Vers une Silicon Valley de la recherche en Bourgogne-Franche-Comté ?
Amandine Ibled à Dijon
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Photo d'illustration
ENSMM/P1br
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La France est l'unique pays à former ses chercheurs à la fois dans les écoles d'ingénieurs et dans les universités. Une particularité qui lui fait perdre en visibilité internationale et la dessert au niveau des classements mondiaux. Pour peser davantage dans le monde de la recherche, le gouvernement français a initié le programme d'investissement d'avenir (PIA) en 2010, avec différents outils de financements adaptés. Objectifs : fédérer les universités et écoles d'ingénieurs afin que les travaux scientifiques français soient visibles et émergent au niveau mondial.
C'est dans ce cadre qu'en mars 2016, l'université Bourgogne-Franche-Comté - qui fédère sept établissements membres - obtenait une dotation de lancement de 5 millions d'euros pour son I-site (Initiatives Sciences Innovation Territoires Économie). L'objectif de l'État, à travers ce dispositif, est de booster la recherche dans des domaines où les acteurs d'un territoire sont reconnus pour leur excellence. L'I-site BFC a identifié trois axes d'excellence emblématiques du site qui répondent aux défis sociétaux, autant par la formation que par la recherche : matériaux avancés, ondes et systèmes intelligents ; soins individualisés et intégrés ; territoires, environnement, aliments.
Ce projet entraîne la communauté des universités et des écoles vers des approches pluridisciplinaires fortement connectées aux enjeux de l'industrie de la région Bourgogne-Franche-Comté. « Favoriser les projets interdisciplinaires permet de faire émerger tout un écosystème, avec la création de start-up », remarque Olivier Micheau, directeur de recherche à l'Inserm, basé à Dijon. Par exemple, celle créée par Naïm Khan, Ektah. Ce chercheur de l'université de Bourgogne, associé à Agrosup, a reçu le prix alimentation nutrition de l'Académie de médecine en décembre dernier, pour ses travaux sur l'obésité. C'est ce que le directeur de l'Inserm appelle « l'effet Silicon Valley ». Un cercle vertueux qui attire les talents et les projets. « Ces financements ont permis de développer des projets industriels associant des laboratoires de recherches publique à des entreprises qui n'auraient pas été possibles sans le PIA », souligne-t-il. L'I-site BFC ambitionne de créer un environnement international stimulant qui attire les étudiants et chercheurs talentueux du monde entier. « La chimie, la biologie, la physique, la médecine, il ne doit pas y avoir de frontières entre les disciplines. Nous devons travailler ensemble ! Les avancées les plus importantes se font via l'interdisciplinarité. Certes, nos laboratoires n'ont pas attendu l'I-site et sont engagés dans des projets ambitieux, à l'échelle internationale et notamment à travers les programmes européens (H2020), mais l'I-site permet aujourd'hui de financer ce type de projets au niveau local, en fédérant des compétences complémentaires du site BFC, le projet BioCAIR* en est un exemple », constate Franck Denat, professeur à l'institut de chimie moléculaire de l'université de Bourgogne (Icmub).
Amandine Ibled à Dijon