Amazon rachète PillPack au désespoir des pharmacies traditionnelles

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Un an à peine après le rachat de Whole Foods, qui avait secoué le marché mondial de la distribution, le géant du commerce électronique a annoncé l'acquisition de PillPack, un spécialiste de la vente en ligne de médicaments, transaction qui peut potentiellement bousculer tout le secteur.
Un an à peine après le rachat de Whole Foods, qui avait secoué le marché mondial de la distribution, le géant du commerce électronique a annoncé l'acquisition de PillPack, un spécialiste de la vente en ligne de médicaments, transaction qui peut potentiellement bousculer tout le secteur. (Crédits : Reuters)
L'achat de cette pharmacie en ligne jeudi par le champion du e-commerce a fait immédiatement plonger en Bourse les "drugstores" (les distributeurs de produits pharmaceutiques) américains.

Jeudi en début de séance, les principaux indices boursiers américains poursuivaient leur repli. Certes, la prudence face aux incertitudes sur le commerce international limitait les prises de risque, mais cette fois-ci, on assistait à une nouvelle initiative d'Amazon qui secouait le secteur de la distribution pharmaceutique, accentuant le plongeon des indices. Quelques minutes après le début des échanges, l'indice Dow Jones perdait 99,92 points, soit 0,41%, à 24.017,67 alors que le Standard & Poor's 500, plus large, recule de 0,2% à 2.694,35 et que le Nasdaq Composite abandonne 0,19% à 7.431,30.

Amazon créait donc une fois de plus l'événement : un an à peine après le rachat de Whole Foods, qui avait secoué le marché mondial de la distribution, le géant du commerce électronique a annoncé l'acquisition, pour un montant non précisé, de PillPack, un spécialiste de la vente en ligne de médicaments, transaction qui peut potentiellement bousculer tout le secteur.

Impact immédiat sur les grandes chaînes de "drugstores": Walgreens Boots Alliance chutait de 9,45%, de loin la plus forte baisse du Dow, CVS Health cèdait 7,8% et Rite Aid 11,11%, tandis que les grossistes McKesson et Cardinal Health perdaient autour de 5%. Même le gestionnaire des remboursements médicaux Express Scripts lâchait 4,5%.

A l'inverse, Amazon tirait les marrons du feu, gagnant d'emblée 0,23%, et finissant la journée à +2,47%.

PillPack a échappé à Wallmart qui la valorisait moins de 1 milliard

La startup PillPack opère un site de commerce spécialisé dans la distribution de médicaments sur ordonnance auprès de ses clients, y compris ceux ayant des affections multiples, et qui propose notamment des conditionnements par doses et la livraison à domicile. PillPack peut exercer dans 49 Etats américains, autant dire quasiment partout aux Etats-Unis.

La société avait suscité l'intérêt de Walmart, qui voulait la racheter pour moins de 1 milliard de dollars, avait rapporté CNBC en avril. L'opération avec Amazon (montant non communiqué, bis repetita) doit être bouclée au second semestre, d'ici la fin de l'année, sous réserve de l'approbation des autorités de régulation concernées.

Santé et pharmacie en pleine intégration verticale

Laboratoires de fabrication de médicaments, mutuelles de remboursement des soins de santé, grossistes et les chaînes de pharmacies sont les acteurs de cette filière santé confrontés à d'importants changements, notamment avec l'entrée en vigueur de l'Obamacare (2010) qui a généralisé l'assurance maladie.

Ces acteurs doivent également faire face à la hausse des prix des médicaments et à la menace d'une concurrence nouvelle venue des distributeurs en ligne comme Amazon.com. Ces bouleversements tous azimuts ont déclenché un vaste mouvement de consolidation verticale comme en témoignent les opérations à coups de dizaines de milliards de dollars de ces dernières années.

Ainsi, en décembre 2017, la chaîne américaine de pharmacies CVS Health a officialisé le rachat d'Aetna, spécialisé dans l'assurance santé, pour 69 milliards de dollars. Ou encore celui du prestataire de services pharmaceutiques Express Scripts par l'assureur santé Cigna (67 milliards).

En février 2018, Walgreens Boots Alliance (13.000 pharmacies, valorisé 67,82 milliards de dollars ou 55,05 milliards d'euros) a approché le grossiste en médicaments AmerisourceBergen (qui réalise 30% de son chiffre d'affaires avec Walgreens) en vue d'un rachat. Ni l'un ni l'autre des protagonistes n'ont jusqu'ici confirmé les rumeurs de fusion ou acquisition mais les analystes persistent à croire un rapprochement très probable :

Un accord Walgreens-AmerisourceBergen permettrait "d'améliorer la rentabilité du géant de la pharmacie grâce à sa puissance commerciale vis-à-vis des fabricants de médicaments brevetés et génériques", estimait en février Ana Gupte, analyste chez Leerink.

Enfin, en janvier, Amazon.com, Berkshire Hathaway et JPMorgan Chase avaient annoncé, quant à eux, s'associer dans une coentreprise destinée à faire baisser les coûts d'assurance maladie de leurs employés américains.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 29/06/2018 à 22:09 :
Amazon, sous couvert définir son activité comme la vente de marchandises, réalise des extensions verticales et horizontales. On appelle ça un Trust. C'est un danger sans équivoque et ya des lois contre ça. Pourquoi elles ne sont pas appliquées ?
Parce que les politiciens sont entretenus par la finance, point final.
a écrit le 29/06/2018 à 15:06 :
Amazon a racheté la livraison des médicaments( génériques- molécules identiques sans marques et sans test ) sur ordonnance pour tous les usa.

1) est ce que Amazon prend la responsabilité en cas d’intoxication ou décès d’un client ?
2) est ce la responsabilité du prescripteur ?
3) la responsabilité du «  labo »?
4) quelle sécurité mis en place par Amazon pour que «  des gens » ne soient pas victimes d’actes malveillantes ( exemple de changement de médicaments et risques multiples...)

Qui va prendre la responsabilité en cas de litige , d’abus ou de malveillance ?

Si les «  patients » Américains n’ont pas «  confiance :
ont ils une autre «  voie » pour acheter leur médicaments ?
Réponse de le 29/06/2018 à 16:18 :
pour repondre a votre question...
a priori, il y avait des problemes avec un medicament de sanofi, le depakine....
tout le monde a hurle pour faire une classe action contre sanofi, mais je n'ai rien lu sur les class actions contre les generiqueurs qui ont vendu le meme medicament tres longtemps...... bref personne n'est coupable, ou alors il y aura des coupables ' bien choisis'.........
reste plus qu'a trouver les imbeciles a charger le jour ou ca derouille!
dans un cas de vente par internet, on pourra accuser le medecin, le livreur, le fournisseur ( lequel?), etc...
Réponse de le 29/06/2018 à 18:09 :
pour les «  ventes » en ligne le «  cadre » juridique est «  flou » au niveau des responsabilités :

livreur? labo? médecin?Amazon?harkeur?
ça fait beaucoup « de monde »
pour une «  toute petite commande »...

mon avis ( je me jette à l’eau)😃

dans le «  cadre médical » favorisons le «  contact humain » avec des personnes formées à l’approche d’entraide thérapeutique et UN SEUL INTERLOCUTEUR


Ne banalisons «  PAS les prises de médicaments ».

J’aime bien Amazon : mais que dans la vente des «  livres .
a écrit le 29/06/2018 à 13:48 :
LE lobby pharmaceutique étant un bon vieux lobby qui tournait tranquillement en rond, dans un cercle se réduisant un peu plus chaque jour d'ailleurs, on comprend que l'arrivé d'un GAFA, à savoir d'un acteur économique performant doté de bien plus de capacité de réflexion que tôt ces vieux lobbys incrustés au sein des finances publiques, la compromission n'aidant pas la compétitivité pour les raisons que l'on sait, les fasse paniquer.

Et si au final c'est toute la filière chimique qui se trouve secouée ça ne lui fera pas de mal non plus.

Merci Amazon

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