60% des cadres envisagent de démissionner, selon une étude de Cadremploi

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Parmi les cadres qui ont déjà démissionné, plus de 80% constatent un impact positif sur leur niveau de bien-être général, notamment sur leur vie privée.
Parmi les cadres qui ont déjà démissionné, plus de 80% "constatent un impact positif sur leur niveau de bien-être général", notamment sur leur vie privée. (Crédits : REUTERS)
Selon Cadremploi, les 3 millions de cadres du secteur privé français évoluent sur un marché de plein emploi, ce qui expliquerait d'une part leur appétit de changement retrouvé et d'autre part la difficulté qu'affrontent les entreprises pour les recruter et à les fidéliser.

Les employeurs et leurs DRH risquent de tomber de leur chaise en lisant ce sondage réalisé par l'Ifop pour le compte de Cadremploi : six cadres sur dix envisagent de démissionner de leur poste actuel, principalement pour améliorer leurs perspectives professionnelles et leur salaire, selon une étude Ifop pour Cadremploi publiée mardi. 20% des cadres pensent même "souvent" à démissionner et "plus d'un cadre sur trois" va jusqu'à envisager une reconversion, d'après cette enquête.

Pour 80% des cadres, démissionner a été positif sur le bien-être général

Mais quatre cadres sur dix perçoivent la démission "comme risquée". Pourtant, parmi les cadres qui ont déjà démissionné, plus de 80% "constatent un impact positif sur leur niveau de bien-être général", notamment sur leur vie privée, relève Cadremploi dans un communiqué.

Pour ceux qui pourraient franchir le pas, "le manque de perspectives professionnelles et la rémunération" seraient "les principaux déclencheurs de démission", devant les "relations avec le management", "l'intérêt des missions" et "des raisons relevant de la vie personnelle", précise Cadremploi.

"Les cadres - qui sont plus de 3 millions en France dans le secteur privé - évoluent sur un marché de plein emploi où les entreprises ont des difficultés à les recruter et à les fidéliser. Les cadres ont donc la chance de pouvoir envisager de quitter leur entreprise pour tenter d'être plus heureux ailleurs si cette dernière ne répond pas à leurs attentes", souligne Julien Breuilh, directeur des études de Cadremploi, cité dans le communiqué.

Démissionner et toucher le chômage ? Une nouveauté bien accueillie

La loi "Avenir professionnel" est "bien accueillie" par six cadres sur dix, selon l'enquête. Votée l'été dernier, cette loi va ouvrir le droit à une indemnisation chômage, sous conditions, en cas de démission avec un projet de reconversion ou avec un projet de création ou reprise d'entreprise.

Mais pour entrer en vigueur, ce dispositif doit encore être retranscrit dans la nouvelle convention d'assurance chômage dont les négociations entre partenaires sociaux viennent à peine de commencer.

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Méthodologie

Cette enquête a été réalisée en ligne, du 10 au 16 octobre, auprès d'un échantillon de 1.001 cadres, représentatif de la population française des cadres actifs en poste selon la méthode des quotas. Cadremploi se présente comme le premier site pour l'emploi des cadres du secteur privé en France, notamment avec des offres d'emploi et le dépôt de CV.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 16/11/2018 à 9:11 :
Entre dire et faire, il y a un gouffre. C'est comme ces sondages sur les Franciliens qui voudraient partir... mais qui restent. Ancien cadre au chômage de près de 50 ans il y a deux-trois ans, je n'ai vraiment pas eu l'impression de "plein emploi".
a écrit le 14/11/2018 à 15:06 :
Normal soumis à pression constante limite harcèlement, stresse, pression des chiffres et du rendement.
Il n'est pas rare de vouloir mener une vie beaucoup plus terre à terre et en phase avec la nature.
Nombre de cadres démissionnaires se reconvertissent dans le secteur primaire.
a écrit le 14/11/2018 à 11:31 :
La majorité des cadres n'encadrent ou ne managent personne. Ce sont juste des salariés avec le statut de cadre, lequel statut n'a rien d'avantageux (beaucoup de cotisations pour des retraites à peine plus élevées que pour les non cadres).
En tout cas bonne nouvelle pour eux, autant bouger vu que c'est le plein emploi!
Réponse de le 14/11/2018 à 17:45 :
"Ce sont juste des salariés avec le statut de cadre"

Cadre en forfait heures ou en forfait jours.
Le forfait jours se calcule à l'année, tandis que le forfait heures peut se décliner à l'année, au mois ou à la semaine. Offrant plus d'autonomie, notamment sur la gestion du temps de travail, le forfait jours est utilisé par plus de la moitié des cadres français.Le forfait heures (quotidien ou mensuel) est ouvert à tous les salariés. Le forfait heure annuel est réservé aux salariés bénéficiant d'une très grande autonomie dans la gestion de leur temps de travail, ainsi qu'aux cadres dont la nature des fonctions ne leur permet pas d'appliquer l'horaire collectif en vigueur au sein de l'atelier, du service ou de l'équipe auquel ils sont intégrés
Le forfait jours est réservé aux salariés bénéficiant d'une très grande autonomie dans la gestion de leur temps de travail, ou dont la nature du travail ne permet pas l'application du forfait heures, ainsi qu'aux cadres disposant d'une grande autonomie dans leur temps de travail et dont la nature de leur poste ne permet d'appliquer l'horaire collectif de leur service.
a écrit le 14/11/2018 à 10:14 :
Ouais bof, enfin les cadres que je vois sont surtout hyper exploités et stressés souhaitant changer pour de meilleures conditions de travail surtout.

LE fait qu'il y ai un manque ne peut qu'être bon pour eux qui vont peut-être enfin pouvoir arrêter l'hémorragie du sacrifice humain.
a écrit le 14/11/2018 à 10:07 :
L'article devrait préciser que les entreprises ne s'intéressent qu'aux cadres de moins de 40 ans qui cumulent des compétences extraordinaires et que pour les plus de 50 ans, retrouver un travail de cadre est quasi mission impossible.
Réponse de le 14/11/2018 à 11:29 :
Les cadres aussi doivent se former tout au long de leur carrière, ou occuper des postes qui leur permettent de développer de nouvelles compétences.
Sans minorer l'expérience des cadres seniors, qui est précieuse, force est de constater que certains cadres sont un peu largués vis des modalités de management en vogue...
Réponse de le 20/11/2018 à 4:16 :
Vous parlez comme une DRH habituelle, en disant que c'est la faute des travailleurs, et non des patrons.
En oubliant de dire que plein de patrons ne proposent aucune formation, ne proposent pas de changements de postes, et virent les employés une fois qu'ils ont servis, pressés comme des citrons.
On vous connait.
a écrit le 14/11/2018 à 8:50 :
"La rupture conventionnelle, jackpot pour les cadres"

Les cadres parviennent, grâce à leurs qualités de négociateurs, à toucher, par le biais de ruptures conventionnelles, des montants jusqu'à trois fois supérieurs aux indemnités légales de licenciement, selon une étude de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares )publiée mardi.
Les ouvriers et les employés ne touchent en moyenne qu'à peine 5% de plus que les indemnités légales avec la même ancienneté et le même dispositif.Les cadres ayant de 5 à 10 ans d'expérience touchant une rémunération brute inférieure à 2.950 euros en 2015 (25% de l'ensemble des cadres) ont ainsi obtenu des indemnités médianes de 45% supérieures à l'indemnité légale. Cela représente des primes de départ de 4.277 euros à 8.555 euros.
Ceux qui ont touché une rémunération de 3.650 à 4.850 euros avec cinq ans d'expérience ont obtenu des indemnités correspondantes de 65% supérieures au minimum légal, soit une somme de 6.022 à environ 8.000 euros.Pour les 5% les plus riches, avec une rémunération de 8.600 euros par mois, la moitié des salariés ont obtenu une indemnité de départ qui représente trois fois l'indemnité légale.Les ouvriers ou employés ayant cinq ans d'ancienneté et percevant une rémunération mensuelle brute de 2.000 euros ont reçu des indemnités de rupture équivalentes à l'indemnité légale (soit 2.000 euros).

Les techniciens, contremaîtres et agents de maîtrise se trouvent dans une situation intermédiaire. Ils ont touché des indemnités de rupture significativement supérieures aux indemnités légales mais inférieures à celles des cadres.
Un grande partie des écarts s'explique par les conventions collectives qui garantissent des conditions de licenciement extrêmement avantageuses pour les cadres. Ces accords permettent par exemple à cette catégorie de toucher un surplus d'indemnité de 40% (avec 3 ans d'ancienneté).Pour expliquer ces écarts, l'étude explique que les cadres ont un meilleur accès à l'information et donc une meilleure connaissance du droit du travail. Ils seraient plus en mesure de faire valoir leurs droits lors de négociations. Ils pâtissent également moins du lien de subordination entre employeur et salarié.
Finalement, les ouvriers et employés prennent davantage l'initiative de leur rupture conventionnelle, ce qui s'apparente à une démission. Les cadres signent des ruptures lancées par les employeurs. Selon la Dares, il serait donc plus difficile pour les ouvriers ou employés de négocier leurs indemnités.

https://www.latribune.fr/economie/france/la-rupture-conventionnelle-jackpot-pour-les-cadres-766830.html
a écrit le 13/11/2018 à 17:47 :
il y a encore du chômage massif chez les cadres, notamment les plus de 45 a et que pour toucher le chômage après démission il y a tellement de conditions à remplir que ça ne concerne personne.

Les cadres qui ont démissionné déclarent qu'ils se sentent mieux à 80% , ce qui est préférable, sinon c'est un échec. Mais relativisons, combien reconnaitraient avoir fait une erreur monumentale?

L'APEC qui se signale par des spots publicitaires assez surréalistes devrait modérer sa com.

Pour le reste les cadres ont le même mal de vivre en entreprise que les employés non-cadre.
a écrit le 13/11/2018 à 17:29 :
haha
maintenant que les cadres envisagent de faire comme tout le monde en alternant periode de travail et periode de vacan, ups, pardon ' de chomage', les syncalistes envisagent de leur coincer le kiki sur le niveau des indemnisations car c'est pas normal qu'ils magouillent comme tt le monde!
a écrit le 13/11/2018 à 16:29 :
et oui chers patrons fini le temps où les cadres étaient corvéables à merci et passaient quarante années de leur vie professionnelle dans une seule et unique entreprise pour être mis à la porte comme des demeurés à la fin de leurs carrières. Voilà une belle leçon de nos jeunes générations envers ces DRH qui souvent n'y comprenaient rien et nous faisaient souffrir mille maux.
Réponse de le 13/11/2018 à 17:20 :
"Voilà une belle leçon de nos jeunes générations envers ces DRH qui souvent n'y comprenaient rien et nous faisaient souffrir mille maux".

Alors imagine les non-cadres .
Réponse de le 13/11/2018 à 19:48 :
Ça n’est pas si simple. Il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte. Ce n’est pas toujours mieux ailleurs et ce n’est pas parce que l’on change de job qu’on réduit ses faiblesses et qu’on augmente ses atouts. Après, si on est frustré dans un job ou si l’on gagne en pouvoir de négociation, tant mieux. Mais ce n’est pas si simple. Essayez de retrouver un job de com ou de qualité après 45 ans. C’est loin d’etre évident pour tout le monde!

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