément la période où il fait froid (chauffage en hausse), le soleil est bas (moins de photovoltaïque) et il y a souvent un anticyclone (pas de vent donc pas d'éolien). Bref les Energies Renouvelables Intermittentes ne servent à rien pour fournir la base. Il faut des moyens pilotables et si ce n'est pas le nuk, ce sera le gaz ! Bravo nos écolos générateurs de CO2 !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :