Le secteur aérien britannique promet la neutralité carbone pour 2050

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(Crédits : Luke MacGregor)
Le secteur aérien britannique a promis, ce mardi, d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, grâce à des projets d'avions moins polluants et aux controversés mécanismes de compensation, ce que les ONG considèrent comme de la poudre aux yeux.

Le phénomène du "flygskam", en suédois, ou "flight shame" ("honte de prendre l'avion") aurait-il donné des idées au secteur aérien britannique ? Ce dernier a promis, ce mardi 4 février, d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Cet engagement à réduire les émissions carbone est porté par l'organisation Sustainable Aviation (Aviation durable) qui regroupe notamment l'aéroport londonien d'Heathrow, les compagnies aériennes British Airways et EasyJet, les constructeurs Airbus et Boeing ou encore le motoriste Rolls-Royce. Ces groupes assurent pouvoir respecter cet objectif, qui est également celui fixé par le Royaume-Uni pour l'ensemble du pays, malgré la forte croissance de 70% du trafic aérien attendue d'ici 2050.

Le secteur mise sur l'utilisation d'avions et de moteurs plus efficaces et moins gourmands en énergie ou encore le recours à des carburants qui utilisent moins de pétrole, même si souvent les technologies n'existent pas encore dans le secteur. Les industriels réfléchissent à des projets d'avions électriques, comme EasyJet qui travaille sur le sujet avec la société américaine Wright Electric. Un moteur est en développement pour équiper un avion de 186 places avec l'espoir de faire de premiers essais de vols en 2023. En outre, la baisse des émissions passera par la "compensation carbone", qui représentera à elle seule le tiers des réductions prévues, souligne Sustainable Aviation. Ce mécanisme, très décrié par les ONG qui estiment qu'il s'agit de "greenwashing", consiste à soutenir des projets verts, notamment dans la reforestation ou les énergies renouvelables, et de compenser ainsi les émissions de CO2.

Des réserves du côté des ONG

De son côté, l'association ADS, qui représente la filière aéronautique britannique, a souligné que "le changement climatique est un défi mondial", suggérant que des initiatives à l'échelle d'un pays ne suffiront pas. "La grande majorité de la croissance dans l'avion et du nombre de passagers prévue dans les 50 prochaines années viendra en fait dans des régions en dehors de l'Europe et du Royaume-Uni", a souligné son directeur général Paul Everitt, interrogé sur la radio BBC 5.

Greenpeace a quant à elle accueilli avec beaucoup de scepticisme les promesses du secteur qualifiant la stratégie de "chimère". "La compensation carbone est simplement une excuse pour continuer comme si de rien n'était en faisant porter la responsabilité sur d'autres", estime John Sauven, directeur général de l'ONG pour le Royaume-Uni. Selon lui, le seul moyen de réduire les émissions est de maîtriser la demande en taxant les voyageurs qui utilisent souvent le transport par avions. "Mais le secteur ne veut pas l'envisager", regrette-t-il.

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Commentaires
a écrit le 04/02/2020 à 22:42 :
Et si c'était un gros mensonge ?
a écrit le 04/02/2020 à 15:25 :
A ceux qui pensent que planter des arbres suffira, ils se mettent le doigt dans l’œil. La meilleure neutralité carbone est d’éviter au maximum de prendre l’avion. Tout le reste n’est que du greenwashing !
a écrit le 04/02/2020 à 13:01 :
"Ce mécanisme, très décrié par les ONG qui estiment qu'il s'agit de "greenwashing"

Planter des arbres du greenwashing ? Ben écoutez moi je suis pour planter des milliards de milliards d'arbres, ils sauront nous protéger d'une façon ou d'une autre hein, je trouve que c'est une compensation parfaitement légitime.

Les ONG ces trucs improbables qui au nom du détournement de l'argent public dans les paradis fiscaux des mégas riches doivent compenser de véritables institutions et services publics.

Des milliards dépensés et quoi comme résultats les gars ? Greenpeace qui est passé en trente ans de se mettre entre les baleines et les harpons à appeler à voter Macron pour sauver la démocratie ! Crédibilité ? Zéro.
a écrit le 04/02/2020 à 12:19 :
La compensation carbone est une ânerie ou une couillonade, c'est selon. C'est un moyen de faire du business et de détourner de l'argent. Pour éviter d'émettre du CO2, il ne faut pas en produire , ce qui passe par une réduction des transports. Cela évitera au passage de faire voyager les maladies.

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