Le gaz européen recule à moins de 50 euros le MWh, mais la Berd est pessimiste
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KWON JUNHO - Unsplach
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Le contrat à terme du TTF néerlandais, qui fait référence sur le marché européen du gaz, s'échangeait pour moins de 50 euros le mégawattheure (MWh) au matin du vendredi 17 février. Un niveau qu'on n'avait pas vu depuis septembre 2021, et près de sept fois moins qu'à son plus haut historique dans les premiers jours de l'invasion russe de l'Ukraine.
Cette chute de -50% depuis novembre des prix européens du gaz est due à des températures anormalement clémentes en cette saison qui limitent l'utilisation du chauffage, selon Edoardo Campanella, analyste chez UniCredit. Mais pas seulement: pour lui, un autre facteur a joué, celui d'« une compétition pour le gaz naturel liquide (GNL) limitée du côté de la Chine quand les mesures anti-Covid étaient encore d'actualité ».
Certes, les craintes de pénuries au plus fort de l'hiver en raison du rôle crucial de la Russie comme fournisseur de l'Europe se sont apaisées, mais les prix restent historiquement élevés : avant 2021 et le début des tensions sur les livraisons russes, ils avaient rarement dépassés 35 euros, autrement dit, le prix actuel représente encore une hausse de +42% par rapport à la période pré-conflit.
Et l'effet de répit de cette baisse ne doit pas cacher la situation préoccupante dans laquelle se trouve plongée l'économie de l'UE à cause de l'attrition des livraisons de gaz depuis la guerre en Ukraine : Salomon Fiedler, analyste chez Berenberg, le dit sans détour :
Même constat du côté de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) : soulignant des prix historiquement élevés du gaz, « six fois plus élevés qu'outre-Atlantique », elle a revu nettement à la baisse ses prévisions de croissance pour les pays qu'elle couvre, à 2,1% pour 2023 contre 3% auparavant.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Et le répit apporté par la baisse des cours pour des pays qui luttent contre une inflation galopante pourrait être de courte durée, notamment si l'on retrouve des températures saisonnières normales au prochain l'hiver 2023-24.
L'Europe a augmenté ses importations de GNL de 60% en 2022 pour compenser la baisse de l'offre russe, selon un rapport publié jeudi par le géant des hydrocarbures Shell, qui prévoit que le marché restera "tendu" dans les années à venir en raison de la concurrence entre acheteurs et d'un manque d'augmentation de l'offre.
Du côté du pétrole, le Brent européen pour livraison en mars cédait 1,37% à 83,96 dollars vers 09H45 GMT (10H45 à Paris) et le WTI américain perdait 1,47% à 77,34 dollars.
Les prix du pétrole ont perdu quelque 3% sur la semaine, même si la tendance est moins marquée que pour le gaz.
Face à une inflation qui persiste, la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait poursuivre plus longtemps que prévu ses hausses de taux.
Mais cela pèse sur le pouvoir d'emprunt des entreprises et des ménages, ce qui limite par ricochet la consommation et donc la demande d'or noir.
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(avec AFP)
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