Un bonus-malus sur le plastique recyclé en 2019

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Actuellement, seul un quart des emballages en plastique sont recyclés, selon une étude publiée en mars par 60 Millions de consommateurs, qui soulignait que de nombreux autres types de produits, comme des jouets, ne peuvent même pas l'être.
Actuellement, seul un quart des emballages en plastique sont recyclés, selon une étude publiée en mars par 60 Millions de consommateurs, qui soulignait que de nombreux autres types de produits, comme des jouets, ne peuvent même pas l'être. (Crédits : Reuters)
Afin de pousser les Français à acheter davantage de produits à base de plastique recyclé, le gouvernement va mettre en place dès 2019 un dispositif écologique sur les bouteilles en plastique.

Le gouvernement, qui vise un objectif de 100% de plastiques recyclés en 2025, mettra en place progressivement à partir de 2019 un système de bonus-malus pour inciter les consommateurs à privilégier des produits fabriqués à partir de plastique recyclé, a annoncé Brune Poirson le 12 août dans un entretien accordé au Journal du Dimanche (JDD).

"Nous allons déployer un système de bonus-malus allant jusqu'à 10% du prix des produits", a déclaré la secrétaire d'Etat à la Transition écologique en précisant que l'exécutif compte "l'activer dès 2019 et le faire monter en puissance".

"Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l'une fabriquée en plastique recyclé et l'autre non, la première sera moins chère", explique la secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot.

Dans cet entretien, Brune Poirson rappelle également que le plan du gouvernement en faveur du recyclage des plastiques passera par une baisse de la TVA sur le recyclage et la hausse de la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) sur l'enfouissement, comme annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe en avril.

Un système "allant jusqu'à 10% du prix des produits"

Actuellement, seul un quart des emballages en plastique est recyclé, selon une étude publiée en mars par 60 Millions de consommateurs, qui soulignait que de nombreux autres types de produits, tels que certains jouets, ne peuvent même pas l'être.

Dans le détail, Mme Poirson a annoncé "un système de bonus-malus allant jusqu'à 10% du prix des produits", sans préciser dans quelle proportion le dispositif abaisserait le coût des objets en plastique recyclé et relèverait celui de ceux qui ne le sont pas.

Uniformiser la couleur des poubelles

L'exécutif compte également simplifier la collecte et "uniformiser la couleur des poubelles" de tri, actuellement différentes d'une ville à l'autre "pour créer des automatismes", mais aussi "clarifier l'étiquetage", avec la mise en place d'ici 2020 d'un logo "qui dira si un produit a vraiment été fabriqué avec du plastique recyclé ou s'il est recyclable".

Autre levier que le gouvernement a déjà annoncé avoir l'intention d'actionner: l'interdiction de produits à usage unique, comme les pailles et les bâtonnets en plastique.

"Début 2019 (...) nous préciserons la liste des produits à usage unique que nous voulons interdire" et cette suppression des "usages superflus ou substituables" sera mise en oeuvre "d'ici au 1er janvier 2020", souligne Brune Poirson.

Pas de calendrier établi pour les consignes

La secrétaire d'Etat s'est, en revanche, abstenue d'établir un calendrier pour la mise en place généralisée d'une consigne sur le plastique, une piste évoquée par le ministère en début d'année et qui pourrait prendre une forme monétaire ou de bon d'achat.

"Nous ne pouvons pas le faire du jour au lendemain", a-t-elle expliqué. "Il y a des territoires qui ont de très bons systèmes de collecte. En allant trop vite, nous risquerions de tuer des comportements déjà vertueux."

La France : élève très moyenne en matière de tri et de recyclage

Dans la foulée, une cinquantaine d'entreprises et de fédérations professionnelles se sont engagées à améliorer le recyclage à l'instar de la société française Carbios, qui a de nouveau optimisé ses performances en termes de dégradation des plastiques avec l'annonce, le 19 juillet dernier, d'une performance de 97% de PET dégradé en 16 heures.

Alain Marty, directeur scientifique de Carbios indique que : "Notre solution va permettre aux industriels de produire des bouteilles et des emballages plastiques issus à 100% du recyclage. C'est une véritable révolution que nous engageons avec cette voie biologique..."

Selon l'organisation PlasticsEurope, qui regroupe les producteurs européens de matières plastiques, la France figure parmi les lanternes rouges européennes du recyclage des emballages en plastique, avec un taux de recyclage d'à peine plus de 20%, contre une moyenne européenne de près de 41%.

( Avec agences )

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a écrit le 21/08/2018 à 9:03 :
Depuis 1900 la population mondiale a été multipliée par 6 , si ça continue à ce rythme ça serait étonnant que les pollutions en tous genres diminuent !
a écrit le 14/08/2018 à 17:24 :
L'usage des plastiques non recyclables vont donc pénaliser de 10% les produits qui les utilisent, comme par exemple les yaourts ou tous les produits présentés par les supermarchés sous blister transparents.Le gouvernement instaure ainsi une belle nouvelle taxe de 10% sur la consommation.
Il y a des milliers de natures chimiques pour les plastiques (polymères) qui ne sont généralement pas mélangeables. Le traitement des déchets est bien sûr pris très au sérieux par les ingénieurs de tous les secteurs économiques, mais l'Etat responsable de la collecte des déchets reste incapable de l'organiser efficacement de façon à les revendre : en l'état 60% des plastiques ne sont pas recyclables. L'impôt bureaucratique ne saurait remplacer la compétence technique.
Le système de consigne fonctionne en Allemagne pour les PET composant les bouteilles plastique, car ils sont identifiables par une technologie laser. La machine qui récupère la bouteille l'identifie immédiatement et émet un bon de caisse. Technologie en plein développement, investissement et risque économique.pour le secteur de la grande distribution en grande difficulté. Mieux vaut un impôt simple et sans risque payé par le consommateur.
a écrit le 14/08/2018 à 15:40 :
les plastiques. Arrivé au XXI eme siècle il ne serait pas choquant qu'on estime que tout ce qui est produit doive être recyclable. J'ai déjà 4 poubelles (ménager, recyclable, verre, compost), il en faudrait probablement d'autres pour éviter de laisser un décharge en héritage.

Tout reste à faire pour les plastiques. Mettre en place les filières de recyclage, les filières de collecte, la signalétique (je ne suis pas ingénieur en matériaux donc incapable de discerner les différentes races de pastiques) et interdire l'utilisation de plastiques non recyclables au moins pour l'emballage.

Bon courage...
Réponse de le 14/08/2018 à 19:41 :
Je suis entièrement d'accord avec vous, je vérifie systématiquement tous les emballages pour les mettre dans la bonne poubelle (je ne dirai pas la couleur car les pouvoirs publics, Europe comprise, si prompt mettre des taxes sont incapables d'harmoniser les couleurs. Je ne parle pas des indications sur les emballages, car là aussi, en plus d’être chimiste, il faut être au moins agrégé de français pour comprendre, surtout lorsque le produit est vendu dans plusieurs pays !
Avant donc de créer une taxe supplémentaire, nos dirigeants doivent d’abord harmoniser, contraindre les industriels et développer des pictogrammes simples, compréhensibles par tous.
Certains produits le font déjà, par exemple les camemberts, c’est écrit en clair « boîte à recycler, film protecteur à jeter ». D’autres fabricants font un pictogramme de l’emballage, parties jaunes à recycler, parties grises à jeter. Pour les autres la mention « se connecter au site de votre commune » ! Ou le logo cercle noir avec une flèche blanche qui n’a aucune signification pour le consommateur.
Autres problèmes, les entreprises de recyclage sont-elles en mesure d’absorber toutes les matières récupérées ? Si un emballage (le camembert par exemple) est constitué moitié recyclable, moitié non recyclable sera-t-il aussi taxé ? Existe-t-il pour tous les produits une solution 100% recyclable sans conséquences pour la santé où la conservation du produit ?...
En résumé, la création de cette taxe, est ce qu’on appelle plus vulgairement « botter en touche » !
a écrit le 13/08/2018 à 18:50 :
je resume
on colle une taxe, et on regarde apres si on a des raisons de l'annuler.....
sur les voitures aussi y a bonus malus, sauf que toutes les voitures prennent un malus, enfin..... sauf les voitures ecolos qui ont des batteries qui se remplissent toute seules, n'ont ni plomb ni lithium, et ne creent pas d'acide sulfurique....
nan, je deconne
pas pour l'exoneration, mais pour les capacites ecolos des batteries
a écrit le 13/08/2018 à 17:31 :
Commence a y en avoir ras le bol de toutes ces taxes à tous les coins de rue.
Pourtant Mr Darmanin indiquait vouloir supprimer quelques taxes qui rapportent pas grand chose. Ça semblait aller dans le bon sens.

C'est quand même un beau pays la France, on a quelques millions de gens au chômage et quelques millions qui n'ont pas assez à bouffer et d'un autre côté on a un gouvernement qui se passionne pour le recyclage des bouteilles plastiques.
a écrit le 13/08/2018 à 16:14 :
Alors qu'il faudrait aller vers de la distribution en gros, via des récipients à emmener ou bien des récipients écolos fabriqués localement, bref évoluer de façon générale, on nous met en place une usine à gaz pour le plastique recyclé et encore seulement des bouteilles en plastique !

On y arrivera jamais à croire même que c'est fait exprès.

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