Le géant de la restauration collective Elior plonge à cause du Covid-19... et du télétravail

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(Crédits : Reuters)
Elior, l'un des trois acteurs majeurs de la restauration collective en France avec son compatriote Sodexo et le britannique Compass, fournit des repas aux crèches, écoles, hôpitaux ou entreprises, et a vu comme eux, ses activités sévèrement affectées par l'épidémie de Covid-19. Heureusement, aujourd'hui, "deux segments sur trois, l'enseignement et la santé, sont quasiment revenus aux niveaux d'activité" d'avant la crise sanitaire, dixit son DG. Sans oublier son très beau trésor de guerre, encore à peine entamé.

Le groupe de restauration collective Elior a annoncé mercredi une perte nette massive de 483 millions d'euros sur son exercice 2019/2020 très affecté par la pandémie de Covid 19, en particulier dans la restauration d'entreprise, tant à l'international qu'en France.

Sur l'exercice 2018/2019 le groupe avait dégagé un bénéfice de 271 millions d'euros.

"Un crise globale sans précédent"

La crise sanitaire lui a coûté 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, puisque ce dernier s'est élevé sur la période à 3,96 milliards d'euros contre 4,92 milliards en 2018-2019, soit un recul de 19,4%, précise un communiqué.

De leur côté les "grèves générales en France à la fin du premier trimestre" ont amputé l'activité de 11 millions d'euros et "l'interruption volontaire de contrats en Italie" ainsi que "la réduction du périmètre du contrat Tesco au Royaume-Uni", de 39 millions d'euros.

Elior, l'un des trois acteurs majeurs de la restauration collective en France avec son compatriote Sodexo et le britannique Compass, fournit des repas aux crèches, écoles, hôpitaux ou entreprises, et a vu comme eux, ses activités sévèrement affectées par l'épidémie de Covid-19.

L'exercice achevé fin septembre, a été marqué par "une crise globale sans précédent", et l'année 2020 s'est avérée "complexe pour le secteur de la restauration collective", a souligné Philippe Guillemot, directeur général du groupe, lors d'une conférence de presse téléphonique.

Covid et télétravail: les restaurants d'entreprises massivement fermés

Le chiffre d'affaires a reculé de 18,9% à l'international, à 2,18 milliards d'euros, avec un manque à gagner de 551 millions d'euros lié au Covid-19, et de 19,6% en France, à 1,77 milliard d'euros.

Le secteur de la restauration d'entreprise, où Elior va supprimer 1.888 postes en France, devrait rester affecté par le télétravail, qui sera "sans doute être  encore significatif au premier semestre 2021", a affirmé M. Guillemot.

Lire aussi : Elior va supprimer près de 1.900 postes en France

Son chiffre d'affaires y a chuté de -28,2% à 1,62 milliard d'euros, mais le quatrième trimestre -juillet à septembre- marque une amélioration, avec une baisse ramenée à 35% sur un an, à 344 millions d'euros, contre -62% au troisième trimestre, période où les restaurants d'entreprises avaient massivement fermé en raison du confinement lié au Covid-19.

Dans le pôle enseignement - où Elior fournit des cantines, de la maternelle au lycée - a vu son chiffre d'affaires reculer de -18,7% à 1,15 milliard d'euros, tandis que celui de la santé a mieux résisté: ses revenus se sont effrités de -4,4% à 1,19 milliard d'euros.

Un "trésor de guerre" à peine entamé

Aujourd'hui "deux segments sur trois, l'enseignement et la santé, sont quasiment revenus aux niveaux d'activité" d'avant la crise sanitaire, a commenté le directeur général d'Elior, et "sur les entreprises, ce sont les mesures de télétravail qui vont dicter le retour à un niveau de revenus proche de l'avant-Covid". Mais ce télétravail "ne va pas durer en 2022", a-t-il ajouté.

Le groupe, qui n'a "aucun problème de liquidités", a martelé M. Guillemot, disposait à fin septembre de 630 millions d'euros de trésorerie, contre 709 millions d'euros à fin juin.

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Commentaires
a écrit le 25/11/2020 à 18:45 :
J'avoue ne pas comprendre comment une baisse du CA de 1 milliard peut entrainer et expliquer une baisse du bénéfice de 754 millions . Merci
a écrit le 25/11/2020 à 16:31 :
quel sens de l'étude et de la perspective....le tele travail dans les entreprises oui mais les conséquences seront énormes j'ai déja deux clients en depot de bilan, les bars restaurants ca va s'écrouler au premier trimestre 2021...mais hélas un grand nombre de commerce le printemps ferme 7 magasins Kid machin est mort...d'autres vont suivre ...qui va aller aux sport d'hiver meme en jan fev 2021 je ne vais pas acheter de dinde ni de caviar pour noel..j'ai du champagne d'avance.... ces pertes ne seront pas compenser je ne peux chasser .... les enfants faire du sport de glace... tout ceci est perdu et a mon avis l'année 2021 sur le covid 19 20 21 c'est pas gagné si les pharmaciens les fabricants de vaccins;.. la ca va marcher je reviens du bois de boulogne il n'y a plus de gagneuses...
a écrit le 25/11/2020 à 10:13 :
Cocasse puisque ma fille au lycée hier revenait en me disant que ça ne servait vraiment à rien qu'on paye la cantine que c'est tellement mauvais qu'elle et ses copains et copines en faite mangent surtout du pain à midi. Sinon elle mange de tout sauf des endives.

Ces géants de la "restauration" sont des géants de la malbouffe, en changeant leur modèle, en intégrant petits à petits des aliments sains et des artisans cuisiniers ils auraient tout à y gagner sauf de la marge bénéficiaire c'est sûr mais la nourriture ne devrait pas être une rente non plus.

Sans jamais se remettre en question on ne peut que régresser et l'argent public ne peut pas sans cesse compenser une incompétence grandissante.
Réponse de le 25/11/2020 à 11:27 :
Votre fille n'est pas contrainte de manger à la cantine si les repas servis ne lui conviennent pas.
Réponse de le 23/12/2020 à 17:34 :
Bonjour le citoyen blasé.
Chef de cuisine en cantine et restaurant d'entreprise de puis + de 30 ans.
Se qui est le plus fatigant dans notre métier de cuisinier,avec les enfants ,c'est de leur apprendre à manger autre chose que des frites des pattes, des nuggets des steaks hachés et du poisson pané.
Encore plus terrible lorsque vous leur montrer une betterave et qu'ils ne savent même pas se que c'est. C'est dire le désert culinaire à la maison.
Hmmm,c'est bon Mac do et Burger King. Et les parents sont contents.
Venez une journée dans une cuisine scolaire, vous apprendrez vous même, à nourrir vos enfants. Cordialement.

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